CRITIQUE | SERIE

THE IDOL : Oops, Sam Levinson did it again

Après le départ soudain et brutal de la réalisatrice Amy Seimetz du projet, suite à de nombreux différents scénaristiques avec The Weeknd, Sam Levinson reprend le flambeau.. de la pire des manières. Il est temps d'analyser ce naufrage d'obscénité (on s'est forcé à regarder jusqu'au bout, vous nous devez bien ça). Notre critique de la série 'The Idol'.

SYNOPSIS

Après avoir fait une dépression nerveuse qui a entraîné l’annulation de sa dernière tournée, Jocelyn, idole pop montante, décide de récupérer son titre de pop star la plus sexy des États-Unis. Un soir où elle laisse ses problèmes derrière elle, elle rencontre Tedros, un patron de boite de nuit plutôt singulier. Petit à petit, Tedros prend place dans sa vie..

Tedros et Jocelyn dans la série The Idol

Elle entame une relation complexe avec lui, et au fil des semaines, elle découvre que ce gérant de « fêtes du samedi soir » est le manager de plusieurs autres artistes de l’ombre. Tedros va alors tenter par tous les moyens de relancer la carrière de Jocelyn en créant de nouveaux hits, mais les tendances manipulatives de ce dernier commencent à surgir..

NOTRE CRITIQUE

Après avoir découvert les deux premiers épisodes au Festival de Cannes, nous étions dubitatifs. Peut-être aussi un peu trop indulgents avec le réalisateur Sam Levinson, en lui laissant le bénéfice du doute, sachant que d’autres épisodes viendraient compléter cette histoire complexe. Force est de constater que la première impression était la bonne..

Tout a commencé avec des scandales, de quoi faire écho à pas mal de sujets du scénario, vous me direz. D’abord avec le départ éclair de la réalisatrice Amy Seimetz, qui laisse deux hommes aux commandes : The Weeknd et Sam Levinson, comme mentionné précédemment. C’est peut-être ça le début des problèmes. On ne saura jamais quelle était la teneur du projet avec la réalisatrice et scénariste américaine, mais on peut être sûr que cela ne ressemblait en rien au produit final que l’on a sous les yeux. Et par déduction, que c’était forcément mieux.. Car les cinq épisodes de The Idol proposés par HBO sont un véritable calvaire, où chaque nouvelle séquence nous laisse avec un arrière-goût de gêne. Peu à peu, le scénario se perd, d’abord dans une obscénité sans nom, puis dans le traitement extrêmement problématique de sujets féminins importants. Est-ce que Sam Levinson et The Weeknd sont misogynes ? Certainement pas. Est-ce que la série The Idol l’est ? C’est possible. En voulant surfer sur des thématique qu’ils ne maîtrisent pas, les deux showrunners perdent le fil et desservent la cause de A à Z. Pourtant, nous n’étions pas si dépités à Cannes, après les deux premiers épisodes. Il faut l’avouer, on était tout de même refroidis par l’omniprésence du sexe à chaque coin de plan, au point de prier pour couper l’abonnement Playboy de Sam Levinson. Cependant, on peut aussi trouver dans ces deux premiers actes quelques bonnes idées autour du personnage de Jocelyn. La starification y est représentée comme rarement auparavant, avec de la mise en scène de qualité, un icône déchue face à un torrent de scandales et au monde toxique qui l’entoure. Il y avait du potentiel et quelques signaux au vert.

Lily-Rose Depp dans le rôle de Jocelyn

Et dans la liste des bons points, on trouve tout en haut : Lily-Rose Depp. Le casting parfait, et l’actrice a un bel avenir devant elle. Car si le personnage principal connaît une descente aux enfers discutable ou plutôt mal écrite dans cette série, l’interprétation de la franco-américain est impeccable. Au-delà d’avoir une gueule et un physique reconnaissable en une silhouette, Lily-Rose Depp est surtout une bonne actrice. On est donc impatient de la retrouver dans d’autres projets, et en premier lieu dans le film Nosferatu (2024) du réalisateur Robert Eggers. La musique, car il est bien question de cela dans la série, est également entraînante et paraît crédible tout du long. Avec des vraies mélodies de hits, et des artistes avec des voix impressionnantes, que l’on a le temps de savourer durant le dernier épisode (interminable). Enfin, on peut se satisfaire de certains costumes assez iconiques, mais attention, d’autres viendront forcer le trait du cliché au possible. Il existe aussi une troisième catégorie de costumes, ceux avec le minimum de tissus et réservés à Lily-Rose Depp sous les bons conseils de nos deux showrunners, j’imagine. Comme quoi tout n’est pas à jeter dans cette série.. Oui, jusqu’au moment où on découvre ses horribles défauts..

The Weeknd dans le rôle de Tedros

La liste est longue, et en plus de cela, extrêmement problématique. Comme dit précédemment, tout le propos est desservi par une vision masculine du sujet et du personnage principal. Ça transpire vraiment de l’écran que tout a été écrit par deux mecs, et c’est affolant. Comment ne pas parler du sexe ? À l’image d’Euphoria, Sam Levinson laisse échapper quelques fantasmes à l’écran. Mais cette fois-ci, c’est bien plus douteux, car ils ne racontent rien. On comprend dès les premiers échanges que Jocelyn va être sous emprise, a-t-on réellement besoin de produire autant de scènes obscènes pour nous prouver son aliénation.. Le personnage de la femme est ramené à un objet sexuel, et sans le vouloir, Sam Levison et The Weeknd ne dénonce plus, mais expose une situation malsaine. Mon petit doigt me dit que The Weeknd n’y est pas pour rien là-dedans. Il était déjà à l’origine de la brouille avec l’ex-réalisatrice du projet (sous le prétexte que ce n’était pas assez trash), mais la preuve la plus flagrante, c’est certainement le développement de son propre personnage. Il s’est sûrement investi dans l’écriture de ce dernier, et ça se voit, car il ressemble de très près à un vieux mafieux de GTA Vice City. D’une crédibilité au niveau zéro, et je ne parle même pas de l’acting.. On ressent aussi une production dans l’urgence ou dans le manque de moyens, tout est tourné dans une villa en quasi huis clos, ça fait tâche. Enfin, le récit sombre peu à peu dans des idées toutes plus tordues les unes que les autres, et en premier lieu, la conclusion. Dans cet acte ultime les showrunners tentent de se racheter une conscience en inversant les rôles du tout au tout, mais sans se soucier du scénario. Difficile d’y croire, mais finalement à l’image du reste de la série, avec des personnages lunatiques.

À retrouver sur Amazon Prime Video.

EN DEUX MOTS

Sam Levinson et The Weeknd font (certainement sans le vouloir) la paire sexiste de l’année. The Idol se perd dans l’obscénité totale et diffuse des messages douteux où la conclusion vient assener le coup fatal à son spectateur. On essayera de retenir seulement la prestation de Lily-Rose Depp 

1,5

Note : 1.5 sur 5.

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