CRITIQUE | FILM

LA SALLE DES PROFS : un mauvais cas d’école

Critique | Après avoir captivé l'audience lors de sa présentation à la Berlinale 2024, le dernier film du cinéaste allemand İlker Çatak débarque enfin dans les salles françaises. Un thriller psychologique entre les murs d'un collège sur le point d'imploser.

SYNOPSIS

Pour élucider une série de vols à l’école, la direction exerce une pression sur les délégués de classe pour désigner des suspects. Carla, une enseignante, refuse de coopérer. Lorsque des mesures humiliantes sont prises, elle décide de mener sa propre enquête en enregistrant secrètement la salle des professeurs.

© La Salle Des Profs

Ses découvertes laissent penser que la secrétaire de l’école, Mme Kuhn, est impliquée. Malgré les dénégations de cette dernière, elle est suspendue. Cette situation provoque des tensions parmi les élèves et les parents, une situation qui devient très vite intenable. La Salle des profs (Das Lehrerzimmer) est un film dramatique allemand réalisé par İlker Çatak et sorti en 2023.

NOTRE CRITIQUE

Sous ses airs de film dramatique scolaire, La Salle des Profs cache de plus sombres secrets. Dans ce récit tumultueux où la vérité prend l’escalier scolaire, nous suivons une professeure principale piégée dans un thriller psychologique mou. L’intention était louable : faire de ce nouveau projet un véritable film de tension et de dénonciation où les uns dissimulent la vérité aux autres. Sur le papier, cette nouvelle œuvre du réalisateur İlker Çatak donne clairement envie. Dans les faits, c’est totalement l’inverse. Avec ce scénario trop emmêlé, et peut-être trop ambitieux, le réalisateur perd notre attention à vouloir toujours injecter une dose de tension abusive. Dans cette intention, toute subtilité et naturel sont oubliés, et le film propose des séquences déconnectées tout du long. On ne fait qu’apercevoir les fils de cette mascarade scolaire, un ton moralisateur, qui ne vise qu’à heurter le spectateur. La Salle des Profs est le parfait guide pour les enseignants novices. Si vous envisagez de passer le CAPES, voici ce qu’il ne faut jamais reproduire.

© La Salle Des Profs

Le film tente de brouiller nos repères, mais dans quel but ? Pour intentionnellement semer la confusion, mais jusqu’à perdre toute la véracité du moment, toute la crédibilité de la situation.. La professeure est présentée comme une victime puis comme un bourreau, sans que rien ne soit clairement établi. Sans fournir de réponse, le cinéaste manipule la perspective et l’angle du film, ce qui frustre inévitablement. Même sur l’aspect technique, le réalisateur passe de justesse aux rattrapages. Son obsession pour coloriser son long-métrage de thriller psychologique agit comme un repoussoir, plus repoussant que les boutons d’acné d’un pré-ados. Heureusement, le film est porté par une actrice de talent, Leonie Benesch, qui contraste avec le manque de naturel du reste du film. L’impression de voir l’extrême opposé de la professeure de Club Zéro. Le sujet de la délation et la plupart des scènes qui abordent cette thématique sont provocatrices et ça fonctionne enfin. Tout le monde est amené à dénoncer pour différentes raisons, voire même par obligation, une diversité d’angles qui soulève un sujet pertinent dans l’intrigue. İlker Çatak repart donc avec nos encouragements, mais peut mieux faire.. Prime Vidéo

EN DEUX MOTS

La vérité se perd dans un enchevêtrement de tensions abusives, laissant le spectateur frustré par un récit forcé et peu naturel, malgré le talent de l »actrice principale. La Salle des Profs est la parfaite guide quand on vient d’obtenir le capes. Ne jamais reproduire ce qu’ils font dans ce collège.

1,5

Note : 1.5 sur 5.


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