CRITIQUE | FILM

DRAGONS : du plomb dans l’aile

Critique | Saga culte des adulescents, Dragons débarque enfin en live-action au cinéma. Évidemment, on plaisante, personne ne l’avait demandé. Et à juste titre, quand on voit le désastre de ce nouveau volet sur grand écran…

SYNOPSIS

Sur l’île montagneuse et isolée de Berk, un territoire rude balayé par les vents du nord, une lutte ancestrale oppose les Vikings aux dragons, créatures redoutées et combattues depuis des siècles. Dans cette société où la bravoure se mesure à la capacité de tuer un dragon, Harold, un adolescent vif d’esprit mais maladroit, peine à trouver sa place. Fils unique du redoutable chef Stoïck la Brute, il ne partage ni la force physique ni le tempérament guerrier de son père, ce qui le rend souvent la cible de moqueries et de déception.

© Dragons

Mais tout change le jour où Harold rencontre Krokmou, un Furie Nocturne aussi rare que dangereux, qu’il parvient à blesser puis à retrouver, seul et vulnérable. Plutôt que de l’achever comme le voudrait la tradition, Harold choisit de l’épargner.

NOTRE CRITIQUE

« – Maman, j’aimerais aller voir le live-action de Dragons au cinéma.
– Mais Aurélien, tu as 31 ans. »
Voilà, à peu de choses près, le genre de discussion qui précède l’achat d’un billet pour ce nouveau live-action DreamWorks parfaitement inutile. Encore un raté, certes, mais celui-là fait plus fort que les autres.

Parce que certains d’entre eux, comme La Petite Sirène ou même Blanche Neige plus récemment, tentaient une réinterprétation de l’œuvre originale. Vraiment timidement, on l’avoue, mais comparé à Dragons, c’est un océan de créativité qui les sépare. Car l’adaptation du film aux dragons cracheurs de feu n’a strictement rien à revendiquer sur le plan artistique. À la limite, on pourrait parler d’un simple copier-coller. La majorité des scènes du premier film d’animation sont reprises presque à l’identique, dans un live-action fainéant comme pas possible. Le degré zéro du cinéma, voir pire. Car ce qui passait (plus ou moins) dans l’animation avec son côté enfantin, ludique et ses visuels ronds, devient ici presque.. embarrassant. À l’époque, on pouvait encore se laisser attendrir devant la bouille de Krokmou et faire semblant de croire à cette histoire. Mais là, avec de vrais humains, et surtout des vrais mauvais acteurs… ça devient très compliqué. D’ailleurs, est-ce qu’on a déjà vu Nico Parker bien jouer quelque part ? (La réponse est non). Et on ne parle même pas de la coupe de cheveux criminelle d’Harold.

© Dragons

Toute cette histoire de bébé est dévitalisée de son propos en le transposant en live-action finalement. Les personnages n’ont pas été retravaillés pour mieux s’intégrer à ce nouveau format, et ça qui donne lieu à des ruptures de ton totalement incompréhensibles. Entre le très sérieux papa toxique et l’insouciance presque suffisante d’Harold, difficile de savoir sur quel pied danser. Et encore plus difficile d’y croire, ne serait-ce qu’un instant. En plus, on repasse encore et encore par les mêmes étapes d’entraînement, qui nous lassaient déjà dans la version animation. Et tout ça pour déboucher sur un final qui, heureusement, relève un peu le niveau visuellement. Force est de constater d’ailleurs que les dragons sont plutôt bien modélisés. C’est d’ailleurs étrange, ils savent créer de belles créatures numériques, mais ils sont incapables de filmer correctement une scène aérienne sur leur dos d’un dragon.. La faute, entre autres, à un montage découpé à la hache, qui nous colle le museau de Krokmou en gros plan et nous prive de toute lisibilité. Bref, on voit que dalle. Heureusement, la bande-son de John Powell sauve toujours les meubles, et apporte quelques notes de nostalgie bienvenues.

Autrement, Dragons ne propose rien de neuf. Il surfe paresseusement sur la hype de l’original, en espérant relancer la machine à billets. Une déception d’autant plus grande quand on sait que Dean DeBlois est derrière la caméra, lui qui a autrefois réalisé Lilo & Stitch (le film d’animation, pas le live action.. on n’est pas fou !!!).

EN DEUX MOTS

Un film taillé pour les adulescents nostalgiques de l’animation. Pour les autres, c’est aussi moche qu’idiot, ou que mal joué, ou que mal monté… (la blague fonctionne avec tout). Dragons est déjà l’un des live-action les plus paresseux de ces dernières années, fallait quand même le faire vu le niveau.

1,5

Note : 1.5 sur 5.


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