SYNOPSIS
5 Septembre nous replonge au cœur d’un événement qui a bouleversé à jamais le paysage médiatique et dont l’écho résonne encore aujourd’hui, à une époque où l’information en direct et le contrôle de l’antenne suscitent de vifs débats. Le film se déroule pendant les Jeux Olympiques de Munich en 1972, lorsque la télévision américaine est contrainte d’interrompre la diffusion des compétitions pour couvrir en direct la prise d’otages d’athlètes israéliens, un drame suivi par près d’un milliard de téléspectateurs à travers le monde.

Au centre du récit, Geoff, un jeune producteur ambitieux, cherche à faire ses preuves auprès de son patron, Roone Arledge, légendaire directeur de télévision. Aux côtés de son interprète allemande Marianne et de son mentor Marvin Bader, il va être confronté aux dilemmes éthiques de l’information en continu et aux tensions morales liées à la médiatisation d’un drame en temps réel.

NOTRE CRITIQUE
Munich 1976, premiers Jeux Olympiques retransmis en couleurs sur nos petits téléviseurs –pour les anciens qui étaient déjà nés. 5 Septembre propose une immersion caustique dans les événements tragiques qui ont marqué cette édition, loin de l’euphorie sportive, à travers l’écran d’une régie télévisuelle. Comme on pouvait s’y attendre en lisant le synopsis, le film dénonce, entre autres, la course effrénée aux images chocs dans une société devenue ultra-mondialisée par les nouveaux écrans, grâce aux beaux satellites envoyés dans le ciel. Moment historique particulier où les contours médiatiques sont profondément redéfinis : doit-on tout diffuser ? Quels en sont les impacts et les conséquences ? Si l’idée de disséquer l’évolution de l’homo erectus médiatique façon CNews ou Fox News est intéressante sur le papier, le réalisateur suisse Tim Fehlbaum a beaucoup de mal à accoucher d’un projet pleinement abouti. Pour bien faire, il faut y aller à fond, et ce n’est pas toujours le cas dans 5 Septembre. Le long-métrage reste beaucoup trop académique, dans son traitement du propos comme dans sa technique. Là où l’on attendait un véritable parti pris piquant, une mise en images qui retranscrive la violence de l’événement au-delà des faits eux-mêmes, 5 Septembre reste trop sage, trop retenu. Presque trop journalistique, et pas assez fictionnel..

Le film fait presque le jeu de la chaîne de télévision. C’est contre-productif, car le récit se transforme rapidement en véritable intrigue policière (dans la forme cinématographique pure), recréant par ricochet le même voyeurisme que celui d’un spectateur devant ABC News.. On cherche le spectaculaire, on attend les rebondissements, et l’humain finit par disparaître derrière le récit de la catastrophe, éclipsant la tragédie bien réelle des Jeux Olympiques. L’attentat devient une chimère : tout repose sur la tension, le mystère, filmé à la manière de Novembre de Cédric Jimenez, alors même que le propos du film est censé dénoncer cette course à l’exclusivité. Mais le cinéaste Tim Fehlbaum manipule son sujet avec tellement de précautions qu’il ne produit rien de profondément captivant. Bien à l’opposé du sulfureux Nightcall sorti en 2014, qui lui avait tout compris sur le sujet. Pourtant, et malgré ces lourds défauts, 5 Septembre parvient à nous maintenir attentif devant nos écrans grâce à son rythme soutenu et l’absence de temps morts. Le casting, sans être diiiiingue, fait le job avec quelques têtes que l’on reconnaît d’ailleurs. Les dialogues sont acceptables, la mise en scène abuse un peu du huis clos poussiéreux, mais reste efficace. Bref, tout est à un niveau correct pour un petit film sans grande prétention, qui restera dans l’histoire… comme tel.
EN DEUX MOTS
Pas assez piquant pour être vraiment pertinent, 5 Septembre propose une idée académiquement solide, mais sans éclat. Il met au moins en lumière le point de départ d’une course à l’audimat qui nous pendait au nez.
3
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