SYNOPSIS
Des vacances idylliques sur une île tropicale virent au drame lorsque Ben, un chimpanzé adopté par une famille, devient soudainement violent après avoir été mordu par un animal enragé, transformant le paradis en cauchemar. Primate est un film américain réalisé par Johannes Roberts, sorti en 2025. Il a été présenté en avant-première mondiale au Fantastic Fest en septembre 2025.


NOTRE CRITIQUE
La carrière de Johannes Roberts ressemble déjà à des montagnes russes, entre Resident Evil : Welcome to Raccoon City , 47 Meters Down et maintenant ça. Car oui, ce n’est pas avec cette nouvelle production Paramount que sa carrière risque de prendre une autre dimensions a priori.
Une campagne promotionnelle agressive, promettant un renouvellement du genre, et des influenceurs appelés à la rescousse pour faire les choquer en direct dans une salle de cinéma. Primate, ça commence déjà mal. Et on ne s’est pas trompé, car le film ne décolle jamais. Et à défaut d’être un grand film, il n’est même pas un moment de série B efficace. Le coche est salement loupé. Primate aurait très bien pu sortir des studios Blumhouse finalement, on n’aurait rien remarqué. Un teen-movie classique, aux personnages globalement lisses et caricaturaux, sans l’ombre d’une âme à exploiter dans le récit. L’écriture ne prend même pas la peine de s’y attarder plus que ça, rendant les conflits familiaux mineurs et complètement vains. À titre de comparaison, on pense au film Crawl d’Alexandre Aja (ça fera plaisir à Jaime), où l’entièreté du récit se passait dans une maison assiégée par de sales bestioles, porté par un nœud familial particulièrement touchant. Le tout dans une ambiance série B pyrotechnique d’une extrême efficacité. Johannes Roberts aurait pu s’inspirer du réalisateur français, mais non..

Primate est d’une extrême fainéantise et ne surprend quasiment jamais. Si ce n’est par le sort carrément cruel et brutal réservé à certains personnages. Autrement, le long-métrage décide de casser son rythme et son efficacité en laissant barboter ses protagonistes dans une piscine, annihilant toute tension. À défaut d’un slasher bestial et rafraîchissant, on se retrouve face à un film affreusement balisé, où les directions, actions et réactions des personnages flirtent dangereusement avec le ridicule et le cliché. Mention spéciale au duo de jeunes garçons, complètement lunaires dans leur manière de s’immiscer dans l’intrigue, uniquement pour servir de chair à canon et ralentir encore plus le rythme d’un récit déjà bien malade. Johannes Roberts prend trop son temps et n’arrive jamais à mettre en scène la menace de manière horrifique. Le film ne joue jamais avec son décor, son éclairage, ni même avec les aptitudes ou handicaps des personnages. Les enjeux sont pauvres, pour ne pas dire absents, et on se demande pourquoi le film est ce qu’il est, et pourquoi il n’est pas plus qu’un simple slasher carpenteresque, auquel il multiplie pourtant les références appuyées.
On pourra cependant sauver quelques mises à mort bien sanglantes et un peu fun que le metteur en scène se contente simplement de filmer de la manière la plus banale qui soit. Ainsi que le parti pris de caster quelqu’un dans la peau du chimpanzé au lieu d’effets VFX. Même si l’on sait que Paramount sait généralement bien les manier (cf Better Man, 2025). Pour cette fois-ci, passez votre chemin, il n’y à rien à voir. Ça aurait pu être fun et ultra régressif, mais ce n’est qu’un teen movie classique de plus dans le catalogue horrifique.
EN DEUX MOTS
D’une inutilité affligeante, le nouveau long-métrage de Johannes Roberts fait régresser le cinéma de genre horrifique grand public. Ça se la joue fun et régressif pour les mises à mort, mais le rythme veut nous faire dormir.
1,5
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