SYNOPSIS
Pierre élève seul ses deux fils. Tandis que Louis, le plus jeune, s’épanouit dans ses études et progresse sans difficulté, Fus, l’aîné, s’égare. Attiré par la violence et les rapports de force, il se rapproche de groupes d’extrême-droite, en totale contradiction avec les valeurs de son père. Impuissant, Pierre voit son fils lui échapper, influencé par ces nouvelles fréquentations. Peu à peu, l’amour se dissout dans l’incompréhension.

Jouer avec le feu est un film français réalisé par Delphine et Muriel Coulin, sorti en 2025. Adapté du roman Ce qu’il faut de nuit de Laurent Petitmangin, publié en 2020, il est sélectionné en compétition à la Mostra de Venise 2024, où Vincent Lindon reçoit la Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine.

NOTRE CRITIQUE
Jouer Avec Le Feu est un film terriblement ancré dans notre temps. Les premières critiques saluent un long-métrage plus que nécessaire, et le postulat de départ est forcément louable : décrypter le glissement d’une jeunesse vers le néo-fascisme pour stopper l’hémorragie à la source. Mais sous la direction de Delphine Coulin et Muriel Coulin, le film se transforme en un exercice de dissertation assez laborieux. Jouer Avec Le Feu ne cesse de souffler le chaud et le froid sans aucun véritable contraste intéressant. On passe du coq à l’âne partout, tout le temps. Le soir : des fêtes de famille où c’est un pur plaisir de danser le rock. Le lendemain matin : « t’es avec nous ou contre nous papa« . La subtilité des dialogues est mise sur le banc de touche en plein cœur du stade Saint-Symphorien. Pourtant, il y avait un vrai bon sujet sur le papier : que faire des liens familiaux quand un membre dérape. Sauf que là, on n’est clairement plus sur un dérapage. Le gamin se tatoue littéralement un signe n***. La seule réponse est une bonne claque et au lit, puis, balancez le générique de fin « directed by Delphine et Muriel Coulin« . Surtout que rien n’est fait pour rendre le tout graduel dans ce nouveau long-métrage français. C’est trop gros, trop abrupt, que l’on peine même à suivre l’évolution du père et du frère face à ça.

Le trio d’acteurs s’en sort en revanche plutôt bien, malgré des séquences à trembler de malaise –c’est pour vous dire à quel point ils ont du talent. Si Stefan Crepon est totalement effacé, incarnant un étudiant de la Sorbonne incapable de voir que son propre frère devient un n***, on retrouve cependant un Vincent Lindon tourmenté, honteux. Un papa tiraillé qui fonctionne très bien dans ce style. Il a vraiment inventé un super-héros français du cinéma. SuperLindon : vieux père de gauche qui combat toutes les formes d’extrémisme. Mais la véritable star est bel et bien Benjamin Voisin. Terrifiant dans les moments de tension, doux dans les moments familiaux, il parvient aussi à insuffler un flegme troublant à son personnage, le rendant encore plus glaçant dans le contexte. C’est ici que Jouer Avec Le Feu aurait dû appuyer. L’ambivalence face à un proche que l’on aime, mais qui sombre peu à peu dans l’inacceptable. Dommage que ça soit si mal exécuté dans les faits.. Pourtant, la réalisation tente des choses. Il y a des plans qui se répondent et de scènes de transition intéressantes, mais c’est le cœur de la narration qui pêche. Jamais dans le ton juste, toujours trop froid ou trop chaud. Une accumulation de mauvais choix qui annihile automatiquement la longue tirade de fin.. C’est un film extrêmement réaliste qui fait pourtant irréaliste. Même le titre du film n’est pas bon. Quand on joue avec le feu, il y a une sorte de plaisir coupable. Bon le racisme, ce n’est pas vraiment le cas a priori.
EN DEUX MOTS
C’est plutôt les réalisatrices Delphine et Muriel Coulinet qui jouent avec le feu. Proposition bancale qui défonce des portes ouvertes pour finalement ne créer aucune empathie. Jamais assez cru, parfois trop gentil avec son sujet sensible. Jouer Avec Le Feu ne produit que quelques étincelles.
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