CRITIQUE | FILM FESTIVAL DE CANNES

VINGT DIEUX : leurs enfants après Meuh

Critique | Pour son deuxième long-métrage, la réalisatrice française Louise Corvoisier s’est hissée dans la sélection Un Certain Regard à Cannes. Franchement, aucun autre film ne mérite plus sa place ici que Vingt Dieux. Un petit drame social français différent et touchant, à ne pas manquer en fin d'année 2024 !

SYNOPSIS


Totone, 18 ans, consacre la majeure partie de son temps à boire des bières et à arpenter les bals du Jura en compagnie de sa bande d’amis. Cependant, la réalité finit par le rattraper : il doit prendre soin de sa petite sœur de 7 ans et trouver un moyen de subvenir à leurs besoins.

© Vingt Dieux

Déterminé, il décide de se lancer dans la fabrication du meilleur comté de la région, avec l’ambition de décrocher la médaille d’or au concours agricole et le prix de 30 000 euros. Vingt Dieux est un film dramatique français réalisé par Louise Courvoisier et sorti en 2024.

NOTRE CRITIQUE

Vingt Dieux : expression qui exprime l’étonnement, l’émotion. Tout cela est réuni dans le dernier long-métrage de Louise Corvoisier. L’étonnement d’abord, car malgré un premier film sorti en 2019, la réalisatrice reste encore inconnu au bataillon pour le grand public. Et franchement, après avoir vu Vingt Dieux, on se demande ce qui a bien pu retarder la révélation d’une telle cinéaste. Puis l’émotion forcément, car il y a tout dans ce film pour la provoquer. Vingt Dieux est un drame social qui ne s’assume pas comme tel, et ça fait du bien. Loin des schémas narratifs du genre, ce nouveau long-métrage français préfère explorer l’essence même des relations humaines dans un climat de détresse suggéré, mais jamais appuyé. À travers un moment de vie d’un jeune garçon de la campagne, Louise Corvoisier capte avec justesse les mécanismes d’une reproduction sociale que l’on pense inéluctable : après le décès du père, reprendre son travail, sa vie, ses galères. Eh bah non. Le film porte une dimension extrêmement positive, pleine d’espoir, sans invoquer le pathos qui plombe tant d’autres œuvres du genre.

© Vingt Dieux

Des thèmes graves sont pourtant mis sur la table. Notamment celui de l’alcool, qui est presque un fil conducteur (mauvais jeu de mots), mais qui va s’effacer petit à petit au gré de l’évolution du personnage principal. Le Comté est en réalité un leurre, désolé pour les tyrosémiophile qui liront cet article. Totone est quant à lui magnifiquement incarné par l’acteur Clément Faveau, qui brille littéralement de la première à la dernière minute. Un jeune gamin que rien ne prédestinait à fouler le tapis de Cannes. Comme quoi, ce film incarne parfaitement ce qu’il raconte et raconte exactement ce qu’il incarne. Mais tout le reste du casting est d’ailleurs excellent. Un seul film à leur actif et déjà une meilleure filmographie que certains autres.. Émotion garantie donc, renforcée par une mini-romance touchante, pleine de vie et de sincérité. Louise Corvoisier réussit à construire son film avec une intelligence rare. Effets de miroir bien pensés, relations entre les protagonistes nuancées, elle trouve un équilibre futé qui maintient les intrigues jusqu’au clou du spectacle. Bref, un immanquable de cette fin d’année.

EN DEUX MOTS

Vingt Dieux est un fragment de vie extrêmement touchant, qui évite avec malice tout pathos ou misérabilisme. C’est fin, drôle (parfois triste aussi) et surtout ancré dans une réalité simple et authentique.

4

Note : 4 sur 5.


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