SYNOPSIS
Dans l’univers impitoyable du football moderne, où les transactions atteignent des milliards d’euros, le mercato est bien plus qu’une simple période de transferts : c’est un véritable champ de bataille où se jouent des carrières et des fortunes. Entre négociations de dernière minute, jeux d’influence et tensions financières, chaque décision peut faire basculer un destin.

Driss, un agent sportif au bord du gouffre, voit cette fenêtre de sept jours comme sa dernière chance. Pris dans un tourbillon d’enjeux colossaux, il doit user de toute son intelligence, de ses relations et de son audace pour conclure un deal décisif avant la fermeture du marché des transferts. S’il échoue, il risque de tout perdre. S’il réussit, il prouvera enfin qu’il a sa place parmi les grands de ce milieu sans pitié.

NOTRE CRITIQUE
Vous avez déjà joué à Football Manager ? Si oui, impossible de passer à côté de Mercato. Il ne reste plus que sept jours à Driss pour réaliser le coup de la saison et, accessoirement, éviter de se faire buter par une équipe de mafieux. Pour ce thriller sportif sous tension, le réalisateur Tristan Séguéla mise sur un rythme effréné et frénétique, pour asphyxier au maximum son spectateur et ne pas lui laisser le temps de remarquer que la partie technique du film laisse (vraiment) à désirer. Et honnêtement, ça fonctionne. On se laisse rapidement happer par ces enjeux simplistes, parfois idiots, mais sacrément efficaces dans cet univers du football-business légèrement fantasmé et truffé de clichés. Clichés qui sont utilisés à outrance, malheureusement, et qui viennent entacher plein de bonnes idées. Ça suffit les clips de rap pour demander à Kalash de mettre des coups de pression au personnage principal. Il manquait plus qu’une séquence dans une chicha pour avoir le bingo complet. Donc beaucoup d’inspirations malvenues, au point de faire un copier-coller de la carrière de Ben Arfa dans le scénario. Il y a une petite vibe « Gastambide Cinéma » par moments, mais heureusement, Tristan Séguéla réussit à faire monter progressivement la tension grâce aux enjeux. Une sorte de cocotte-minute du ballon rond avec le compte à rebours qui défile sous nos yeux, un peu comme quand on se retrouve dans la dernière semaine du mercato sur Football Manager.

Porté par un bon Jamel Debbouze, Mercato réussit à se faire une place dans le paysage cinématographique de la semaine. Et ça, malgré une galerie de personnages secondaires souvent ridicules, dont celui interprété par Milo Machado-Graner, qui aurait mieux fait de rester chez lui plutôt que d’accepter ce non-rôle. En fait, on trouve toujours quelque chose à redire sur le fond, mais en surface, Mercato est efficace comme un renard des surface. Grâce par exemple à une bande-son habilement utilisée, où les notes électriques se fondent parfaitement dans l’incandescence du scénario. Mercato nous entraîne dans une spirale infernale, donnant l’impression d’un nouveau round à chaque instant. C’est encore plus long que la nouvelle formule de la Ligue Des Champions finalement. Il y a là-dedans à la fois une critique d’un milieu névrosé, et une belle métaphore footballistique où tout reste possible jusqu’au coup de sifflet final. Et comme souvent dans ce beau sport imprévisible, le film se conclut sur une action magique, qui fige dans le temps les petits voyous comme les afficionados du club.
EN DEUX MOTS
Mercato est une frénétique rencontre de barrage de ligue 2. On se fout légèrement du contexte, mais le scénario du match est tellement improbable et bouillonnant qu’on se prend au jeu.
3
Les avis des autres rédacteurs
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