SYNOPSIS
Henri Grouès a traversé diverses facettes de la vie, se distinguant en tant que résistant, député, défenseur des sans-abris, révolutionnaire et iconoclaste. De l’enceinte de l’Assemblée Nationale aux bidonvilles de la banlieue parisienne, son dévouement envers les plus démunis lui a valu une reconnaissance internationale. La fondation d’Emmaüs et l’impact mémorable de son appel inoubliable lors de l’hiver 54 ont fait de lui une figure emblématique.

Pourtant, au quotidien, il a douté de l’efficacité de son action. Ses vulnérabilités, ses souffrances et sa vie privée, à peine croyables, sont demeurées méconnues du grand public. Révolté par la misère et les injustices, fréquemment critiqué et parfois trahi, Henri Grouès a vécu mille vies et s’est engagé dans mille combats. Son empreinte dans l’Histoire demeure sous le nom qu’il s’était approprié : l’Abbé Pierre.

NOTRE CRITIQUE
Quel grand personnage a été l’Abbé Pierre. Personne n’a fait autant que lui, n’a autant lutté pour cette cause aussi importante. Peu de films peuvent égaler la grandeur de cet homme, mais il est indéniable que le réalisateur Frédéric Tellier nous présente ici une remarquable fresque illustrant la lutte acharnée de l’Abbé Pierre. En omettant le moins de détail possible, le film va totalement traverser sa vie depuis les origines de son combat et de sa volonté. La caméra fait preuve d’une grande versatilité, elle va constamment s’adapter à la situation, que ce soit par des plans fixes lors de grands discours, qu’une prise à l’épaule très dynamique lors des scènes de guerre. Une attention particulière est apportée au personnage de l’Abbé Pierre, avec par moment une mise au point altérée qui ne va garder au centre de l’image que lui. Le tout offrant de très beaux moments d’intimité. Il s’agit d’un film profondément chargé en émotions, non seulement en raison de son sujet, mais aussi en raison des différentes étapes qu’il traverse, de la Seconde Guerre mondiale à la mise en place complexe et aux innombrables défis de la construction et de la gestion d’Emmaüs.

Il se passe évidemment beaucoup de choses, tout le temps, il n’y a que de très rares moments de pauses tant il y a à raconter. Et pourtant ce n’est jamais indigeste. Au contraire, le film maintient un rythme plutôt bien cadencé pour la majeure partie de sa durée. Malheureusement il y a comme un creux vers la fin du film. Comme s’il y avait plusieurs films condensés dans les 25 dernières minutes, entre Amour de Haneke et un simple documentaire. Ce n’est pas nécessairement mauvais, car la conclusion est cruciale pour dépeindre l’ampleur du combat de l’Abbé Pierre jusqu’à la toute fin de sa vie. Néanmoins, ce changement brusque crée une certaine gêne perceptible. Tous les acteurs du film livrent des performances excellentes, mais la prestation de Benjamin Lavernhe se démarque de manière stupéfiante. Son engagement total dans le rôle est impressionnant et suscite le respect, démontrant une implication exceptionnelle. Ce qui est certain, c’est que L’Abbé Pierre est parfaitement représenté aussi bien lui-même que son combat.
EN DEUX MOTS
Absolument bouleversant par moment, ce nouveau film est une magnifique représentation de l’Abbé Pierre et de l’étendue de son combat, porté par un Benjamin Lavernhe époustouflant. On y trouve des images fortes et très bien travaillées, symboles d’une importance capitale, dont le sujet est malheureusement toujours trop d’actualité.
4
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