SYNOPSIS
Dans un futur ravagé par un virus qui a transformé le Royaume-Uni en no man’s land, une communauté insulaire tente de survivre, coupée du monde et des horreurs du passé. Spike, un jeune garçon curieux et rebelle, part pour la première fois sur le continent avec son père, mais ce qu’il découvre va bouleverser son existence et raviver de sombres souvenirs liés à un mystérieux survivant nommé Jimmy.

Alors que l’adolescent cherche désespérément à sauver sa mère malade, il croise la route d’un médecin énigmatique, d’un soldat brisé, et d’un Alpha terrifiant aux capacités inédites. Au cœur de ruines hantées, de feux lointains et de rituels macabres, Spike se heurte à une vérité bien plus dérangeante : certaines choses ne meurent jamais vraiment.

NOTRE CRITIQUE
Un peu moins de vingt ans plus tard, Danny Boyle et Alex Garland reviennent sur le devant de la scène après avoir exercé en solo dans leurs carrières respectives. Et quel retour avec 28 Ans Plus Tard qui se déroule bien dans le même univers des deux précédents films, à ceci près qu’il prend une tournure inattendue et décalée de ce que les fans de la saga pouvaient s’imaginer..
Alors que le second opus s’achevait sur une vision glaçante d’un Paris envahi par les infectés, on pouvait s’attendre à ce que 28 Ans Plus Tard prenne un tournant survival mondial, où tout est encore et toujours plus grand. Il n’en est rien. Ce troisième film, contre toute attente, retrouve l’intimité d’un premier volet. Danny Boyle et Alex Garland proposent un survival assez unique en son genre, dans une période où tous les produits de cinéma semblent être identiques et polissés. On sait Danny Boyle joueur, enfant terrible, cassant les codes et cherchant constamment à expérimenter. Que ce soit au niveau de l’écriture comme de la technique de réalisation. Son choix à l’époque de filmer 28 Jours Plus Tard en vieille caméra DV relevait déjà d’un geste risqué et audacieux, qui forme au fil du temps, et surtout à l’heure des télévisions 4K, une belle anomalie de cinéma. Il revient une nouvelle fois pour expérimenter et propose en grande partie de filmer son univers avec un Iphone. Reprenant d’ailleurs une approche déjà explorée par Steven Soderbergh dans Paranoïa, mais portée à une toute autre échelle de production. En partie pour cette raison, 28 Ans Plus Tard est une réussite à tous les niveaux, et fait un bien fou en ces temps cinématographiques lugubres. Ce troisième long-métrage s’offre même le luxe de devenir le meilleur de la trilogie débutée en 2002. De son travail de la photographie avec une palette de couleurs hallucinante, en passant par le rythme effréné où fusent une idée à la seconde, et tout un carnet de personnages assez unique, pratiquement tout fait mouche ici. Les deux cinéaste ont réussi à mélanger leurs univers respectifs, et cela donne vie à un véritable ovni de cinéma zombiesque, décomplexé, violent, sanglant, noir et grandement jouissif.

Résultat : des séquences de haute tension magnifiquement éclairées. Notamment lors de la première partie, avec des moments de cinéma assourdissants et dégoutants, virant parfois vers le punk. Danny Boyle, Alex Garland et l’équipe se permettent tout, pour y faire renaître un univers d’anticipation plus impressionnant et immersif que les deux précédents projets. Le monde proposé par le cinéaste est d’ailleurs extrêmement dérangeant, malgré sa petite échelle. Cadre assez restreint, décors réels composé à 80 % de forêt, quand ce n’est pas un temple d’os humains.. On y trouve aussi une bande originale anxiogène (on ne se remet pas de la reprise du poème « Boots » parfaitement utilisé), et des effets visuels pratiques jubilatoires. Surtout quand on se rappelle des dernières production où tous les moments sanglants n’étaient que purs CGI foireux. 28 Ans Plus Tard ose même reléguer son casting de luxe au second plan pour mettre en avant ce qui s’apparente comme le personnage central de l’histoire : le jeune Spike incarné par Alfie Williams. Son tout premier grand rôle au cinéma. Excellente performance pour le jeune comédien qui vole la vedette à des noms plus installés comme celui d’Aaron Taylor Johnson, Jodie Comer ou encore Ralph Fiennes. Trois personnages qui manquent tout de même de consistance et de temps de présence à l’écran. Un problème pour Jodie Comer qui n’a pas grand-chose à manger, ou alors simple frustration quand on connaît le talent de l’actrice.. Néanmoins, et même si Aaron Taylor Johnson est convaincant, celui qui tire son épingle du jeu, c’est une fois de plus ce bon vieux Ralph Fiennes. Il a décidé de devenir complètement taré cette semaine, après son retour sur Ithaque dans le rôle d’Ulysse.
Définitivement, 28 Ans Plus Tard sonne comme une anomalie dans le paysage cinématographique contemporain. Un blockbuster horrifique fait avec le cœur et avec le savoir d’une équipe d’artisan décidée à proposer quelque chose de neuf dans ce surplus de franchises à studios. Un coup de pied dans la fourmilière, et on l’espère, un succès qui pourrait donner plus de courage aux producteurs hollywoodiens à l’avenir.
EN DEUX MOTS
28 Ans Plus Tard n’hésite jamais à oser le tout pour le tout, quitte à se mettre son public à dos. Une expérience de cinéma jouissive sous haute tension et une expérimentation du genre qui fait un bien fou en cette période hollywoodienne bien trop bridée.
4,5
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