CRITIQUE | FILM

SOUS LA SEINE : la peur bleue de Hidalgo

Critique | Nouvelle production française sur Netflix, parfaitement contextualisée avec les Jeux Olympiques : quoi de mieux qu'un requin sous la Seine pour effrayer Anne Hidalgo avant l'événement ? Ce nouveau projet de Xavier Gens se présente comme un survival aquatique dans la capitale, et ça en jette sur le papier. Mais pour le reste...

SYNOPSIS

Été 2024. En plein déroulement des championnats du monde de triathlon sur la Seine, une jeune militante écologiste alerte de toute urgence une scientifique après avoir aperçu un immense requin mako dans une rivière se dirigeant vers Paris. Avant qu’il ne soit trop tard, la scientifique informe un commandant de la police fluviale.

© Sous La Seine

Il s’agit en réalité d’un requin nommé Lilith, capable de se reproduire par parthénogenèse, une méthode de reproduction qui ne nécessite pas de mâle. Sous la Seine est un film français réalisé par Xavier Gens et sorti en 2024. Il est diffusé en exclusivité sur Netflix.

NOTRE CRITIQUE

Le cinéma et les requins, c’est une grande histoire d’amour. Merci Steven Spielberg et Sharknado pour les travaux. À cet édifice terrifiant, le réalisateur français Xavier Gens ajoute sa modeste pierre, financée par Netflix. On a rarement vu autant d’ambiance nanardesque sur la plateforme, et il faut avouer que cela fait du bien. Sous ses airs de long-métrage rigide et netflixisé, Sous La Seine est certainement l’une des propositions qui s’aventure le plus dans des eaux profondes et dans l’inconnu. Le côté série B est (souvent) assumé, même s’il ne fait pas mouche à chaque fois. En revanche, on se laisse volontiers porter par la démesure d’un projet qui manque parfois juste un peu de conviction. Pourtant, sur certaines séquences, Xavier Gens va à fond. Celle du « nid » en est le parfait exemple : gore, sans limite, elle a tout pour satisfaire les fanatiques de cinéma à grosses bestioles. D’autant que le réalisateur ose aussi dans la mise en scène. Parfois trop générique et expéditive, c’est vrai, mais aussi pleine de bonnes idées, comme cette introduction dans une eau plastifiée qui dégoûte autant qu’elle effraie.

© Sous La Seine

Attention, il ne faut pas s’attendre à un film intellectuel que les érudits du septième art étudieront dans le futur. Sous la Seine est truffé de dialogues complètement idiots, qui laissent présager toutes les issues de notre intrigue. Mais par dessus tout, on constate une vraie carence dans le jeu. Si Nassim Lyes s’en sort encore très bien dans ce film de gros requins, ce n’est (étonnamment) pas le cas avec Bérénice Bejo, qui a du mal à faire vivre son personnage à l’écran. L’écriture du protagoniste y est certainement pour quelque chose, mais on n’a vraiment pas l’impression de suivre un personnage principal dans cette histoire. Xavier Gens est aussi bloqué entre sa problématique très environnementale et l’aspect récréatif du film. Le curseur se déplace entre faire la morale et offrir du pur divertissement, ce qui crée parfois des déséquilibres d’une séquence à l’autre. C’est le même constat avec ses personnages. Parfois ultra satiriques, comme la maire de Paris, parfois ultra ennuyeux avec certains clichés tournant en stéréotypes. Comme d’habitude avec ce genre de film, on est coincé entre deux eaux troubles. Mais on préfère retenir l’audace de la conclusion « je-m’en-foutiste », surtout si comme nous, vous avez un faible pour les films de grosses bestioles.

EN DEUX MOTS

Vous êtes fan des Dents de la Mer (ou plutôt de Sharknado) ? Sous la Seine devrait faire le taf. Le cinéaste Xavier Gens, propulsé aujourd’hui sur Netflix, plonge dans des eaux troubles avec un aplomb nanardesque assez étonnant. Malgré des dialogues faibles et un jeu inégal, on est devant un divertissement sans limite qui plaira aux fanatiques de grosses bestioles à l’écran.

3

Note : 3 sur 5.


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