CRITIQUE | FILM

WINTER BREAK : notre coup de cœur de Noël

Les cloches de Noël retentissent et l'irrésistible appel du cinéma persiste. C'est l'opportunité parfaite pour découvrir le nouveau film du réalisateur Alexander Payne. Quand un trio improbable est forcé de passer les vacances de fin d'année ensemble. Notre critique de 'Winter Break'.

SYNOPSIS


En hiver 1970, M. Hunham occupe le poste de professeur d’histoire ancienne dans un prestigieux lycée privé pour garçons en Nouvelle-Angleterre. Caractérisé par son attitude pédante et bourrue, il ne jouit d’aucune estime de la part de ses élèves et collègues. À l’approche de Noël, on lui demande de rester sur le campus pour surveiller les quelques pensionnaires qui y demeureront pendant les vacances.

© Winter Break

Au final, il ne reste qu’un seul pensionnaire, Angus, un élève de première année aussi talentueux que rebelle. Mary, la cuisinière de l’établissement, récemment affligée par la perte de son fils au Vietnam, choisit de se tenir à l’écart des célébrations, ajoutant ainsi une dimension singulière à ce trio.

NOTRE CRITIQUE

Avec sa bande-annonce rétro, évoquant presque une redistribution d’un film d’un autre temps, Winter Break vient casser la concurrence de ce mois de décembre. Le meilleur film pour boucler l’année en beauté. 

Loin des stéréotypes de films de Noël, mais imprégné de l’essence même de cette période festive, Winter Break s’offre une place de rêve dans nos petits cœurs en chocolat. Avec son ambiance rétro parfaitement maîtrisée, ce nouveau film de Alexander Payne propose une dose concentrée de nostalgie cinématographique projetée sur grand écran. Un retour en arrière dans l’esthétique des années 70, où professeur un peu cruel se découvre une âme charitable face à élève turbulent. La recette est connue, mais elle est soupoudrée de nouveaux ingrédient magiques et contemporains, avec notamment l’ajout d’un troisième personnage pour nous offrir un trio improbable, mais extrêmement touchant. Trois individus coincés au campus pour Noël, tout semble les opposer, et pourtant, ces personnages sont intimement liés par leurs expériences passés. L’une a perdu son fils durant la guerre du Vietnam, l’autre risque de rejoindre l’armée en cas d’échec scolaire. Le troisième est un professeur détestable sans famille, alors que l’élève a une famille qui le rejette. Des liens subtils tissent une toile complexe entre ces trois individus, créant une alchimie à l’écran et dans les émotions. Une nouvelle sorte de famille se construit devant nos yeux. 

© Winter Break

Le film nous touche car il est dans l’esprit de Noël sans omettre la réalité et les imperfections de la vie. Tout n’est pas rose, même pendant les fêtes, et Winter Break n’oublie pas d’aborder la notion de privilèges, les ravages de la guerre, le deuil ou même l’alcoolisme. Avec sa mise en scène soignée, le cinéaste Alexander Payne offre surtout un décor chaleureux qui fait presque rêve. Le campus imposant rend nos trois personnages presque minuscules, accentuant ainsi leur isolement, et offrant un souffle d’air frais lorsqu’ils s’aventurent en ville. La bande originale accompagne discrètement, mais judicieusement chaque mini péripétie, brillant particulièrement dans les moments de partage. Les amateurs de réparties cinglantes seront aussi comblés, surtout dans la première partie, où des échanges parfois acides sont entrecoupés de belles tirades. Ce qui apporte une touche comique bienvenue, jamais excessive, trouvant son apogée lors de scènes spécifiques. Enfin, Winter Break explore notre relation à l’autorité, que ce soit du côté de celui qui l’exerce ou de celui qui la subit. Chacune des parties évolue face à l’autre, et le duo formé par Paul Hunham et Angus continue de nous surprendre malgré une trame narrative forcément prévisible. 

On pourrait reprocher à Winter Break d’être parfois trop explicatif lorsqu’il s’agit de dévoiler le passé de ses personnages, les exposant par moments à des dialogues pas toujours naturels. Mais l’esprit de Noël est bien là, et Winter Break est un parfait long-métrage de fin d’année, offrant bien plus qu’on ne pourrait l’imaginer.

 

EN DEUX MOTS

Winter Break et son ambiance rétro mêle la nostalgie des années 70 à une histoire souvent touchante et parfois très drôle. Malgré une trame narrative légèrement prévisible, le film offre bien plus qu’il n’y parait en étant loin des stéréotypes du genre et proche de ses personnages à l’occasion de Noël. Réconfortant comme de découvrir qu’il reste un dernier chocolat dans la boîte.

4

Note : 4 sur 5.


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