CRITIQUE | FILM

NIGHT ALWAYS COMES : nuit à vite oublier

Critique | Netflix mise sur un thriller nocturne à Portland pour clore son été. Night Always Comes, réalisé par Benjamin Caron, promet un casting alléchant et des péripéties sinueuses, mais le résultat est finalement très décevant (même pour Netflix).

SYNOPSIS


À Portland, Lynette jongle entre de multiples emplois, dont celui d’escorte, pour tenter de sauver la maison de son enfance où vivent encore sa mère Doreen et son frère Kenny, atteint de trisomie 21. Mais le jour où tout doit se jouer, une événement met en péril leurs chances de conserver le foyer familial.

© Night Always Comes

Prise dans une spirale de décisions désespérées, Lynette s’enfonce dans une série de rencontres dangereuses, entre dettes, trahisons et règlements de comptes. Plus elle lutte pour protéger ce qu’il lui reste, plus son monde menace de s’effondrer. Au cœur de la nuit, alors que les liens familiaux se déchirent, Lynette devra choisir jusqu’où elle est prête à aller pour sauver son frère… et se sauver elle-même.

NOTRE CRITIQUE

Vanessa Kirby doit une nouvelle fois sauver sa petite famille, mais sans les super-pouvoirs d’invisibilité ou de champs de forces comme dans Les 4 Fantastiques. Dans Night Always Comes, les choses sont légèrement plus complexes : elle va lutter désespérément jusqu’au lever du jour pour redresser la situation financière de son foyer… tandis que nous, spectateurs, on va lutter pour ne pas nous endormir.

Parce que c’est vrai, le nouveau film de Benjamin Caron manque cruellement d’intensité narrative pour un thriller qu’on nous vendait comme « électrique » et tendu. Sur le papier, on s’attendait à une spirale infernale, coincée entre la crise du logement aux États-Unis et le passé déchiré d’une jeune femme confrontée aux bas-fonds les plus sombres de sa ville. C’est en tout cas ce que promet l’introduction, qui passe rapidement la seconde et réussit de manière efficace et simple à présenter ces protagonistes. Les enjeux sont vite posés, on voit la direction et on se dit : c’est bon, maintenant on passe à l’action ! Sauf que non. Là où l’on espérait être asphyxiés, à l’image d’un excellent thriller du genre comme La Nuit Se Traîne (2023), Night Always Comes préfère enchaîner de petites péripéties sans grande valeur, toutes déjà vues et prévisibles. Les Belges savent mieux faire que les Américains dans ce registre finalement. Mommy issues, meetings avec des dealers, dettes qui s’empilent… Tout y passe, mais sans surprise. Au lieu d’une nuit haletante, on rompiche comme si on avait pris un somnifère juste avant le film.

© Night Always Comes

Heureusement, le récit touche quelques nerfs quand il plonge au plus profond de cette ville consumée par le vice, la corruption, la drogue.. Et surtout quand il explore le passé chaotique de Lynette. Même si la forme reste inégale, on se retrouve immergé dans une atmosphère désagréable, presque gothamienne, où la précarité et les perversions détruisent des vies et s’accrochent aux personnages, malgré tous leurs efforts pour s’en sortir. Night Always Comes imprègne son récit de fatalisme, et cela fonctionne avec cette course-poursuite nocturne où l’on devine dès le départ que ça va mal finir dans tous les cas. D’autant que le casting Netflix est assez monstrueux pour un petit film sans grande promotion : Vanessa Kirby, Eli Roth, Jennifer Jason Leigh ou encore Michael Kelly. Mais aucun n’aura vraiment la chance d’exploiter pleinement son potentiel. Que ce soit eux ou un autre acteur, l’effet somnifère aurait été le même.

Le film sombre alors petit à petit dans l’indifférence, accompagné par une mise en scène lourde qui empile le drama sur le drama. Pourtant, le réalisateur Benjamin Caron réussit à boucler son histoire avec un soupçon de sincérité. Le personnage principal finit par tomber, abandonner les armes, comme à moitié mort, ou comme à moitié en repos bien mérité, malgré le choc familial qui s’associe à cet épilogue.

A retrouver sur Netflix.

EN DEUX MOTS

Night Always Comes n’arrive jamais vraiment à passer la vitesse supérieure dans cette spirale nocturne assez banale. C’est presque honteux de mobiliser autant de bons acteurs pour si peu de cinéma à l’écran.

2,5

Note : 2.5 sur 5.


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