SYNOPSIS
Mère au foyer depuis la naissance de son fils, une artiste met sa carrière entre parenthèses pour s’occuper seule de l’enfant, son mari étant souvent absent pour le travail. Isolée, frustrée par les attentes sociales qui pèsent sur elle, elle se sent de plus en plus étrangère à elle-même. Peu à peu, son corps subit d’étranges transformations : une fourrure apparaît sur sa peau, sa perception du monde s’aiguise, et une certitude grandit en elle.

Tiraillée entre ces changements inquiétants et des souvenirs enfouis de son enfance dans une communauté mennonite, elle se met en quête de réponses. Tandis qu’elle s’abandonne à ces pulsions animales, son rapport à la maternité, à la féminité et à son art se métamorphose. Jusqu’où ira-t-elle pour retrouver sa liberté ?

NOTRE CRITIQUE
Non, vous n’êtes pas devant le remake live-action de l’île Aux Chiens. Ce n’est pas du Wes Anderson, et ça se voit dès la première image d’ailleurs.. NightBitch est plutôt un drame grinçant, qui plonge la tête la première dans l’océan de tourments des jeunes mamans. Si le sujet paraît très intéressant, la manière de faire est tout à l’opposé. La réalisatrice tente d’imposer sa vision artistique au spectateur, mais le malaise grandit au fil des minutes et des tentatives. Nightbitch est d’une lourdeur assez impressionnante. Il faudra une bonne dose de patience pour ne pas stopper le visionnage. Aussi antipathique qu’anti-empathique, ce nouveau film de Marielle Heller est trop déstructuré pour captiver jusqu’au bout. On aimerait pourtant, on se force même à aimer ce récit, mais tout est fait pour nous en sortir. Entre une queue de chien qui pousse au-dessus de la raie des fesses d’Amy Adams et des rats morts sur le palier, on traverse tout un tas d’émotions.. désagréables. Nightbitch finit par oublier son propre personnage principal, lui ajoutant mécaniquement une série de désespoirs dans la gueule, sans véritablement s’intéresser au pourquoi. Le film manque de cohésion et même de retenue. Car quand on voit comment la réalisatrice utilise le fantastique.. on se demande encore une fois : pourquoi ? Il y a plus de bâtards de genre dans Nightbitch que dans une SPA.

Pourtant, Amy Adams donne tout. Elle imite le chien à merveille. Mais c’est vrai qu’avec un peu de recul, on se demande ce qu’elle fout à aboyer comme un clébard au milieu d’un restaurant chic. Nightbitch ressemble à un film « art et essai » coincé dans l’esthétique fade d’une production très très générique. Le film oublie de traiter réellement son sujet, oublie d’y intégrer de l’intrigue, de l’enjeu.. On avance sans trop de rebondissements sur un fleuve tranquille. Cette mère au bord du gouffre, tiraillée par un choix qu’elle ne regrette pas, mais qui la questionne, n’est jamais foncièrement explorée. On ne nous montre que la conséquence : se transformer en Épagneul breton. Tout est balancé à la figure du spectateur dans un montage sal, qui ne permet pas de construire ses personnages et se contente d’aligner les scènes. Comme si on voulait rapidement arriver à la fin, avec une conclusion un peu plus réconfortante. La cinéaste fuit son film, fuit son propos, et fait de l’oubliable par manque de caractère. Même lorsque que Nightbitch joue avec le fantastique, il le fait de manière trop timoré. Allons-y franchement : on attend autre chose qu’une pub 30 Millions d’amis ou l’épisode de Malcolm où Reese rejoint une meute de chiens.
A retrouver sur Disney Plus
EN DEUX MOTS
Si Nightbitch était un chien, ce serait certainement un chihuahua : petit, nerveux, et un peu pathétique quand il aboie. Ce nouveau film porté par Amy Adams vide de sa substance son propre sujet et se perd dans un scénario brouillon, pour ne pas dire sans queue ni tête..
1,5
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