CRITIQUE | FILM

LA PLANETE DES SINGES 4 : Wes Ball fait simple et basique

Critique | Il y a déjà sept ans Matt Reeves nous offrait une nouvelle la trilogie Planète des Singes, la clôturant d'une manière puissante et viscérale. Désormais entre les mains de Disney, il n'en fallait pas davantage pour renforcer leur désir de poursuivre cette licence, avec une suite qui se révèle être assez efficace, bien que terriblement basique.

SYNOPSIS

Plusieurs générations après le règne de César, les singes ont définitivement pris le pouvoir. Les humains, quant à eux, ont régressé à l’état sauvage et vivent en retrait.

© Le Planete des Singes : Le Nouveau Royaume

Alors qu’un nouveau chef tyrannique construit peu à peu son empire, un jeune singe entreprend un périlleux voyage qui l’amènera à questionner tout ce qu’il sait du passé et à faire des choix qui définiront l’avenir des singes et des humains. La Planète des singes : Le Nouveau Royaume est un film de science-fiction américano-australien réalisé par Wes Ball, sorti en 2024.

NOTRE CRITIQUE

À l’annonce de la mise en chantier de ce quatrième opus, difficile de ne pas être sceptique. Est-ce vraiment essentiel ? Et surtout, comment parvenir à se démarquer après le travail exceptionnel de Matt Reeves ? Parce qu’il est clair que Wes Ball, qui était jusqu’à présent connu pour la licence des Labyrinthes (une trilogie sympathique, mais totalement oubliable), ne nous avait pas vraiment convaincus pour affronter un tel défi. Finalement, force est de constater qu’il ne s’en sort pas trop mal. Loin de l’esthétique sombre imposée par son prédécesseur, le cinéaste renoue avec une photographie plus ensoleillée qui rappelle davantage la version de 1968. Malgré la noirceur agréable des opus précédents, on ne peut pas lui reprocher de s’approprier la saga en adoptant une vision qui lui est propre. D’autant que l’ellipse de plusieurs décennies justifie ce changement de ton. Du point de vue technique, le film nous offre de jolis décors d’un monde dévasté, ce qui renforce davantage la rupture temporelle, ainsi qu’une motion capture maîtrisée qui permet aux acteurs de donner vie à de nouveaux personnages attachants. C’est sur l’aspect rythmique que le réalisateur se détourne un peu trop de la vision de Matt Reeves. Se détachant des aspects immersifs, psychologiques et philosophiques qui furent les pierres angulaires de « L’Affrontement » et « Suprématie », Wes Ball met l’accent davantage sur l’action et le récit initiatique, ce qui constitue le principal problème de cet opus.

© Le Planete des Singes : Le Nouveau Royaume

Wes Ball explore ce nouveau chapitre comme n’importe quelle autre histoire de Survival post-apocalyptique, bien loin de la complexité et de l’intelligence de Matt Reeves, se laissant emporter par la facilité et une mise en scène extrêmement basique. Le Nouveau Royaume surfe sur des codes que l’on connaît par cœur, s’appuie sur des thèmes récurrents de ce sous-genre et des métaphores évidentes de la saga, rendant ainsi sa première partie bien trop longue, et l’ensemble du long-métrage prévisible. Une longueur d’avance constante sur l’histoire, qui ôte d’ailleurs toutes saveurs aux séquences d’émotions. Cette mise en place alambiquée entraîne une diminution de la seconde partie, pourtant la plus captivante de ce projet. En effet, l’arrivée (trop tardive) du tyran Proximus permet de traiter de l’héritage idéologique de César et de l’appropriation de ses actions qui ne sont plus perçues que par les légendes. Une méthode habile pour introduire la thématique religieuse, qui légitime au passage l’existence de ce quatrième opus. Malheureusement, ce nouveau chapitre ne fait qu’effleurer toutes les possibilités qu’offre ce chemin, pour rapidement bifurquer vers un climax bien plus trivial et décousu qui ressemble à une version approximative du dénouement d’Avatar 2, sans le talent de mise en scène de James Cameron.

Il semblerait qu’il soit plus important pour les studios de prendre le temps de poser les bases des suites à venir plutôt que de se concentrer sur les véritables enjeux et intérêts de cet opus. Cela passe pour cette fois, mais à ce rythme, les cinq autres films annoncés vont sans nul doute entacher cette licence, pourtant mémorable au nombre de trois. Après tout, c’est à cela que l’on reconnaît le studio aux grandes oreilles.

EN DEUX MOTS

Wes Ball parvient à se faire une place dans cette franchise en apportant une esthétique plus ensoleillée et une technique bien maîtrisée, lui permettant de lancer une nouvelle ère à son image. Cependant, en négligeant ses sujets les plus intéressants, cette suite bascule rapidement dans un récit basique qui peine à surprendre.

3

Note : 3 sur 5.


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