SYNOPSIS
Togashi est un sprinteur né, persuadé que le talent pur est invincible. Sa vision du monde bascule lorsqu’il commence à entraîner Komazawa, un adolescent sans don particulier mais d’une détermination effrayante.

Alors que l’écart se réduit entre le prodige et l’élève acharné, une rivalité psychologique brutale s’installe. Sur la piste, les deux athlètes s’affrontent pour prouver si le génie naturel peut survivre face à la force de la volonté. Un duel intense de 10 secondes où chaque foulée devient une question de vie ou de mort.

NOTRE CRITIQUE
Une dizaine de coureurs, cent mètres de piste et une infinité de raisons de se dépasser. Voilà la promesse de 100M, l’adaptation animée du manga de Uoto, disponible depuis les premiers jours de 2026 sur Netflix.
Il faut dire que l’animation japonaise a le vent en poupe depuis l’année dernière. Avec en pole position, Chainsaw Man, qui a su combler aussi bien les fans de la première heure que les néophytes en quête de découverte. Donc au cinéma, ça vaut le coup, mais pouvait-on espérer un résultat similaire sur Netflix, confortablement installé devant sa petite télévision ? Eh bien 100M déjoue tous les pronostics. Là où l’animation japonaise adore styliser l’effort à grand renfort d’effets visuels épiques et de rebondissements dramatiques, ce projet prend le contre-pied total. Exit les runs ultra-héroïques : ici, le film s’intéresse à la face cachée des athlètes. De l’insouciance de l’enfance aux premiers pas sur la piste, jusqu’aux déboires et aux questionnements d’un sportif sur plusieurs années pour seulement dix secondes de course. Et c’est là où 100M prend tout son sens. En choisissant ce sport si particulier, par nature éphémère et éclair, l’animé dresse le portrait de sportifs brisés par le temps. Une introspection que l’on ne retrouve quasiment jamais dans le genre. Et sur toute la durée du film, on compte à peine dix minutes de compétition. Le reste du temps est consacré à de longues tirades et aux confrontations psychologiques entre les protagonistes.

Mais c’est aussi là que 100M trouve ses limites. Très bavard, le film peine à trouver le juste équilibre. Il introduit des personnages pour les laisser aussitôt de côté ou en présenter de nouveaux sans toujours approfondir les enjeux. 100M est un peu brouillon et a vraiment du mal à trouver son identité visuelle. Les plans de dialogues sont assez pauvres et ennuyeux, même si le réalisateur a des éclairs de génie lors des moments clés pour clore ses chapitres importants.. On pense à cette séquence finale sous la pluie, où les précipitations finissent par obstruer totalement la vision du coureur et du spectateur. C’est génial et ça fait un peu regretter la diffusion sur grand écran.. Autrement, 100M offre une vraie alternative à tous ces récits sportifs, traitant autrement le sujet, avec un flegme relatif aux personnages. Loin des clichés habituels de gloire, d’argent ou de trophées. Ici, on cherche le record, marquer l’histoire de son pays, la reconnaissance ou même l’acceptation de soi. Donc malgré ses quelques longueurs, 100M reste une œuvre généreuse qui a surtout énormément à offrir sur le plan narratif.
A retrouver sur Netflix
EN DEUX MOTS
10 secondes de course, 1h47 de récit. Avec son pas de côté narratif et son traitement intimiste, 100M transforme l’essai et raconte avec brio une certaine philosophie du sport au Japon.
3,5
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