SYNOPSIS
À Manhattan, Ingrid, écrivaine d’autofictions, explore les méandres de la peur de la mort dans son dernier livre. Lorsque Martha, une ancienne amie correspondante de guerre, refait surface, leur lien renaît au fil de discussions sur leurs souvenirs communs, leurs passions partagées et les questions universelles de regret et de rédemption.

Mais une demande inattendue de Martha bouleverse la vie d’Ingrid, l’entraînant dans un voyage au cœur d’une maison isolée, où l’amitié et la confrontation avec la mortalité prennent une tournure aussi intime qu’inattendue.

NOTRE CRITIQUE
Le cinéaste espagnol prolifique revient sur le devant de la scène avec une nouvelle œuvre estampillée Almodóvar, soigneusement empaquetée dans son joli sac rouge pimpant desigual. Un nouveau long-métrage qui lui permet notamment de repartir avec le Lion d’Or, lors de la dernière édition de la très populaire Mostra de Venise. Prix étonnant, quand on voit à quel point la carrière du cinéaste ne cesse de ronronner dernièrement. Pedro Almodóvar a-t-il réussi à redynamiser sa filmographie et à y apporter une dose de piquant ? Force est de constater que non. Malgré son prestigieux trophée, La Chambre d’à Côté n’est qu’un film de plus dans une filmographie bien trop dense. Au point de se demander si l’édition 2024 de la Mostra de Venise n’a pas souffert d’un léger creux dans sa programmation. Peut-être que ça ne valait pas tant le détour.. Car rien de nouveau sous le soleil, Pedro fait une fois de plus du Almodovar. Fidèle à ses codes et à son esthétique, mais sans l’audace qu’on espérait à la vue d’un matériel promotionnel promettant beaucoup plus. Au bout de cinq minutes, on sait que c’est plier.. Les inconditionnels du cinéaste adoreront et les autres resteront de marbre face à ce récit tout aussi anecdotique que déjà vu.

Pedro Almodovar ne réinvente ni son cinéma, ni même les sujets qu’il décide de traiter. Le réalisateur peine à installer son ambiance et ne démarre réellement son film qu’au bout d’une heure de métrage. Se focalisant complètement sur le personnage de Tilda Swinton et délaissant regrettablement celui de Julianne Moore. Résultat : un film bien trop insignifiant pour ce qu’il aborde. On a le droit à l’apparition de personnages complétement sous-exploités (le coach, John Turturo, ou même le flic), simplement de passage pour des moments de cinéma accessoires -motif de remplissage du film. Comme à des enchaînements d’événements bien trop soudain, pour aboutir à une accumulation d’intrigues qui ne servent strictement à rien. Pedro Almodovar ne semble pas savoir où aller. Le seul sujet qu’il parvient à maîtriser reste celui de la mort du point de vue du personnage de Tilda Swinton. Véritable introspection sur la vie, les combats de chacun et surtout la peur. L’actrice magnifie son personnage et tire sans aucun doute son épingle du jeu contre Julianne Moore qui n’a malheureusement pas grand-chose à manger. Les couleurs chaudes, propres au cinéaste, ne suffisent pas à rendre son film lumineux. Il est au contraire un moment de cinéma glacial et bien trop méthodique pour pouvoir ne serait-ce qu’attendrir son spectateur. Un ensemble de points négatifs que l’on applique à une bonne partie de la filmographie du réalisateur. Et malheureusement, La Chambre d’à Côté ne déroge pas à la règle.
EN DEUX MOTS
Monotone, vain et surtout très anecdotique, le nouveau long-métrage de Pedro Almodovar ravira ses adorateurs et laissera de marbre les autres. C’est mineur, et bien trop froid pour être ravageur. Tilda Swinton vole cependant la caméra, et apporte à travers son personnage une perspective très intéressante des sujets abordés.
2,5
Les avis des autres rédacteurs
Abonne toi au site !


