SYNOPSIS
Âgé de 29 ans, Laurent débarque à l’automne dans une station de ski hors saison. La commune, presque vide, devient le théâtre de rencontres discrètes mais déterminantes : Lola, une vieille femme solitaire qui attend la fin de sa vie dans sa maison, Farès et Jo installés au camping, ainsi que Sophia et son fils Santiago.

Au fil de l’hiver, Laurent s’attache à ces nouvelles relations et, se sentant enfin entouré, renonce peu à peu à l’idée de repartir. Laurent Dans Le Vent est une comédie dramatique française réalisée par Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon, sortie en 2025.

NOTRE CRITIQUE
On a jamais aussi bien clôturé une année de cinéma Français. Laurent Dans Le Vent a vraiment tout pour nous faire dire ça : casting surprenant, sujet bien pris en main, surprise assuré sans promotion. C’est le genre de séance « à l’aveugle » où l’effet de surprise est tel qu’on ressort avec un coup de cœur automatique.
En s’appuyant comme il faut sur le thème de l’isolement, ce trio de réalisateurs (Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon) a trouvé le cadre idéal pour mettre en scène cette histoire. Une vallée paumée dans les Alpes, symbole ultime d’un monde reclus. C’est précisément ce que cherche Laurent, notre personnage principal, qui débarque à l’improviste dans ce village. Ce qui plaît, c’est le flegme de ce personnage sans feuille de route, qui avance sans directives, presque malgré lui. Tout est sujet à la surprise pour le spectateur, et pourtant, l’écriture reste solide et garde son cap. Laurent rencontre des personnages solitaires à leur façon, eux aussi. Avec des personnalités excentriques, entre amitié intergénérationnelle et romance fatale, Laurent dans Le Vent a tout le charme du cinéma social, l’aspect prévisible en moins.

Et quelle surprise de voir autant de nouveaux talents à l’écran. Mis à part Béatrice Dalle, qu’on connaît bien, on a l’impression de ne voir que des nouvelles têtes, tous plus géniaux les uns que les autres dans leur rôle respectif. À commencer par Baptiste Perusat, héros malheureux de cette histoire, qui insuffle au rôle un tempérament apathique, presque déconnecté du monde. Évidemment, ça résonnera auprès de plein de spectateurs qui se trouvent dans un angle mort de leur vie, qu’elle soit professionnelle ou sentimentale. Celles et ceux qui ne ressentant plus grand-chose et finissent par se démoraliser eux-mêmes. Un stade presque passage obligé, où le film ne sombre finalement jamais dans une dépression cliché, que certains autres projets aiment appuyer. Enfin, l’autre grande force de Laurent Dans Le Vent, c’est son humour, terriblement efficace et sans limites, qui ne dévitalise jamais l’émotion. Au contraire. Le rire devient ici un vecteur d’attachement plutôt qu’une moquerie. Et tout dans ce film appelle à un second visionnage. Si ce n’est pas le signe du meilleur film français de l’année, qu’est-ce que c’est ?
EN DEUX MOTS
Miséricorde à la montagne, avec de l’humour plus assumé et plus direct. Autrement, Laurent Dans Le Vent est aussi tendre que loufoque, et joue constamment avec l’équilibre de ton, sans jamais faire de glissade. Pourtant, c’est risqué en montagne..
4,5
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