SYNOPSIS
Emporté dans une course effrénée vers le succès, un comédien, une fois couronné d’un César, tourne le dos à ses amis les plus proches, devient insupportable et se fait larguer par sa petite amie. Se retrouvant seul face à lui-même, il s’imagine en condor et entame une quête spirituelle : direction le Pérou. Et oui, on parle bien en partie de Raphael Quenard.

I Love Peru est un documentaire français co-écrit et réalisé par Raphaël Quenard et Hugo David, sorti en 2025. Le film est présenté au Festival de Cannes 2025 dans la section Cannes Classics.

NOTRE CRITIQUE
Qui aurait pu s’attendre à ce demi-biopic sur Raphaël Quenard ? Ce n’est pas comme si on le voyait partout, tout le temps depuis 2020, mais Hugo David voulait a priori en remettre une couche.. Pour l’occasion, le jeune réalisateur se lance dans une exploration, pas sans humour, de son amitié à la fois particulière et torturée avec l’acteur français du moment. Un pari risqué, voire un peu bancal, mais qui a tout de même la caution Festival de Cannes 2025 (dans la catégorie Cannes Classics).
À peine le film démarré, on sent déjà les limites du projet (trop) expérimental. Ça partait sûrement d’une petite vanne entre les deux d’ailleurs : et si on faisait un film sur toi, commenté par moi. Sauf que la vague Raphaël Quenard emporte tout sur son passage. Il est omniprésent, presque inéluctable comme Thanos. Et retranscrire ça dans un film, ça devient un chouille étouffant comme idée. On ne s’est pas trompé.. Car I Love Peru emprunte un chemin périlleux, où les bonnes idées de sketch se font beaucoup plus rares que les détours sinueux vers le mauvais goût. Si on avait le choix, on préférerait faire demi-tour dans ce road trip censé être une aventure cathartique, mais qui vire rapidement au trajet « gênant », presque trop dans l’autosuffisance pour y être du second degré efficace.. Dès les premières minutes, on sent que le film va avoir besoin d’un grand Quenard pour le porter. Lui aussi semble le ressentir. Du coup, il en fait des caisses pour meubler, et les dialogues deviennent de plus en plus alambiqués, comme si l’objectif était absolument d’atteindre le rire aux éclats, sans se soucier d’une bonne narration. Un surdosage d’efforts pour façonner un personnage qui, au final, n’a presque rien à voir avec ce qu’il est censé être. Raphaël Quenard incarne un type qui ressemble vaguement à Raphaël Quenard, sans jamais vraiment l’être. On a l’impression qu’il est plus Raphaël Quenard dans ses autres films que dans celui-ci. Une sorte d’inception de Quenard. Et c’est là qu’il manque vraiment d’un point de vue pour nous embarquer. Tout semble tellement aléatoire dans I Love Peru que ça en devient tristement bordélique.

Pourtant, ce nouveau long-métrage bien français s’aventure parfois sur un terrain pertinent. Celui d’un acteur en quête constante d’attention, toujours besoin que la caméra ou les projecteurs soient braqués sur lui. Un point de vue intéressant qui interroge la starification et son mal qui impactent autant le spectateur que l’artiste. Hugo David y livre une part de lui-même presque fanatique, où l’acteur exerce déjà un pouvoir d’attraction et de contrôle total sur ses décisions. Il séduit, mais on ne sait jamais vraiment si cela bascule ou non dans une relation toxique pour le narrateur. C’est là que I Love Peru est un peu trop timoré. Car plus on avance, plus le récit se montre complaisant avec l’acteur, notamment en s’attardant sur une dimension amoureuse qui n’intéresse finalement personne, et en multipliant les séquences de fragilité ponctuées de violons insupportablement appuyés. Au final, Raphaël Quenard (le vrai) se débat, et finit par se parodier lui-même. Le tout emballé dans une réalisation trop maniérée où les plans de vol d’oiseau à la première personne ne méritent même pas leur place sur YouTube. Évidemment, le décalage avec le reste du monde est au cœur du projet, mais la manière dont cela est traité est tellement aléatoire qu’on ne croit plus en rien tout au long du film. Et quand le juste milieu parfait n’est pas trouvé dans ce genre de « making-of-fiction » (combiné à la narration monocorde de la voix off de Hugo David), on souffle assez rapidement de fatigue..
EN DEUX MOTS
Beaucoup de malaises pour un Raphaël Quenard show forcé.. I Love Peru souffre surtout d’un manque de maîtrise et de conviction, laissant le spectateur sur sa réserve après des séquences humoristiques qui reposent presque exclusivement sur la provocation flegmatique de l’acteur. Il ne suffit pas de 500 heures de rush de Raphaël Quenard pour faire un vrai bon film..
2,5
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