CRITIQUE | FILM

BANGER : de l’auto-thune Netflix

Critique | Pour son tout premier film, le cinéaste So-Me, également membre du label Ed Banger (comme par hasard), s’associe à Netflix tout en restant fidèle à son univers. DJs ringards, mafieux russes et guests du monde de la musique se croisent dans une ambiance aussi absurde que douloureuse.

SYNOPSIS

Scorpex, ancien prodige des platines et ex-star des festivals électro, voit sa carrière sombrer dans l’oubli. Autrefois acclamé sur les mainstages du monde entier, il enchaîne désormais les bookings has-been et les sets anonymes dans des clubs de seconde zone. Mais tout change le jour où un agent de la DGSI vient frapper à sa porte : l’État veut l’enrôler pour une mission aussi étrange que risquée.

© Banger

Sa cible ? Vestax, un jeune DJ en pleine explosion, aussi charismatique que mystérieux, soupçonné d’utiliser ses tournées mondiales pour couvrir des activités illégales. Pour Scorpex, c’est peut-être l’occasion rêvée de retrouver les projecteurs… à condition de ne pas se faire griller avant le drop final.

NOTRE CRITIQUE

Banger. C’est vraiment le genre de titre qui annonce la couleur. Un peu comme Minecraft, finalement : une sorte de prémonition qui murmure que tout ça va mal finir. Et effectivement, ça finit mal.

En termes de probabilité, le tonnerre ne frappe jamais deux fois au même endroit… Alors on voulait pas y croire. Et pourtant, si : deux bouses interstellaires à quelques jours d’intervalle. Banger est vraiment le genre de film qui fait du mal au cinéma français. Autant de moyens réunis dans un projet dont l’essence même puait la canalisation. On est certainement devant le scénario le plus débile de la décennie. Et même en essayant de prendre l’histoire au centième degré, rien ne passe. Car à la lecture de quelques lignes du projet, on pourrait vite comprendre qu’aucune blague ne fonctionnera. Tout cela a été écrit noir sur blanc, envoyé à des acteurs qui ont dit oui. Envoyé à Netflix qui a dit oui. Ce qui fait vraiment mal avec Banger, c’est qu’il n’y a absolument rien à sauver. Au-delà des séquences censées être comiques, les dialogues sont amorphes, les personnages totalement hors temps. Tout est sur un mauvais tempo. Banger se retrouve coincé entre un DJ ringard (joué par un ringard) et un mafieux russe caricatural, accent à couper au couteau et au prêt à nous sortir qu’il a été formé au KGB. Tous les red flags sont là, bien visibles, rouge vermeil clignotant. C’est la première fois qu’on éprouve de la peine pour les acteurs, pas pour les personnages. Comme voir un collègue embarqué malgré lui dans un projet toxique, porté par un manager incompétent. Et tout ce qu’on peut faire, c’est détourner les yeux..

© Minecraft

Même en essayant de lâcher prise et de considérer Banger comme un ultra nanar, on n’arrive jamais à entrer dans le délire. La faute à une mise en scène terriblement inefficace, sans personnalité, sans ambiance. C’est tellement insipide qu’on croirait presque que tout a été produit à base de fonds verts template, alors qu’il s’agit de vrais décors. Les gens ont peur que l’IA menace les métiers créatifs ? Croyez-nous, ChatGPT ferait un meilleur film que ça. C’est dingue à quel point le film ne transmet aucune émotion, et pas seulement d’un point de vue sensoriel, même l’humour est complètement à côté de la plaque. C’est comme ce DJ des années 80 qui débarque dans la salle et balance du Jul : Dans ma paranoïa. On est dans un autre monde, même pour les standards Netflix. Et pour un film qui se veut centré sur la musique, on s’étonne presque de se sentir dégoûté par chaque note. Les séquences de studio sont interminables, pas drôles et complètement déconnectées de l’intrigue, qui n’existe que grâce à l’apparition soudaine de Laura Felpin dans les plans. Même les bruitages de Banger mettent mal à l’aise. Les blagues ringardes du protagoniste sont souvent accompagnées d’un effet sonore qu’on retrouve dans les animés. Le malaise s’ajoute au malaise, c’est fou. Il est (déjà) temps de lâcher même le cinéma pour se concentrer sur la musique. C’est tellement beauf, ça se voit que ça a été réalisé par un DJ qui porte encore des t-shirts col en V, qui mixe avec sa vodka Red Bull.

Vincent Cassel là dedans, on avait du mal à comprendre. Puis on a réalisé qu’il est pote avec le réalisateur, et qu’il a donc accepté pour son copain. Le reste du casting a suivi, probablement parce qu’ils ont vu Vincent Cassel sur la feuille. Finalement, tout est logique..

EN DEUX MOTS

La fusion parfaite entre le pire du cinéma et un prompt ChatGPT. Si Banger était un DJ dans la vraie vie, ce serait Mickael Vendetta. Une vaste blague qui réussit l’exploit de faire pire que Minecraft… dans la même semaine. Pour y trouver des qualités, il vous faudra des litres de vodka-rebdull.

0,5

Note : 0.5 sur 5.


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