CRITIQUE | SERIE

CROSS : Trou Détective

Critique | Avec leur nouvelle série tv, Prime Video pense tenir le nouveau Seven, mais ils sont plus proches du pire Bad Boys. Avec son ton ultra sérieux, Cross s'égare rapidement dans une petite enquête avec petits enquêteurs et petit méchant.

SYNOPSIS


Alex Cross, lieutenant de police à Washington, D.C., est diplômé en psychologie et médecine légale. Père dévoué, il élève seul ses deux enfants tout en restant hanté par le meurtre de sa femme, Maria, un an plus tôt. Avec son partenaire John Sampson, il enquête sur la mort suspecte d’Emir Godspeed, un ancien dealeur devenu militant pour les droits des Afro-Américains, dans un climat tendu marqué par le mouvement Black Lives Matter.

© Cross

Malgré des indices pointant vers un meurtre, ses supérieurs demeurent sceptiques. Parallèlement, Cross subit les menaces d’un mystérieux harceleur lié au drame de sa femme.

NOTRE CRITIQUE

Ce qui frappe vraiment dans cette série, c’est son sérieux. Le showrunner Ben Watkins est convaincu d’avoir réalisé un polar sombre où son héros est le plus grand torturé de sa ville. Mais malgré ça, Alex Cross veut tout de même sauver le monde, élucider le meurtre de sa femme, coffrer des méchants.. Bref, le parfait chevalier blanc (pas très Black Lives Matter cette expression du coup). Sauf que. Il est le stéréotype du détective musclé, intelligent, mais rongé par une dépression qu’il refuse d’admettre, incapable d’exprimer ses sentiments, que ce soit en amitié ou en amour. Même si cette situation est critiquée dans les derniers épisodes, l’ensemble ressemble à un mauvais recyclage de buddy cop show aux ambitions Fincherienne. Tout est presque pompé ailleurs en moins bien finalement. Par exemple, on devine le méchant dès la première seconde à l’écran. Franchement, on pourrait même croire à une mauvaise farce ou une parodie tant c’est mal joué. Les enquêtes, dignes d’un jeu de Cluedo où il manque la moitié des pièces, font peine à voir, au point que tout est livré sur un plateau.

© Cross

Le postulat de départ exploité dans les premiers épisodes part d’une idée intéressante : traiter le climat ultra-tendu entre la police et la communauté afro-américaine aux US, à travers deux personnages noirs naviguant entre ces deux mondes. Mais une fois passé ces séquences parachutées sans réelle logique narrative, placées comme un cheveu au milieu de la bonne soupe Prime Vidéo, eh bien, on oublie. Arrivé à la moitié des huit épisodes, on baisse déjà les bras. La note va être salée. Et pourtant, Cross réussit à récupérer quelques points de bonus au fil du temps. Certainement pas avec sa musique terriblement insupportable, mais plutôt par la mise en lumière des carences affectives de son héros. La relation père-fils apporte un brin de profondeur, même si on reste dans un superficiel imposant, loin des meilleures séries du genre. Enfin, l’épisode 5 a son petit charme, avec un huis clos centré sur un face-à-face tendu entre le détective et l’antagoniste. Un versus qui pimente enfin les enjeux d’une série saturée de clichés.

À retrouver sur Prime Vidéo

EN DEUX MOTS

Avec ses protagonistes et antagonistes détestables et surtout dépassés, cette nouvelle série Prime Vidéo frôle la catastrophe industrielle. Un tuyau percé, comme on dit. Plus proche d’un buddy-movie policier raté que du thriller social et psychologique qu’il prétend incarner.

2

Note : 2 sur 5.


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