SYNOPSIS
Cécile, enceinte, s’est fait connaître en tant que cheffe cuisinière grâce à sa participation à l’émission Top Chef. Aux côtés de son compagnon, également son second en cuisine, elle prépare l’ouverture d’un restaurant gastronomique. Mais les plans du couple sont bouleversés lorsqu’un infarctus oblige son père à interrompre son activité : Cécile doit alors quitter Paris pour retourner temporairement dans son village natal, où ses parents tiennent un restaurant routier.

Ce retour aux sources la confronte à son passé, notamment à Raphaël, son amour de jeunesse. Partir un jour est un film musical français réalisé et co-écrit par Amélie Bonnin, sorti en 2025. Il s’agit d’une adaptation de son propre court métrage éponyme. Le film est présenté en ouverture du Festival de Cannes 2025, hors compétition.

NOTRE CRITIQUE
Dès son introduction, Partir Un Jour nous emporte dans un tourbillon musical, posant les premiers jalons d’une comédie musicale moderne. Le couple de personnages se lance dans une reprise actualisée de « Alors on danse » de Stromae, adoptant avec naturel les codes du genre. Très vite, une atmosphère de karaoké stylisé s’installe, renforcée par le titre du film et la présence de noms du casting.
On entre alors dans un récit doux et doucement teinté de nostalgie musicale. Pour autant, il ne s’agit pas à proprement parler d’une comédie musicale : le film ponctue simplement son récit de séquences chantées — parfois dansées — comme autant de parenthèses sensibles et poétiques. On reprend volontiers une dose de Bastien Bouillon et de Juliette Armanet, qui incarnent à merveille ce duo d’adolescents de quarante ans, jamais vraiment séparés, juste rattrapés par le temps. Leur alchimie saute aux yeux : elle se tisse de douceur et d’amertume à mesure que l’on s’enfonce dans cette histoire d’amour inavoué. Il y a quelque chose de délicieusement coupable à s’immiscer dans cette connexion timide, qui renaît lentement, portée par la musique. On retient notamment la séquence de la patinoire, sublimée par un flashback bouleversant. Chanter ses regrets, ses blessures, ses souvenirs : c’est tout l’esprit de Partir un jour, et sa plus belle réussite.

Un récit féminin qui suit les pas de Cécile, cheffe cuisinière enceinte, de retour chez ses parents pour leur venir en aide — et qui croise au passage son amour de jeunesse. Oui, on aime la mise en scène d’Amélie Bonnin, qui ne se contente pas de capitaliser sur son duo d’acteurs pour dérouler une intrigue romantique classique. Partir un jour interroge avec finesse l’amour perdu, le deuil de l’enfance, le sens des rêves qu’on poursuit, et le droit de dire non à la maternité — autant de combats intérieurs, menés face à soi-même. Que reste-t-il de la personne que l’on était avant de tout quitter pour la capitale, en laissant ses parents en province ? Autant de questions que le film fait résonner… en chansons. Mais si Juliette Armanet s’en sort avec une grâce naturelle, le reste du casting peine parfois à suivre le rythme, déséquilibrant certaines séquences musicales. On reste donc face à une ambivalence : celle d’un geste de cinéma fort et sensible, légèrement desservi par un chant inégal. Un répertoire musical qui s’accorde parfaitement à l’atmosphère nostalgique du film — un choix loin d’être anodin, mais qui repose presque entièrement sur cette sensibilité. Car Amélie Bonnin interroge aussi les liens familiaux, notamment la relation parent-enfant.
Et même si elle tente de s’éloigner d’un récit trop linéaire par une mise en scène délicate et travaillée, le constat demeure : le film semble s’appuyer davantage sur son ambiance que sur l’évolution de son intrigue, qui tend à se figer au lieu de prolonger ses questionnements. Qu’on soit clair, Partir un jour est une belle ouverture de Cannes : festive, lumineuse et musicale.
EN DEUX MOTS
Une comédie romantique rétro-nostalgique pleine de douceur, portée par la maîtrise de sa mise en scène (séquences musicals) et le charisme magnétique de Juliette Armanet, malgré quelques séquences de chant gênante (on t’aime Bastien, mais pas de The Voice pour toi).
3,5
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