SYNOPSIS
Shaï et Djeneba, amies depuis l’enfance, ont toutes deux 20 ans. Durant l’été, elles travaillent comme animatrices dans une colonie de vacances et accompagnent dans la Drôme un groupe d’enfants qui, comme elles, ont grandi au pied des tours de la Place des Fêtes à Paris. À l’orée de l’âge adulte, elles se retrouvent face à des choix déterminants qui les obligeront à repenser leur avenir et à redéfinir leur amitié. Ma frère est une comédie française réalisée par Lise Akoka et Romane Guéret, sortie en 2025.


NOTRE CRITIQUE
Ma Frère s’ouvre sur deux personnages féminins, dans une banlieue, où l’on découvre dès les premiers instants leurs problèmes familiaux respectifs. Comme pour annoncer la couleur ou donner le ton, et surtout rappeler la thématique fétiche des réalisatrices : les paradoxes du passage à l’âge adulte. Lise Akoka et Romane Guéret mettent directement les pieds dans le plat, et c’est déjà ce qu’on aiment chez elle, un cinéma qui va droit au but et n’arrondis aucun angle.
Car, quand on connait un peu leur travail, on sait d’ores et déjà que le film va prendre une tournure plus inattendue et choisir un angle précis pour explorer ces thématiques. C’est à travers le regard des enfants, pendant une escapade dans la Drôme, que Shaï et Djeneba ne vont pas simplement se retrouver, mais surtout se libérer. Dès le début du film, on comprend que ces protagonistes portent tout un tas de blocages familiaux. L’une, vis-à-vis de sa mère et d’un sentiment d’abandon -c’est pas qu’un sentiment d’ailleurs. L’autre, face à des restrictions de liberté et au contrôle de sa vie sentimentale. Mais le film aborde ces sujets avec véracité, loin des clichés qui fascinent les fétichistes du genre. Les relations amoureuses de Shaï sont surveillées, mais elle reste une jeune pétillante, impertinente et pleine de répartie, même face à sa mère. Djeneba s’occupe de son demi-frère, mais poursuit ses études et mise sur un CDI en colonie de vacances pour s’émanciper –ou fuir. Tout est fait pour déconstruire le système familial, souvent sacralisé au cinéma dans ce type de proposition. Ma Frère n’est donc pas une comédie de vacances typique avec un happy ending prévisible, le film propose un regard neuf et surtout sincère sur les liens et les dynamiques générationnelles.

C’est le Nos Jours Heureux de la vraie vie. Plus cru, loin d’être une simple comédie légère avec des personnages esquissés sur un bout de papier pour la bonne blague. Ma Frère dépeint surtout des jeunes au carrefour de leur vie. Qui, face à la spontanéité des enfants qu’ils encadrent, réussissent à débloquer quelque chose. Mais le film brille surtout par ses dialogues naïfs, mais percutants. Les enfants ne sont pas de simples objets comiques de cinéma, mais des vrais mini-adultes qui absorbent tout ce qui se passe autour d’eux. C’est authentique et tranchant, mais c’est aussi ça la vraie vie. Où les enfants aident autant les adultes que l’inverse, où les moments de tendresse sont le fruit d’un récit bien construit et pas juste d’un passage obligé scénaristique. De quoi presque lâcher sa petite larme à la toute fin. Il reste néanmoins quelques clichés ici et là, ou quelques scènes où l’humour forcé déborde légèrement. Mais Ma Frère parle tellement à sa génération que chaque jeune spectateur y trouvera son compte, là où d’autres comédies se contentent de faire passer un bon moment et rien de plus.
EN DEUX MOTS
Ma Frère est une boule d’énergie, aussi bien dans ses dynamiques de personnages que dans sa narration, et réussit surtout à y traiter plein de sujets actuels à l’intérieur. Une déconstruction des structures sociales qui nous entourent, du cadre familial aux cercles d’amis, et par ricochet, une déconstruction des films du genre !
3,5
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