CRITIQUE | FILM

MARSUPILAMI : Houba c’est pas bien !

Critique | Près de 15 ans après la version d’Alain Chabat, Le Marsupilami pointe à nouveau le bout de son nez, cette fois-ci entouré par la Bande à Fifi. Un long métrage où Philippe Lacheau cherche un Alibi pour faire du Baby-sitting de marsupial, afin d’être un Super Hero Malgré Lui aux yeux de son fils.

SYNOPSIS

Pour éviter de perdre son emploi, David accepte de rapatrier un mystérieux colis en provenance d’Amérique du Sud. Il embarque alors pour une croisière à bord du Renaissance de CFC Croisières, en compagnie de son ex-compagne Tess, de leur fils Léo et de son collègue Stéphane, aussi naïf que maladroit. David profite de cette occasion pour lui confier le transport du colis. Mais tout bascule lorsque Stéphane l’ouvre par erreur : un bébé marsupilami en surgit, transformant la croisière en véritable chaos.

© Marsupilami

Le film adapte le célèbre personnage créé par André Franquin en 1952 dans Spirou et Fantasio, avant d’avoir droit à sa propre série. Il ne s’agit pas d’une suite de Sur la piste du Marsupilami (2012), bien que les deux films évoluent dans le même univers. Marsupilami est une comédie française réalisée par Philippe Lacheau, sortie en 2026.

NOTRE CRITIQUE

Qu’est-ce qu’on vient de regarder exactement ? Une suite au film d’Alain Chabat ? L’idée semble flotter, notamment avec le retour de Jamel Debbouze dans son rôle, mais rien n’est réellement assumé ni prolongé. Une relecture de l’univers imaginé par Franquin ? Encore faut-il que le film montre une compréhension minimale de ce matériau d’origine.

En réalité, la réponse est assez simple : c’est un film de la Bande à Fifi de plus. Et c’est précisément là que réside le problème. Depuis plus d’une décennie, Philippe Lacheau et sa troupe occupent une place confortable dans la comédie française populaire. Un succès qui repose sur une recette simple, répétée film après film : mêmes acteurs, mêmes archétypes de personnages, mêmes ressorts comiques et une structure narrative quasi interchangeable. Même les costumes semblent recyclés de film en film. Le Marsupilami ne fait pas exception. On y retrouve un casting surchargé où une bonne partie des personnages n’a aucune réelle utilité, si ce n’est occuper l’écran le temps d’un gag. À force, l’ensemble finit par sérieusement tourner en rond. Alors, oui, on pourrait se dire que l’on sait à quoi s’attendre. Aller voir un film de la Bande à Fifi, c’est accepter une comédie basée sur l’accumulation de gags, parfois absurdes, parfois très lourds, sans forcément chercher une grande finesse. On pourrait accepter ces propositions comme une simple succession de sketches, à la manière des Charlots dans les années 70, sans chercher plus loin.

© Marsupilami

Le souci, c’est que Marsupilami n’est pas un film original sorti de nulle part. C’est une adaptation, et donc un projet qui repose sur un univers déjà bien installé, avec ses thèmes, son ton et son imaginaire. Et de ce côté-là, le film fait clairement le minimum syndical. Oubliez toute dimension écologique, toute réflexion sur la protection des animaux ou l’esprit d’aventure propre à la jungle Palombienne. Le Marsupilami version Lacheau est réduit à un élément perturbateur enfermé sur un paquebot de croisière, qui ressemble davantage à une longue publicité flottante qu’à un terrain de jeu narratif. Tout est confiné, sans souffle, sans exotisme, sans véritable enjeu. Pire encore, la créature elle-même est maltraitée. Entre un animatronique peu crédible et des effets spéciaux franchement discutables, l’animal peine à exister. Tant d’investissement pour si peu finalement, puisque ses caractéristiques sont tellement gommées qu’il aurait très bien pu être remplacé par un chat, un chien ou même un rat que cela ne changerait rien au déroulé du film. Un comble pour un personnage aussi singulier à l’origine. Finalement, comme toujours chez Phillipe Lacheau, le film est surtout construit autour d’une succession de gags plaqués, souvent gratuits, sans lien réel entre eux. Un humour majoritairement très bas de plafond, souvent centré sur les parties génitales, totalement déconnecté du public censé être visé par une telle adaptation. Certaines blagues fonctionnent, il faut l’admettre, mais elles tombent toujours de manière aléatoire et ne construisent jamais rien. Elles servent surtout à donner un moment à chaque membre d’un casting déjà bien trop chargé.

En comparaison, le film d’Alain Chabat, malgré ses défauts évidents, avait au moins la volonté de proposer une aventure proche de l’esprit original, portée par une forme de sincérité et d’amour pour l’œuvre de Franquin. On sentait une vraie envie derrière le projet. Chez Lacheau, cette envie n’apparaît jamais. Il avance tranquillement dans sa zone de confort, sans remise en question, convaincu que sa formule est universelle et peut tout absorber. Une approche qui transforme le Marsupilami en simple prétexte, vidé de sa substance.

EN DEUX MOTS

Ce Marsupilami version Lacheau est une adaptation paresseuse et opportuniste. Persuadé que sa formule est universelle et adaptable à tout, il plaque son humour lourd et ses automatismes sur l’œuvre de Franquin, qu’il vide de son sens, transformant un héros culte en produit commercial.

1,5

Note : 1.5 sur 5.


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