SYNOPSIS
Reality est un drame biographique américain réalisé par Tina Satter et sorti en 2023. Le 3 juin 2017, Reality Winner, vingt-cinq ans, est interrogée par deux agents du FBI à son domicile.

Cette conversation d’apparence banale parfois surréaliste, dont chaque dialogue est tiré de l’authentique transcription de l’interrogatoire, brosse le portrait complexe d’une milléniale américaine, vétérane de l’US Air Force, professeure de yoga, qui aime les animaux, les voyages et partager des photos sur les réseaux sociaux. Pourquoi le FBI s’intéresse-t-il à elle ? Qui est vraiment Reality ?

NOTRE CRITIQUE
Si la lecture du synopsis peut légèrement démotiver parce qu’on semble se diriger vers un biopic trop sage, il n’en est pourtant rien avec ce premier film de la réalisatrice Tina Satter.
Sans être totalement disruptive (ce mot est toujours à la mode non ?), la cinéaste américaine propose avec Reality ce que l’on n’attendait pas d’une telle histoire. L’acte presque anodin depuis la France de cette lanceuse d’alerte prend un nouveau sens avec cette œuvre cinématographique. Mais commençons par le commencement. Reality a de quoi surprendre dès les premières minutes avec son aspect thriller angoissant où chaque dialogue semble cacher bien plus que ce qu’on l’on voit à l’écran. Très vite, la réalisatrice dévoile le poteau rose : tous les échanges sont quasiment tirés, mot pour mot, de l’enregistrement des conversations entre le FBI et Reality Winner. Mais c’est là que le travail de Tina Sutter est impressionnant. Elle réinterprète ces entretiens et donne une nouvelle histoire avec ces simples mots, créant dès les premières minutes une gêne palpable à travers les visages, les gestes et les actes. Et tout cela est aussi dû à une prestation remarquable de Sydney Sweeney, totalement méconnaissable dans le rôle, ou du moins bien loin des standards d’Euphoria.

Elle donne une totale innocence au personnage et une crédulité qui dénotent forcément avec la situation, surtout quand on connaît déjà l’issue de l’histoire -étant donné que Reality est bel et bien un biopic / ceci n’est pas de spoil désolé. La mise en scène peut paraître assez radine durant la première partie, mais elle excelle en simplicité et en efficacité dans son dernier acte. Avec un huis clos expressif dans une pièce qui rappelle les plus effrayants films d’horreur. Plus on avance dans ce long-métrage, plus on se sent à l’étroit. L’étau se ressert à vue d’œil, du jardin ensoleillé au sous-sol lugubre, le personnage principal est acculé à la citation en chaîne des preuves à conviction. Difficile de détacher de l’écran tant le rythme est aussi bien géré. L’histoire s’y prête, mais le cinéma n’est pas moindre. Le film Reality ne sera peut-être pas un excellent film pour tout le monde, mais les fans de huis clos tendu seront au paradis. Une proposition cinématographique unique, et il y a de quoi être surpris quand on sait que c’est le tout premier film de cette réalisatrice américaine.
EN DEUX MOTS
Une Sydney Sweeney méconnaissable nous embarque dans un huis clos tendu où l’étau se ressert au fil des minutes. Du grand cinéma et de la tension extrême.
4
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