CRITIQUE | FILM

BAD BOYS 4 : plus envie de Die que de Ride

Critique | Près de trente ans après la sortie du premier opus, bien que personne ne l'ait demandé, les deux flics les plus célèbres de Miami sont de retour pour un quatrième tour de piste. Bad Boys Ride or Die, c'est déjà une suite sans intérêt et incroyablement paresseuse.

SYNOPSIS

Les inspecteurs Mike Lowrey et Marcus Burnett enquêtent sur la corruption au sein de la police de Miami. Après la mort de leur capitaine Conrad Howard, ce dernier est accusé d’avoir des liens avec des mafieux roumains. Les deux amis se retrouvent alors piégés et traqués comme des fugitifs. Malgré tout, ils vont tenter de prouver leur innocence en résolvant l’affaire.

© Bad Boys 4

Bad Boys: Ride or Die est un film américain réalisé par Adil El Arbi et Bilall Fallah, sorti en 2024. Ce quatrième volet de la série de films Bad Boys fait suite à « Bad Boys : Flics de choc » (1995) et « Bad Boys II » (2003), tous deux réalisés par Michael Bay, ainsi qu’à « Bad Boys for Life » (2020), également dirigé par El Arbi et Fallah.

NOTRE CRITIQUE

En dehors du blockbuster d’action bourrin et de sa musique emblématique, Bad Boys est avant tout l’œuvre du réalisateur Michael Bay, lancée en 1995 et à laquelle il donne une suite en 2003. Même si on peut lui reprocher pas mal de choses (particulièrement ses montages épileptiques), on est aussi conscient que sa patte a façonné les fondements solides de cette licence.

Avec une esthétique et une mise en scène qui ressemblent à un spot publicitaire de 2h30, mettant en avant le charisme d’un Will Smith au sommet de son ego à chaque plan, Michael Bay a réussi à établir Bad Boys comme le nouveau marqueur du buddy-movie américain des années 2000. Un metteur en scène indissociable de sa franchise, donc, ce qui se confirme en 2020 lorsque le duo de réalisateurs Adil El Arbi et Bilall Fallah reprennent les rênes du troisieme volet. Une nouvelle virée qui, bien que pleine de défauts, avait réussi à faire mouche en se glissant derrière les thèmes obligatoires d’une suite de plus de vingt ans. Les anciens qui ne s’intègrent pas à la nouvelle génération, l’ancienne méthode contre la nouvelle, les héros confrontés à leurs propres âges ou bien le fameux fils caché.. Tout était réuni pour nous livrer ce que l’on avait déjà vu mille fois. À nouveau en charge de ce quatrième opus, c’est là qu’on peut réellement observer ce que le duo a dans le ventre et ce qu’il envisage de faire avec cette franchise. Manifestement… Pas-grand-chose. Bad Boys 4 : Ride or Die est d’une flemmardise désolante. Chaque instant de ce film est une tentative de redite des précédents volets. Qu’il s’agisse de la séquence d’ouverture, des scènes d’action, des lieux, des blagues, des personnages… Tout est le reflet d’une époque révolue, sans jamais parvenir à égaler, ne serait-ce qu’un instant, la vision de leurs prédécesseurs.

© Bad Boys 4

Malgré tous leurs efforts, ils ne parviennent jamais à magnifier leurs personnages, à leur donner le charisme qu’avait réussi à retransmettre Michael Bay à coup de plans en contre-plongée. Et ils ne parviennent jamais à capturer l’immensité de la ville de Miami, en proie à la criminalité. En fin de compte, cette tentative de copier/coller ne contribue en rien à la pérennité de cette saga, la plonge dans un amas de beaufitude et exclut toute réelle vision personnelle des réalisateurs sur la licence. On peut malgré tout leur accorder quelques idées singulières dans la mise en scène de certaines séquences d’action qui apportent une fraîcheur et suscitent l’envie d’en voir plus dans cette direction. Bien qu’elles soient fréquemment abruptes et vaines, elles ont le mérite d’exister. Ce manque de volonté se manifeste également dans la pauvreté de la mise en scène du long-métrage. Le film ne raconte rien et ne permet jamais de faire évoluer ses personnages, en les laissant bien à leur place, sans prendre de risques ni avoir de véritables intentions directives. Pire encore, avec une histoire aussi bateau que deux flics qui tentent de blanchir leurs noms, le film manque de matière suffisante pour tenir sur la durée, au point d’être constamment parasité par des séquences aussi inutiles que malaisantes. Ne sachant jamais quoi faire de leurs personnages, Adil El Arbi et Bilall Fallah les entraînent dans des directions lunaires à base de thématiques spirituelles et de crocodile albinos (il vaut mieux éviter de chercher des explications). D’autant qu’ils n’ont toujours pas réussi à corriger leur incapacité à maîtriser un rythme narratif, ce qui ne favorise pas l’approbation de cette radinerie scénaristique.

Ce qui est le plus regrettable dans cet épisode, c’est la perte de ce qui était le pilier de Bad Boys : l’alchimie entre Will Smith et Martin Lawrence. Le long-métrage ne parvient jamais à mettre en lumière leurs complicités, leurs complémentarités et leurs évolutions communes. On n’y croit pas, mais surtout, on y croit plus.

EN DEUX MOTS

Une suite lourdingue et sans intérêt. Se contentant de singer maladroitement les précédents opus, ils ne proposent aucune vision personnelle et se perdent dans un scénario bâclé. Personne n’y croit, pas même les deux acteurs qui perdent leur alchimie qui faisait la force de la saga.

2

Note : 2 sur 5.


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