SYNOPSIS
Dans un village reculé des Carpates, une jeune fille nommée Yuri a grandi dans la peur des créatures solitaires de la forêt : les Ochis. On lui a toujours interdit de sortir la nuit, par crainte de ces êtres mystérieux. Lorsque un bébé ochi est rejeté par sa meute, Yuri décide de l’aider à retrouver les siens. Pour ce faire, elle devra quitter sa famille.

La Légende d’Ochi (The Legend of Ochi) est un film américain réalisé par Isaiah Saxon, prévu pour 2025. Il sera présenté au festival du film de Sundance 2025.

NOTRE CRITIQUE
A24 a produit des grands films, des chefs d’œuvre même. Mais La Légende D’Ochi ne fait pas partie d’aucunes de ces deux catégories. Il en est même à des années-lumière.
Comme d’habitude avec le studio A24, ils réussissent à emballer ces nouveaux projets dans un écrin marketing qui donne envie. Bande-annonce clinquante, promesses d’évasion, et en l’occurrence pour La Légende de D’Ochi, un récit d’aventures initiatique où une pré-adolescente s’émancipe de son environnement naturel. Sur le papier du réalisateur Isaiah Saxon, le projet a tout du joli film à la Spielberg, façon E.T. l’extra-terrestre. Mais il aurait mieux fait de « téléphone maison d’un bon scénariste » avant de se lancer là-dedans. Car La Légende de D’Ochi est une véritable coquille vide. Sous ses visuels très mignons, se cache une limace molle, fade et assez repoussante –désolé pour les amateurs de gastéropodes. Le genre de bestiole qui intrigue au début, puis qu’on oublie aussi vite après avoir constaté qu’elle ne réagit même pas au petit coup de bâton. Ici, les producteurs misent tout sur le design de leur créature, à mi-chemin entre Baby Yoda et La Planète des Singes. Mais il manque tellement d’alchimie entre l’humain et la créature qu’on se demande où ça va. À part peut-être pour nous vendre quelques peluches en plus.. Car dans La Legende D’Ochi, même la protagoniste principale, Yuri, est complètement aseptisé. Normal, elle est spectatrice de tout, elle ne provoque rien, elle ne dirige aucune action. On se retrouve donc dans une quête certes pleine d’innocence, mais aussi et surtout sans aucune magie.

Une longue histoire d’émancipation, déjà vue mille fois, qui ne prend même pas le temps d’éviter les pièges des étapes redondantes. Les raccourcis scénaristiques qui arrangent bien le réalisateur et qui permettent au plus niais d’entre nous de ne pas trop réfléchir sont légion. Il n’y a que ça. On enchaîne des étapes sans aucun liant, de personnage vide à autre personnage vide. Entre le père déguisé avec son armure médiévale, la mère ermite à la dégaine de sorcière à chats et le jeune garçon Stranger Things qui ne prononce même pas une phrase complète, il n’y a rien à sauver. Ça ne décolle pas, et sans la magie, La Légende D’Ochi ne tient pas sa principale promesse. Même l’humour taquin et ironique des situations, qui sauve souvent ce genre de quête enfantine, est ici réduit à presque zéro. Si les crédits n’avaient pas défilé à la fin, on aurait cru que tout cela était imaginé par une intelligence artificielle. Mais celle en version gratuite, qui ne propose même pas la pleine puissance de son algorithme –passez en version Premium pour un bon film.
Finalement, et malgré les apparences, La Légende de D’Ochi s’adresse aux tout-petits. Sauf que le réalisateur ne s’en est pas rendu compte.. Cette ambiguïté, entre une tentative de réincarner des codes du fantastique mature et un récit candide mal écrit, crée instantanément du trouble. Tout devient excessivement travaillé, surchargé de détails pour rendre ce projet « mignon », mais oublie surtout de le rendre crédible.
EN DEUX MOTS
La Légende D’Ochi est aussi impersonnel que forcé. Une sorte de film généré par Midjourney, qui aurait gagné à épurer ses plans et à rendre plus cohérent son récit. Sauf si l’objectif était uniquement de vendre des peluches.
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