CRITIQUE | FILM

LE CHANT DES FORETS : Vincent Munier l’a encore fait

Critique | Alors que les fêtes viennent de se conclure, que l’année 2026 débute et que les salles de cinéma françaises battent des records, un petit film arrive à tirer son épingle du jeu face aux mastodontes de studios (Avatar 3, Zootopie 2 ou encore La Femme de Ménage). C’est Le chant des Forêts, et ça vaut le coup !

SYNOPSIS

Après La Panthère des neiges, Vincent Munier nous emmène au cœur des forêts vosgiennes. C’est dans ces paysages qu’il a forgé son regard, aux côtés de son père Michel, naturaliste passionné qui a consacré sa vie à l’observation patiente du vivant.

© Le Chant des Forêts

Aujourd’hui, le temps est venu de transmettre cet héritage à Simon, le fils de Vincent. Trois regards, trois générations, un même émerveillement face à la vie sauvage. Ensemble, nous croiserons cerfs, renards, oiseaux rares et lynx… et peut-être, au détour d’un silence, le battement d’ailes d’un animal mythique : le Grand Tétras.

NOTRE CRITIQUE

Le Chant Des Forêts, nouveau film de Vincent Munier après le bijou La Panthère des Neiges, ramène plusieurs générations de spectateurs devant les toiles blanches des salles de cinéma. Mais que vaut ce petit phénomène ?

Le Chant Des Forêts est un magnifique moment de cinéma suspendu dans le temps. Une ode à la nature, au temps qui passe et avant tout un appel à la transmission. La véritable thématique du film sonnant comme fédératrice parmi les autres abordées tout au long de cette heure et demie de bulle sensorielle, qui donne l’envie de ne plus bouger de son fauteuil, quitte à demander une heure de plus. La Panthère Des Neiges avait, déjà à l’époque, déplacé les foules grâce au remarquable bouche à oreille pendant les fêtes de l’année 2021. L’épopée où l’on suivait Vincent Munier, mais également Sylvain Tesson, avait réussi son pari et faisait office de moment d’évasion. Impossible de ne pas comprendre le succès de ce nouveau long-métrage documentaire qui, bien que plus intimiste et moins spectaculaire dans le voyage qu’il propose, réussit à agir comme une véritable thérapie pour le spectateur.

© Le Chant des Forêts

Dès les premières images, on sait que Le Chant Des Forêts est un film de photographe. Images sensationnelles, parfaitement retouchées pour certaines, qui en mettent plein la vue quand il s’agit de capturer via un objectif tout un tas d’évènements naturels saisissants. Les plans larges au travers d’un lac embrumé traversé par des cervidés restent durablement gravés dans l’esprit. Un travail d’orfèvre, résultat d’une patience sans faille et d’une abnégation peu commune. Ces images gagnent en puissance quand on mesure la résonance intime qu’elles ont pour cette famille, qui voit dans la forêt un espace de transmission intergénérationnelle, où la vie trouve toujours son chemin (cf Jeff Goldblum dans Jurassic Park). Jamais la forêt des Vosges n’a paru aussi belle que sous la caméra de Vincent Munier, portée par les textes empreints de poésie de son père et sous les yeux ébahis de son fils. Du chant des forêts découle un travail de transmission touchant et vraisemblablement inspirant pour toute personne un minimum sensible aux sujets. Force est de constater que ce pari fonctionne bel et bien, comme en témoignent les différentes tranches d’âges présentes en salles. Le documentaire de Vincent Munier frappe fort, résonne dans tous les esprits tout en restant accessible, et surtout consciencieux.

Un appel à l’aventure et à l’humilité. La captation d’animaux sauvages est sensationnelle, apaisante et d’une plaisante spontanéité, malgré les heures de patience dans le froid norvégien que l’on imagine. Un voyage moins percutant que La Panthère des Neiges, mais tout aussi nécessaire et porteur d’espoir. Et puis il y a des chouettes et ici on aime bien les chouettes.

EN DEUX MOTS

D’une splendeur visuelle à tomber par terre et d’une poésie saisissante, le nouveau film de Vincent Munier nous offre un voyage paisible au cœur d’une bulle temporelle où le message de transmission est le personnage central. Un magnifique film documentaire tout comme l’était son précédent.

4,5

Note : 4.5 sur 5.


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