SYNOPSIS
Eddie Barrish, un jeune voleur de voitures, s’attaque à un véhicule de luxe, mais se retrouve piégé à l’intérieur, pris au piège par William, le propriétaire qui contrôle la voiture à distance. Animé par un désir de vengeance, William entend faire payer Eddie.

Piégé (Locked) est un film américain réalisé par David Yarovesky, sorti en 2025. Il s’agit d’un remake du film argentin 4×4 de Mariano Cohn, sorti en 2019.

NOTRE CRITIQUE
Piégé, c’est aussi la meilleure façon de décrire la situation des spectateurs face au nouveau film de David Yarovesky. L’hameçon du casting a bien fonctionné, on a mordu et on s’est fait attraper comme des bleus.
Car Piégé ne tient quasiment aucune promesse. Même s’il respecte son statut de huis clos, il lui manque définitivement la tension et le suspense pour en faire quelque chose d’appréciable. Ce qu’il n’a pas volé en revanche, c’est toute la débilité de son scénario qui colle avec l’esprit série B et le film à concept, mais ne s’aligne certainement pas avec les intentions du réalisateur. Pour l’épauler, il peut pourtant compter sur Bill Skarsgård et Anthony Hopkins, mais avec Piégé, c’est un peu comme mettre Charles Leclerc au volant d’une Citroën Berlingo. Oui il conduit bien, mais quel est l’intérêt de l’envoyer faire les courses à Leclerc ? –Vous l’avez ? Le réalisateur américain met d’ailleurs le poids du corps sur son discours lutte des classes plutôt que sur l’aspect technique et oppressant de la situation. C’est vraiment le pire choix possible. Le film se résume par la force des choses à balancer des longues joutes verbales (via what’s app) entre l’enfermé et son bourreau. Des confrontations sans saveur, qui finissent par user la patience du spectateur.

Il n’y a même pas de graduation du suspense, tant le protagoniste n’a jamais la capacité de s’échapper. Il subit pendant une heure, tout comme nous subissons ce long-métrage, et avec à peu près autant de douleurs. On atteint avec impatience que Piégé dégaine sa finalité. Et là encore, une vraie déception. On découvre que les motivations du propriétaire de la voiture sont toujours aussi débiles et n’ont absolument aucun putain de sens. On découvre que le cinéaste David Yarovesky n’est pas très inspiré non plus quand il s’agit de filmer une séquence d’action routière digne de ce nom. Et pire, on découvre toute la morale du film, qui est complètement mis à mal. Le protagoniste devient finalement un bon père, qui va chercher sa fille à l’heure après l’école. Comme si prendre un petit coup de taser dans les fesses par un milliardaire américain avait suffi à le remettre dans le droit chemin. Absurde et con jusqu’au bout, même si il y a un petit plaisir coupable à assister à la torture du héros coincé dans son SUV.
EN DEUX MOTS
Un huis clos débile dans la cacamobile d’Anthony Hopkins. La tension et le suspense de Piégé ne passent jamais la deuxième vitesse. Un bon gros thriller poussif et inutile, où même la morale de fin du film laisse perplexe.
2,5
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