CRITIQUE | FILM FESTIVAL DE CANNES

DANGEROUS ANIMALS : psychose au large

Critique | Après avoir rafraîchi les plus belles plages de la Croisette pour la Quinzaine des cinéastes au Festival de Cannes 2025, le nouveau film de Sean Byrne débarque enfin dans nos salles. Un survival haletant aux allures de grand spectacle aquatique, idéal pour donner un coup de frais à notre été cinéma.

SYNOPSIS

Alors qu’elle entame une histoire d’amour avec Moses, la surfeuse aguerrie Zephyr est enlevée par Tucker, un tueur en série obsédé par les requins. Retenue prisonnière sur le bateau de son ravisseur, la jeune femme va devoir lutter pour sa survie face à de redoutables prédateurs.

© Dangerous Animals

Dangerous Animals est un thriller australo-américain réalisé par Sean Byrne, dont la sortie est prévue en juillet 2025 en France. Le film est présenté dans le cadre de la Quinzaine des cinéastes au Festival de Cannes 2025.

NOTRE CRITIQUE

Distribué par The Jokers Films en France et surtout réalisé par Sean Byrne (à qui l’on doit le petit chef-d’œuvre The Loved Ones), ce nouveau long-métrage a tout pour plaire à un large public sur le papier.

Ultra accessible et porté par une vraie envie de flirter avec les codes du cinéma de genre, Dangerous Animals adopte les codes de la série B, mais en gommant aussi ses excès pour mieux ratisser large. Sauf qu’on ne peut pas adopter ce genre en particulier sans l’assumer pleinement, et Sean Byrne le sait mieux que nous quand on regarde sa filmographie.. On se retrouve donc face à un film certainement construit sur le compromis, où certains aspects semblent avoir été lissés pour élargir son potentiel commercial, et c’est forcément frustrant, surtout quand on reconnaît le potentiel du projet et le pedigree de l’homme derrière la caméra. Comme si le cinéaste australien retenait ses coups, reniant en partie la patte radicale qui faisait sa force en 2009. Et en réalité, c’est normal, car pour une fois, le cinéaste n’est pas à l’origine du scénario.. Pour autant, Dangerous Animals reste un bon divertissement de tension, génialement récréatif, où les clichés sont enfermés dans une cage sous-marine pour se faire dévorer. C’est fun, tendu, et surtout très satisfaisant pour les néophytes de survival..

© Dangerous Animals

Pour un survival, ça manque un peu de requin.. Mais le réalisateur préfère braquer sa caméra sur le véritable prédateur de l’histoire : Tucker, incarné avec folie par Jai Courtney. Une pirouette habile, qui lui permet de recentrer la tension sur un duel psychologique, dans un huis clos marin assez étouffant. Dangerous Animals y porte les traits du thriller moderne à la structure cependant bien commune. Mais Sean Byrne ne se contente pas de réciter la leçon : il ajoute un regard contemporain, notamment grâce à son personnage féminin. La blonde surfeuse (incarnée à l’écran par Hassie Harrison) piégée par le grand prédateur se révèle rapidement être une vraie « fighteuse ». Et ce n’est pas l’adversité qui la transforme : elle est déjà affirmée, indépendante, sans besoin d’une figure masculin pour la sauver ou même pour l’accompagner dans sa vie. En cela, Dangerous Animals déjoue les attentes habituellement associées à ce type de film, souvent considéré comme narrativement léger, tout en livrant ce qu’on espérait quand même en tant que kiffeur : de la tension, de la vengeance, et le plaisir simple et jubilatoire de quelques moments au style série B. Et comment bouder son plaisir quand Zephyr ponctue la séquence finale au harpon avec : « Ouby Dooby, motherfucker« .

EN DEUX MOTS

Dangerous Animals manque légèrement de mordant, et sous sa carapace de survival marin, c’est plutôt un thriller à haute tension qui nage en surface. Presque trop soft, presque pas assez série B.. Mais des requins affamés, un psychopathe à la dérive et des surfeurs en eaux troubles, ça fonctionne toujours un peu..

3,5

Note : 3.5 sur 5.


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