CRITIQUE | FILM

THE AMATEUR : l’amateurisme dans la peau

Critique | La descente aux enfers des blockbusters hollywoodiens continue en 2025 avec la sortie de The Amateur. Il faut dire que les grosses majors ne nous ont pas gâtées et ce n’est pas avec ce long-métrage-ci que cela va s’arranger.

SYNOPSIS

Charles Heller, cryptographe à la CIA, perd sa femme Sarah lors d’une attaque terroriste à Londres. Rapidement, il réalise que ses supérieurs ne prendront aucune mesure en raison de conflits internes. Décidé à venger sa femme, Charles fait pression sur l’agence pour obtenir une formation et la permission de traquer lui-même les responsables de son meurtre.

© The Amateur

The Amateur est un film américain réalisé par James Hawes, sorti en 2025, et adapté du roman éponyme de Robert Littell.

NOTRE CRITIQUE

Véritable série B d’action, The Amateur est sur le papier un thriller efficace plein de promesses. Un pitch alléchant avec un rôle pour lequel Rami Malek était taillé. Depuis Mr. Robot, il incarne à merveille ces nerds introvertis, parfois pour le meilleur, parfois pour le pire. Mais ce qu’on se dit en sortant de la séance d’un long-métrage comme celui-ci, c’est : qu’est-ce que je viens de de voir ?

Le mystère reste entier et il se pourrait même qu’on ne réponde jamais à cette interrogation, tant le film s’est déjà décomposé dans nos têtes. La faute à un rythme catastrophique rendant le temps infiniment long. Le réalisateur James Hawes promet pourtant à son film un décollage d’avion de chasse militaire, mais on se retrouve finalement dans un bus sur une ligne droite interminable. The Amateur fait preuve de fainéantise à tout point de vue et reproduit le même schéma narratif que 90 % des séries B d’action de ces dernières années. En résulte, non seulement un sentiment de lassitude, mais également un moment de cinéma prévisible qui ne fait jamais de vague. Pourtant, avec un casting quatre étoiles, il est étonnant de voir ces acteurs se retrouver dans un tel projet. Rami fait du Malek. Il manque bien trop de consistance pour pouvoir briller à l’écran et renforcer le côté anxieux de son personnage. Le reste des célébrités se contentent d’exister de la plus ridicule des manières. On pense indéniablement à ce pauvre John Bernthal qui, comme le public, ne sait pas ce qu’il fout le dedans, à part se payer deux petites apparitions furtives et lunaires. Comme si le personnage avait une véritable importance dans le récit, mais le budget ne permettait pas d’exploiter le filon.

© The Amateur

Ce manque de développements de personnages devient visible à tous les niveaux, et affecte l’intégralité des protagonistes présents à l’écran. Si bien qu’il est impossible de développer une quelconque empathie pour l’un d’entre eux. Le tout est finalement insignifiant, il se retrouve là… sans être là. Un échec total pour cette espèce de sous actioner movie, qui n’a que la moitié d’une séquence d’action à son actif. Un anti climax de deux heures qui expose encore et encore ses pénibles enjeux et n’essaie jamais de se frayer un chemin dans la mémoire de son spectateur. Heureusement, cet aspect thriller politique tient le bateau un minimum à flot. Car en effet, même si le montage est un foutoir pas possible qui ne sait jamais se détacher de ses séquences inutiles, le long-métrage a quand même la qualité de nous faire voyager aux quatre coins du globe. On aura même l’occasion de voir Rami Malek se balader en survet Adidas sur la canebière à Marseille. Une qualité assez mince que l’on sauve d’un film bien trop convenu et qui n’arrive jamais à faire mouche. 60 millions de dollars de budget pour un film pareil, c’est bien trop cher payé.

Et si c’est pour le cachet des comédiens, on se dit que d’autres moins connus auraient pu faire le même boulot.. C’est regrettable de voir qu’avec un budget similaire, on pouvait à l’époque produire des films d’action B de bien meilleure qualité.

EN DEUX MOTS

Série B balisée et convenue qui peine à se frayer un chemin dans la mémoire de son spectateur. De l’écriture en passant par le montage et les personnages, tout est fait pour que The Amateur soit un anti film d’action par excellence. Au moins, on aura vu Rami Malek en survet’ Adidas sur la canebière à Marseille.

2

Note : 2 sur 5.


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