CRITIQUE | FILM

THE ZONE OF INTEREST : ne rien montrer pour mieux choquer

Critique | L’énigmatique cinéaste Jonathan Glazer revient avec un récit fort au sujet plus que délicat. Lauréat du Grand Prix au dernier Festival de Cannes, c’est un des films les plus attendus de ce début d’année 2024. En est-il à la hauteur?

SYNOPSIS

En 1943, Rudolf Höss, commandant d’Auschwitz, vit une vie en apparence normale avec sa famille près du camp. Malgré l’horreur qui se déroule de l’autre côté du mur, Höss s’implique dans la vie quotidienne. Il est promu et doit quitter sa famille, mais après l’insistance de sa femme, elle est autorisée à rester.

© The Zone of Interest

Höss est chargé de diriger une opération à Auschwitz, lui permettant de revenir temporairement chez lui. Cependant, ses pensées révèlent une réalité sombre. The Zone of Interest est un film dramatique historique de 2023 écrit et réalisé par Jonathan Glazer , vaguement basé sur le roman de 2014 de Martin Amis

NOTRE CRITIQUE

Si l’on devait résumer La Zone d’Intérêt en un mot, “glaçant” serait l’un des plus appropriés. Le réalisateur Jonathan Glazer nous plonge dans le quotidien affreusement banal d’un commandant SS. Où on pourra le suivre dans son train-train quotidien auprès de sa famille, et donc, durant des moments de partages avec ses enfants pour diverses occasions. Notamment lors d’anniversaires. Le rythme est plat, c’est le but, car le réalisateur veut vraiment décrire et montrer des séquences ordinaires comme au petit-déjeuner, les discussions avant d’aller se coucher, les sujets de décorations de l’extérieur.. Le cinéaste s’attarde aussi sur cette belle maison, avec un grand jardin parfaitement entretenu par sa femme. Et en second plan du récit et de la caméra, on observe l’étendu de toute l’administration des camps, avec ce fameux nouveau système d’optimisation des incinérateurs.

© The Zone of Interest

Pas à un seul moment où on ne voit l’intérieur des camps. En revanche, le génie de mise en scène de Jonathan Glazer nous montre à chaque instant paisible et agréable de cette vie de famille, la fumée des incinérateurs au-delà de ces grands murs séparant les deux mondes. Ajoutons à cela le sound design, qui nous fait entendre tout du long les bruits de coups de feu et autres cris distants des victimes du camp. C’est là que réside toute la force du film, en ne nous montrant rien mais nous faisant tout de même vivre pleinement les horreurs de cette situation. Tout en sachant ce qu’il se passe derrière ces murs, en nous plongeant dans ce quotidien familial où tout le monde sait, mais continue de vivre comme si de rien était. La terreur ressentie en est décuplée. On sort du film complètement lessivé, en prenant de plein fouet pendant deux heures l’immensité morbide de cette période. C’est un film important et sans doute un des films les plus ingénieux dans la mise en forme d’un devoir de mémoire à glacer le sang. Un film important non seulement de par son sujet, mais surtout par la manière dont il l’aborde.  Prime Vidéo

EN DEUX MOTS

On tient déjà un des grands films de l’année. Cette immersion banale est en réalité une des représentations les plus horribles et terrifiantes de cette sombre période. Brillant par sa mise en scène et son sound design. Complètement bouleversant.

5

Note : 5 sur 5.


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