CRITIQUE | FILM

ATLAS : quand IA veut dire Indigestion Absolue

Critique | Qu'est-ce qui est plus désastreux que l'intelligence artificielle frauduleuse ? Réponse : un metteur en scène médiocre qui se saisit du sujet. Netflix nous dévoile sa nouvelle production en abordant un sujet sensible d'actualité, se voulant ainsi moderne et engagé. Le résultat est l'opposé total.

SYNOPSIS

Brillante analyste de données, Atlas Shepherd est misanthrope et se méfie totalement de l’intelligence artificielle. Tandis qu’elle se lance dans une mission destinée à capturer un robot rebelle, elle comprend qu’elle a déjà eu affaire à cette mystérieuse machine par le passé.

© Atlas

Alors que la mission ne se déroule pas comme prévu, il ne reste plus à Atlas qu’à faire enfin confiance à l’IA si elle veut sauver l’avenir de l’humanité… Atlas est un film de science-fiction américain réalisé par Brad Peyton et sorti en 2024. Il est diffusé sur Netflix.

NOTRE CRITIQUE

Des films oubliables, c’est monnaie courante, mais des longs-métrages que l’on oublie au fur et à mesure qu’ils se déroulent devant nos yeux, c’est plutôt rare. Ce qui est le plus regrettable, c’est qu’il aura quand même fallu deux scénaristes pour donner vie à ce torchon. Deux scénaristes et un metteur en scène que nous espérions déjà à la retraite. Brad Peyton, c’est l’homme responsable du second volet de ‘Voyage au centre de Terre’, de ‘San Andreas’ ou bien encore de ‘Rampage‘. Une série de films médiocres que l’on croyait être suffisants pour mettre un point final à sa carrière. Eh bien, il semblerait que Netflix ne l’ait pas entendu de cette oreille, puisqu’ils l’ont déterré d’on ne sait où pour lui confier un film de science-fiction. Quelle idée étrange ! Parce que bien que le concept papier et les premières minutes du long-métrage nous laissent entrevoir une lueur d’espoir en la découverte d’une œuvre inspirée, on constate rapidement que ce n’est absolument pas le cas. Rarement, un film a été aussi pompeux dans ses inspirations. De ‘Blade Runner’ à ‘Avatar‘, en passant par ‘Brazil‘, ‘Terminator‘, ‘Le géant de fer‘, ‘Matrix‘ ou encore toute une flopée de jeux vidéo, Atlas est une sorte de condensé Discount de tout ce qui a fait les grandes lignes de la science-fiction depuis des décennies. Un plat réchauffé aux micro-ondes, où le contenant bouillant supporte un contenu glacial. Le film se contente de prendre les idées qui l’intéressent pour les transposer dans une mise en scène d’une laideur absolue et des séquences d’actions ridicules, afin d’obtenir une histoire où toute tension et réflexion sont exclues.

© Atlas

Avec des préfigurations imposées aux forceps, des enjeux niais et des twists retranscrits comme de grands instants de cinéma, alors qu’ils sont terriblement prévisibles, Atlas effleure sa thématique sans jamais l’approfondir. Tout cela dans le but de transmettre un message d’une platitude désolante : « L’IA n’est pas bien, sauf quand elle est correctement utilisée ». Un grand merci à Netflix pour sa contribution ! C’est surtout dans sa seconde partie que le long-métrage devient le plus pitoyable. Lorsque Jennifer Lopez (possédant la même prestance émotionnelle que son tas de ferraille) se retrouve bloquée dans sa boîte de conserve et est obligée de s’associer à cette IA qu’elle a toujours rejetée. Le film se métamorphose alors en un huis clos bavard, où chaque réplique est aussi embarrassante que la précédente, créant un dialogue poussif et dénué d’intérêt. Une succession de séquences ennuyeuses où la nouvelle génération tente d’entrer en contact avec une mamie aigrie, refusant de se soustraire à son époque d’antan. Des échanges basés sur les gâteaux et les tartes (premier degré), dans lesquels se succèdent les blagues les plus débiles possibles, pour parvenir à ce qui était évident depuis l’activation du bouton « play » de la télécommande : une amitié et une complémentarité inébranlables avec la machine, qui se révèle bien plus humaine et digne de confiance que la plupart des hommes. C’est aussi lamentable et désolant qu’un mauvais direct-to-DVD. Encore un superbe projet signé Netflix !

A retrouver sur Netflix

EN DEUX MOTS

Pomper les idées des grandes œuvres de SF n’a jamais été suffisant pour faire un film d’anticipation moderne et intelligent. Pour cela, il est essentiel d’avoir un scénario solide, des acteurs engagés, et surtout un metteur en scène convaincant et convaincu. En fin de compte, tout ce qu’Atlas n’a pas.

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Note : 1 sur 5.


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