CRITIQUE | FILM

THE MONKEY : destination finale burlesque

Critique | À peine un an après son thriller acclamé Longlegs, Oz Perkins (fils de Anthony Perkins) revient pour finaliser une commande de la société de production américaine Atomic Monster, fondée par James Wan. Un projet pas si banal, puisqu’il s’agit en réalité d’une adaptation de la nouvelle de Stephen King appelée The Monkey.

SYNOPSIS



Hal et Bill, deux frères jumeaux, découvrent par hasard un ancien jouet ayant appartenu à leur père alors qu’ils rangent le grenier : un singe en métal frappant des cymbales. Peu après, une série de morts atroces survient, toutes semblant liées à l’étrange objet. Terrifiés, ils tentent de s’en débarrasser et prennent des chemins séparés.

© The Monkey

Mais les décès continuent. Contraints de surmonter leurs différends, les frères se réunissent pour affronter et éradiquer définitivement cette menace maléfique. The Monkey est un film américain réalisé par Oz Perkins, prévu pour 2025. Il s’agit d’une adaptation de Le Singe, une nouvelle de Stephen King publiée en 1980 dans le magazine Gallery.

NOTRE CRITIQUE

Trois hommes de talent s’associent pour donner vie à une œuvre cinématographique à haut potentiel comique et surtout horrifique. C’est forcément alléchant.

Bien que les bonnes adaptations des travaux de Stephen King se fassent de plus en plus rares, on pouvait être confiant sur ce projet, espérant qu’il pourrait donner naissance à de nouveaux cinéastes capables de faire évoluer l’univers du cinéma de genre hollywoodien grand public, comme avec James Wan par le passé. L’introduction de cette nouveau long-métrage « donne le la », extirpant les intestins d’un pauvre commerçant qui n’avait rien demandé à personne de la plus exquise des manières. The Monkey se révèle déjà comme une comédie noire teintée d’éléments gores et horrifique, où les mises à mort seront alambiquées. Comme si Destination Finale avait laissé son sérieux au vestiaire pour enfiler le nez d’un clown, rendant chaque situation burlesque. La première partie du film est bel et bien fun, ultra-rythmée et elle pose les bases du projet sur les relations familiales, le rapport à la mort ou le hasard. Ces trois éléments se mêlent au cœur d’un film qui peine à se renouveler au fur et à mesure de son avancée. Rares sont les adaptations des œuvres de Stephen King qui parviennent à se démarquer, et surtout à proposer quelque chose de neuf. Probable faute de l’auteur lui-même, qui peine à faire confiance aux studios de production depuis sa mésaventure avec Stanley Kubrick pour Shining.

© The Monkey

The Monkey se veut subversif, mais désamorce très souvent toute tentative de recherche scénaristique. Le manque d’enjeux se fait souvent ressentir, si bien que le film peine à nous captiver une fois l’apparition du comédien Theo James, qui cabotine dans un rôle comme dans l’autre. Il faut dire que le personnage manque parfois de consistance, notamment lorsque l’on s’attarde sur la relation bâclée qu’il entretient avec son fils. Une connexion platonique qui n’est pas aidée par l’amas de dialogues pompeux qui viennent s’ajouter au récit. À chaque nouvelle scène, on accumule les facepalm, en attendant désespérément les mises à mort. Et elles se font de plus en plus rare, notamment durant la deuxième et dernière partie où l’on révèle l’antagoniste du film. La conclusion rushée transpire clairement le manque de budget, et une inspiration proche du néant. On rend les personnages encore plus caricaturaux et on se coltine de nouveaux protagonistes qui ne servent finalement pas à grand-chose -à part de nous casser les oreilles. Le potentiel est pourtant monstrueux, mais Oz Perkins se contente de suivre le cahier des charges, le chemin balisé par un auteur qui tourne définitivement en rond. Ce n’étaient pourtant pas les idées de réalisation qui manquaient. Le cinéaste tente toujours beaucoup de choses, nous ramenant à l’aspect auteuriste de son précédent film. The Monkey s’offre tout de même de belles séquences de comédie noire qui en désarçonneront plus d’un.

Ni franchement raté, ni vraiment réussi, The Monkey fait le minimum et s’en sort de justesse. Un film d’épouvante qui ne fera pas date, et qui nous fera regretter Longlegs sorti l’année dernière. On espère retrouver Oz Perkins aux commandes d’un véritable thriller indépendant la prochaine fois…

EN DEUX MOTS

Retour en demi-teinte pour Oz Perkins, qui se contente de suivre le chemin balisé par Stephen King. Malgré l’attitude fun et trash du long-métrage, il lui manque une véritable consistance pour en faire un objet filmique marquant. Une adaptation aussi oubliable que celles que l’on se tape depuis quelques années (sauf Doctor Sleep, on précise).

3

Note : 3 sur 5.


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