SYNOPSIS
Asteroid City est une ville minuscule, en plein désert, dans le sud-ouest des États-Unis. Nous sommes en 1955. Le site est surtout célèbre pour son gigantesque cratère de météorite et son observatoire astronomique à proximité.

Ce week-end, les militaires et les astronomes accueillent cinq enfants surdoués, distingués pour leurs créations scientifiques, afin qu’ils présentent leurs inventions. À quelques kilomètres de là, par-delà les collines, on aperçoit des champignons atomiques provoqués par des essais nucléaires.

NOTRE CRITIQUE
Après le très décevant The French Dispatch (2021), le réalisateur Wes Anderson revient avec une nouvelle troupe d’acteurs XXL. Pour n’en citer que quelques-uns : Tom Hanks, Scarlett Johansson, Bryan Cranston ou encore quelques minutes de Margot Robbie.
L’occasion pour lui d’être également engagé en compétition officielle à Cannes, et de repartir bredouille –à l’heure où on écrit ces lignes, et on l’espère. Car Asteroid City est tout ce que l’on attendait de la passivité de ces dernières années du cinéaste. Malgré un choc visuel des l’introduction, ce nouveau long-métrage s’enlise dans le plus banal de la Wes Anderson Mania. En effleurant à peine les thématiques intéressantes de son récit, Asteroid City se présente comme le projet de l’essoufflement pour le réalisateur à la symétrie maladive. La faute à un manque cruel d’incarnation de ses personnages (trop nombreux, encore une fois), et tous atteints par le syndrome de la marionnette. Le cinéaste s’obstine avec cette méthode et ne veut a priori plus sortir de sa zone de confort. Bref, des beaux personnages vitrines, robotiques, qui sont encore une fois dénués de vie et ne créent aucune empathie chez le spectateur qui n’est pas un minimum familier avec le cinéma de Wes Anderson. Ils sont le reflet d’idées du réalisateur, mais rien d’autre qu’un reflet, l’émotion se trouve ailleurs au Festival de Cannes..

Évidemment, tous les fervents supporters de longues dates seront toujours autant subjugués (ou aveuglés) par la « créativité » visuelle du monsieur. Sans se rendre compte qu’ils pourraient potentiellement voir exactement la même chose créée et diffusée par une IA dans quelques années. Ils vont encore nous dire que c’est exceptionnel, introspectif, que ça parle d’une dizaine de thématiques inexploitées au cinéma.. Les théories sont tellement variées qu’on se demande tout simplement si quelqu’un a vraiment compris le film.. Heureusement, on trouve quelques séquences dignes du nom de ce réalisateur, avec son humour très caractéristique qui fait plaisir à retrouver sous le soleil cannois. Mais aussi la très bonne bande originale, encore une fois, de Alexandre Desplat. En revanche, Le casting gigantesque est là pour gommer les faiblesses du récit, de ces dialogues pompeux, et surtout pour lancer quelques piques de réveil avant la sieste. Sans ces têtes connues, et leurs talents, ou sans la beauté visuelle incontestable du style Wes Anderson, beaucoup d’entre nous seraient tombés dans les bras de Morphée bien plus tôt. Au final, le réalisateur américain semble atteindre ses limites et prouve que, sans renouvellement, l’art n’a aucun sens.
EN DEUX MOTS
Du Wes Anderson pur jus, et c’est bien cela le problème. Enfermé dans son format ultra stylisé, le cinéaste ne raconte plus, mais expose ses compétences graphiques et le talent de ses acteurs.
2
Les avis des autres rédacteurs
Abonne toi au site !


