CRITIQUE | FILM

DAAAAAALI ! : Dupieux tire le portrait de Dali

Critique | Le nouveau film de Quentin Dupieux « Daaaaaali », comporte 6 « a » représentant symboliquement les six acteurs qui jouent le rôle de Salvador Dali. Un hommage au peintre qui avait des attitudes aussi décalées que son art, agrémentées d’un égo relativement, littéralement, magistralement élevé.

SYNOPSIS

Judith, une journaliste française, rencontre à plusieurs reprises Salvador Dalí. Le premier contact se fait dans le cadre d’un projet d’interview, que Dali refuse, puis lors d’une tentative de réalisation d’un film documentaire qui s’avère difficile à concrétiser. Les obstacles surgissent notamment lorsque Dali, conduisant sa Rolls-Royce sur la plage, endommage la caméra avant même le début du tournage.

©Daaaaaali !

Dans cette intrigue où Dali incarne son personnage à la fois excentrique et concentrique, anarchiste et monarchiste, s’entremêle le récit d’un rêve fait par un évêque lors d’un repas auquel Dali a été invité chez son jardinier. Mais le rêve de l’évêque, malgré plusieurs tentatives pour le conclure, est chaque fois repris et prolongé, tout comme le repas qui semble ne jamais finir.

NOTRE CRITIQUE

Par cette œuvre, on reconnaît bien la pâte de Quentin Dupieux. Daaaaaali est un film qui, par la figure aussi excentrique que le peintre surréaliste, nous promet un film imprévisible et riche en rebondissements.

Sans grand étonnement, c’est le cas, les rebondissements symbolisent par eux-mêmes le Surréaliste via les rêves, des éléments imprévisibles n’ayant aucune logique. Mais malgré ces péripéties multiples, la structure du film nous ennuie, un rêve dans un rêve qui est dans un rêve… La structure est intentionnelle, certaines séquences se rembobinent et vont dans le sens du film, mais notre attention faiblie. Le film s’appuie sur l’absurde, l’imprévisible et l’illogique, nous sommes parfois dans l’attente d’un « je ne sais quoi » qui anime le rythme du film, mais cette attente est rarement satisfaite.. Le changement d’acteurs selon les séquences est revigorant. En effet, Pio Marmaï, Gilles Lellouche, Jonathan Cohen, Edouard Baer et Didier Flamand portent le rôle de Dali avec brio. En particulier Jonathan Cohen qui excelle dans l’art d’arborer les manières ainsi que l’accent de Dali. On y retrouve également Anaïs Demoustier, jouant le rôle d’une journaliste hésitante et écrasée sous les attitudes lunatiques et imprévisibles du peintre. Elle livre un jeu juste, hésitant à l’image de son personnage.

© Daaaaaali !

La colorimétrie arbore des couleurs sobres, loin d’être excentriques. La réalisation regorge de petits stratagèmes, pour étirer une séquence, retourner dans une séquence présente au début du film.. La réalisation est bien pensée et c’est ce qui souligne le talent du réalisateur qui n’a pas peur de sortir des conventions. On remarque beaucoup de clins d’œil à la culture catalane, si chère pour le peintre. La musique du film, renforce selon les séquences l’aspect absurde du personnage de Salvador Dali. Par les répliques du personnage, le scénario souligne aussi l’aspect imprévisible d’un personnage sans filtre et met en lumière durant tout le film l’égocentrisme du peintre, qui est une source d’amusement pour le spectateur. Et ça fonctionne parfois, en nous arrachant un sourire ou un rire. Donc il faut savoir nuancer : le film n’est pas mauvais. Par son aspect atypique, il s’adresse à un public spécifique, car les spectateurs férus d’une histoire logique et qui se déroule dans un rythme mesuré risqueraient d’être déçus. Ce film est comme l’art de Dali, soit on l’adore, soit on le déteste. Prime Vidéo

EN DEUX MOTS

Un film spécial à l’image du cinéma de Quentin Dupieux. Malgré un personnage excentrique, joué par 6 acteurs talentueux, la structure est imparfaite. La réalisation est irréprochable, c’est seulement le rythme et la narration qui laisse perplexe. On ne sait pas où l’on va, c’est l’absurde qui dirige tout, mais il faut reconnaître que cela rend hommage à l’excentricité du peintre surréaliste.

3

Note : 3 sur 5.


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