SYNOPSIS
Le docteur Ian Kelson se retrouve entraîné dans une relation aussi dérangeante qu’imprévue, dont les conséquences pourraient ébranler l’équilibre du monde tel que nous le connaissons. De son côté, le jeune Spike rejoint Jimmy Crystal et sa secte énigmatique, une rencontre qui bascule rapidement dans l’horreur. Au Temple des Morts, les infectés ne constituent désormais plus la principale menace pour l’humanité : c’est la perte d’humanité chez les survivants eux-mêmes qui devient le danger le plus terrifiant.

28 Ans plus tard : Le Temple des Morts est un film américano-britannique réalisé par Nia DaCosta, sorti en 2026. Quatrième volet de la saga, il s’inscrit comme la suite directe de 28 Ans plus tard de Danny Boyle (2025). Ce second chapitre de la trilogie prolonge l’intrigue du précédent film en explorant les répercussions d’un monde toujours ravagé par le virus de la rage.

NOTRE CRITIQUE
Après le retour de Danny Boyle derrière la caméra du précédent volet, confier la réalisation de 28 ans plus tard : Le Temple des morts à Nia DaCosta avait de quoi inquiéter.
D’une part, parce que l’on ne s’est toujours pas remis de l’horrible The Marvels, sortie en 2023, mais surtout parce que la saga repose sur une identité visuelle et sensorielle très marquée. D’autant plus que l’exercice du film sériel, tourné en simultané, pouvait faire craindre une perte de cohérence. Pourtant, le film surprend par la fluidité avec laquelle Nia DaCosta s’approprie l’univers tout en le prolongeant. Elle ne cherche pas à copier Danny Boyle, elle impose une mise en scène personnelle, plus posée, qui enrichit l’univers au lieu de le diluer. Nia DaCosta se concentre sur la violence elle-même, dans ce qu’elle a de plus brut, là où Danny Boyle capturait la folie et le chaos. La mise en scène gagne en retenue et en contemplation, tout en préservant l’efficacité. Le rythme devient plus calme et donne un poids nouveau à chaque éclat de violence. Une violence qui n’est plus seulement chaotique, mais aussi oppressante, malsaine et parfois insoutenable. Malgré son apparent minimalisme, le film traite de sujets larges et ambitieux. Nia DaCosta réinterprète les codes classiques du film de zombies pour mieux les détourner. Ici, les infectés sont mis de côté pour se concentrer sur la véritable source de l’horreur : les survivants. Dans leurs croyances, leurs besoins de filiation et leur perception altérée de la spiritualité.

Un regard pessimiste sur la foi, qui renforce l’idée d’un monde incapable de se reconstruire sans être envahi par de nouvelles formes de violence. Cette idée se manifeste à travers l’affrontement entre deux figures centrales. D’un côté, Ralph Fiennes incarne un homme vieillissant, vestige de l’ancien monde, rongé par l’isolement et habité par une quête obsessionnelle de rédemption scientifique. De l’autre, Jack O’Connell représente une jeunesse née dans la violence, qui tente de dompter la solitude en façonnant une société à son image. Une combinaison malsaine de culte religieux et d’imagerie pop psychédélique héritée des émissions enfantines d’autrefois. L’un cherche un enfant illégitime à éduquer, l’autre un père spirituel à dominer. Deux trajectoires opposées, condamnées à s’entrechoquer. Une confrontation qui engendre des scènes d’une intensité rare, soutenues par des performances impressionnantes. Ralph Fiennes est à la fois perturbant et jubilatoire, tandis que Jack O’Connell se révèle glaçant de détermination. Et tout cela passe par une mise en scène qui regorge d’idées, parfois farfelues, qui participent à un grand foutoir aussi malaisant que passionnant. Un nouvel opus qui assume totalement un aspect pop et kitsch, en contraste avec la noirceur de l’univers, sans jamais rompre l’immersion. Reste que cette approche a ses limites. Le récit donne parfois l’impression de stagner, sans toujours ouvrir de perspectives plus larges. Certains choix narratifs semblent volontairement interrompus, ce qui peut provoquer de la frustration. Le personnage de Spike, en particulier, est moins développé que dans le volet précédent. Malgré sa présence, son arc semble être mis en pause au profit du duel idéologique central.
Malgré ces légères réserves, Le Temple Des Morts s’impose comme une suite singulière et audacieuse. Un film qui ose explorer de nouvelles pistes, qui expérimente dans sa mise en scène et son ton, et qui prouve que cet univers peut encore évoluer sans se trahir.
EN DEUX MOTS
Suite audacieuse et pleinement maîtrisée, Le Temple Des Morts affirme la vision de Nia DaCosta, tout en respectant l’héritage de la saga. Plus posé, plus violent, le film se recentre sur l’humain, multiplie les idées fortes, assume un ton pop dérangeant et s’appuie sur des interprétations marquantes.
4
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