SYNOPSIS
La famille Roy possède Waystar RoyCo, l’un des plus puissants conglomérats des États-Unis, présent dans le domaine des médias et du divertissement. Logan, patriarche et fondateur de l’entreprise, est victime d’un accident vasculaire cérébral et doit envisager sa succession.

Une situation qui génère tensions et désaccords entre ses quatre enfants. Chaque saison suivante enchaînant des confrontations et retournement de vestes en tout genre. Cette dernière saison se lance alors que les trois plus jeunes Roy mettent en place un plan pour devenir indépendant de la compagnie de leur paternel.

NOTRE CRITIQUE
On attendait avec impatience cette nouvelle et dernière saison de Succession. En effet, Jesse Armstrong (créateur et scénariste) nous a habitué à des saisons de plus en plus impressionnantes. Avec des retournements de situation, des dialogues plus virulents, un humour dur et implacable et des personnages évoluant de manières totalement imprévisibles. Faisant la grande force de cette série, une écriture rigoureuse, mariant avec brio le drame et la comédie.
On a souvent vu le terme « shakespearien » apparaître au côté de Succession, au vu de cette grande fresque de conflits de pouvoir familiale. Et à raison, même si la série se veut plutôt comique et ridicule aux premiers abords, ce qu’elle est parfaitement par moment, Jesse Armstrong a très bien compris comment tourner en ridicule ces personnalités richissimes complètement hors-sol des réalités, et pourtant nous les présente et les fait évoluer comme des personnages normaux. On se surprend à éprouver de l’empathie, voire même de la tendresse pour ces gens pourtant parfaitement odieux et horribles, que l’on détesterait dans la vraie vie. Toute cette dualité drame/comique est aussi superbement portée par la mise en scène (dont les bases ont été posées par Adam McKay, aussi producteur dans le pilot) qui nous met au plus près des personnages lors de leurs moments les plus dérangeants, mais aussi quand ils sont au plus bas, profondément détruits par la situation. Tout cela est joué avec brio par des acteurs qui donnent absolument tout dans leurs rôles respectifs.

C’est une des plus grandes forces de la série, on est constamment impressionné par chaque interprétation, les acteurs se fondent littéralement dans leurs personnages, à tel point qu’il serait aujourd’hui impensable d’imaginer n’importe qui d’autre à leurs places. La série ne serait tout simplement pas la même. Et cette quatrième saison ne fait pas exception, après le grand final de la saison 3, on ne pouvait que se demander encore une fois comment allait se dérouler la suite. Jesse Armstrong ne nous a pas déçu, s’il y a bien un adjectif pour décrire cette saison, c’est bien « imprévisible ». Pas un seul épisode ne s’est terminé sans nous avoir bouleversé, parfois légèrement, et souvent avec force. L’ascension de cet ultime volet est aussi assez particulière. Un début dans la lignée directe de la saison précédente, et un ouragan inattendu nous tombe dessus dès le troisième épisode provoquant un tournant majeur pour la suite de la série. À partir de là, chaque épisode comporte au moins une scène, si ce n’est l’épisode entier, d’une puissance folle changeant complètement notre rapport aux personnages. D’un épisode à l’autre, on sera dévasté pour l’un, avant d’en être dégoûté par la suite.

Avec un final des plus surprenants, voire profondément énervant si l’on avait quelques attentes particulières. C’est la meilleure fin possible, nous montrant une bonne fois pour toutes à quel point ces personnages sont risibles et profondément pathétiques. Et pourtant, qu’est-ce qu’on les a aimés durant ces 4 saisons, ressenti tout le spectre émotionnel possible en les voyant évoluer (que ce soit en bien ou en mal). Nous finirons en soulignant le travail extraordinaire de Nicolas Britell à la musique. C’est très probablement son chef d’œuvre, il a parfaitement compris l’esprit de la série et permet de décupler la puissance de chacune de ces scènes. Là où la mise en scène et les dialogues se chargent du comique et du ridicule du projet, la musique elle n’est que force brute, elle incarne à elle seule sa grandeur dramatique au travers d’un orchestre grandiose.
EN DEUX MOTS
Succession est sans aucun doute une des plus grandes séries de ces dernières années. Une lutte de pouvoir familiale aussi pathétique que formidable. Une montée en puissance constante du début à la fin. À voir absolument.
4,5
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