CRITIQUE | SERIE

THE LAST OF US S2 : à la chasse aux cordyceps !

Critique | La tant attendue saison 2 de The Last of us est là, adaptation d’un des meilleurs jeux de tous les temps (en toute objectivité). Et on ne peut pas dire qu’elle ait fait l’unanimité, entre les choix de casting discutables et les partis pris par rapport au jeu. Mais cette adaptation est-elle aussi décevante qu’on le dit ?

SYNOPSIS


Quelques années après les événements de la première saison, Joel et Ellie tentent de reconstruire une vie paisible dans la communauté de Jackson. Mais leur fragile équilibre vole en éclats lorsqu’un acte de violence brutal déclenche une spirale de vengeance et de douleur.

© The Last of Us – Saison 2

Ellie, désormais jeune adulte, se lance dans une quête implacable à travers un monde toujours ravagé par l’infection, poursuivie par la haine, la perte et des vérités déchirantes. En parallèle, une autre voix s’élève : celle d’Abby, une guerrière issue d’un camp rival, dont l’histoire personnelle vient remettre en question les notions de bien et de mal.

NOTRE CRITIQUE

Épargnons-nous tout de suite le suspens : oui, The Last of us saison 2 n’est pas à la hauteur de sa promesse et non ce n’est pas un ratage complet malgré tout. Parlons déjà de ce qui fâche : le casting. En effet, si Pedro Pascal est parfait pour incarner Joël tant sur l’attitude et la psychologie du personnage que sur le plan physique, ce n’est pas le cas pour Bella Ramsey qui interprète Ellie.

L’actrice manque cruellement de variété dans son jeu et ne parvient pas toujours à dégager les diverses facettes du personnage. Si la Ellie du jeu est une garçon-manquée butée et fière, elle est aussi attachante et charismatique, ce n’est absolument pas le cas de celle de la série. Cette dernière est une morveuse arrogante, tête brûlée et immature qui parce qu’elle est immunisée met bêtement en danger ses proches. Il est donc impossible de s’attacher à elle.. Le seul véritable point positif se trouve dans la relation qu’elle entretient avec Joël à l’écran, portée par de nombreuses scènes d’intimité et de complicité qui rappellent les dynamiques d’une famille recomposée père-fille. On retrouve également beaucoup de parallèles dans les choix narratifs qu’Ellie est amenée à faire, en miroir de ceux de Joël dans la première saison et dans le premier jeu. Pour autant, le traitement de personnage le plus catastrophique reste celui d’Abby, interprété par Kaitlyn Dever. Même sans directement se comparer au jeu, son rôle de leader ne tient à aucun moment la route. On ne comprend pas pourquoi son groupe risque autant pour elle, tant elle a le charisme d’une huître et ne dégage aucune autorité. Où est passée l’antagoniste implacable et cruelle ? Celle dont la silhouette athlétique est sculptée par une haine viscérale envers Joël. Dans cette saison 2, on ne croit pas une seconde à ce personnage qui est censé avoir effectué deux longues années de traque acharnée pour assouvir sa vengeance. La dualité Ellie/Abby, si centrale dans le jeu, s’efface au profit d’un récit centré sur deux gamines bornées et fragiles. Toutes deux assez insupportables, très égoïstes et sans charisme.

© The Last of Us – Saison 2

Alors oui, une série ne peut pas offrir le même niveau d’immersion qu’un jeu vidéo. Mais cela n’empêche pas de s’écarter du produit originel pour en révéler un autre potentiel. Dans The Last Of Us sur Prime Vidéo, l’esthétique est trop proche du jeu et aurait gagné à jouer sur un étalonnage plus sombre ou à ajouter des musiques propres à la série. Prendre des risque sur la réalisation également, plus de mouvement de caméra, plus de partis pris de mise en scène.. En cela, la série reste vraiment trop timide. Par contre, le travail des décors est sublime et les références aux jeux sont très bonnes, utilisant par exemple beaucoup de symboles issus du jeu vidéo, mais cela ne suffit pas à sauver un manque de rythme assez flagrant par moment. Car parmi les épisodes les plus réussis, on retient le deuxième, réalisé par Mark Mylod (connu pour Game of Thrones et Succession), qui propose une impressionnante scène de bataille et amorce un tournant majeur dans l’intrigue. L’épisode 6 se démarque également, en mettant en lumière des moments clés du jeu, notamment la force des rapports affectifs entre Ellie et Joël. La série prend aussi le temps d’explorer la vie au sein de la communauté de Jackson. Pour mieux comprendre l’organisation stratégique qui leur a permis d’être l’une des rares zones préservées de l’apocalypse. Cet aspect traité avec beaucoup de réalisme perme aussi de palier à un manque dans le jeu vidéo. Il amène tout l’aspect humain et social qui résonne avec l’omniprésence de la nature reprenant ses droits. Bref, tout le lore de l’univers The Last of us.

Au final, The Last Of Us saison 2 n’est pas complètement raté sur tous les plans, mais des choix de casting contestables et un jeu d’acteur souvent maladroit nuisent considérablement à sa qualité. C’est dur à digérer vu la richesse de l’univers et du jeu d’origine, on comprend que les spectateurs en ressortent frustrés..

À retrouver sur Prime Video

EN DEUX MOTS

Une deuxième saison inégale, qui peine à trouver son équilibre par rapport au médium. Certains choix de casting enlèvent toute crédibilité à l’histoire, et malgré une excellente direction artistique ou encore beaucoup de références au jeu, on sort du visionnage assez mitigé.

3

Note : 3 sur 5.


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