CRITIQUE | FILM

MARTY SUPREME : double faute, Safdie !

Critique | Après The Smashing Machine, réalisé l’an dernier par Benny Safdie, le frère aîné, Josh Safdie propose lui aussi son film de sport. Dans un ring moins brutal, Marty Supreme nous plonge dans l’univers impitoyable du tennis de table. Service gagnant ou double faute ?

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SYNOPSIS

Dans le New York des années 1950, Marty Mauser, modeste vendeur de chaussures, nourrit une ambition démesurée : faire du tennis de table un spectacle national et s’imposer face aux meilleurs joueurs européens. Prêt à forcer le destin, il quitte son quotidien étriqué pour Londres après un acte irréparable qui le poursuivra comme une ombre. Là-bas, son talent fulgurant lui ouvre les portes du luxe et des puissants, mais il découvre rapidement un univers où le sport n’est qu’un décor, manipulé par des intérêts financiers et des egos surdimensionnés.

© Marty Supreme

De retour aux États-Unis, pris dans un tourbillon de dettes, de combines hasardeuses et de relations sentimentales explosives, Marty s’enfonce dans une spirale dangereuse mêlant ambition, mensonge et violence. Entre New York et Tokyo, il comprend que la véritable partie ne se joue pas seulement sur la table, mais dans sa capacité à refuser d’être instrumentalisé. À mesure que les illusions s’effondrent, il lui faudra choisir entre la gloire fabriquée et une rédemption plus incertaine..

NOTRE CRITIQUE

Alors comme ça Timothée Chalamet concourt pour l’Oscar du meilleur acteur ? Admettons. Mais on est d’accord que Marty Supreme, le film, concourt plutôt pour les Razzie Awards ?

Car s’il y a bien une déception à la hauteur de la gigantesque promo offerte par A24 ces derniers mois, c’est bien ce nouveau projet. Comme celui de son frère Benny Safdie, ce long-métrage n’a finalement qu’un seul objectif : mettre en valeur son acteur star pour lui permettre de décrocher un prix. Bon, c’était peine perdue avec The Rock dans The Smashing Machine, mais c’est sans doute moins le cas avec Timothée Chalamet dans Marty Supreme. On peut le reconnaître, c’est le seul petit point positif auquel on peut se raccrocher ici. L’acteur porte le film à bout de bras (avec des bras bien plus frêles que ceux de Dwayne Johnson pourtant). En même temps, la mise en scène de Josh Safdie ne fait que de lui renvoyer la balle. Marty Supreme devient alors un beau bordel narratif où le style du réalisateur ne trouve jamais vraiment sa place. Le cinéaste parodie Martin Scorsese sur un terrain qui avait pourtant fonctionné avec Uncut Gems, grâce à un format huis clos étouffant. Ici, la formule capote. La faute à un rythme effréné mais forcé, où le spectateur ne comprend jamais vraiment ce qu’il se passe ni ce qui se joue. La balle ne tombe jamais sur la table.

© Marty Supreme

Et dans ce genre de semi-biopic effréné, la narration est clé. Ici, c’est le foutoir absolu, et Josh Safdie est coincé entre l’intention de mettre bien Timothée Chalamet tout mettant mal Marty Mauser. Du coup, on se retrouve dans un entre-deux insupportable, qui oscille entre victime d’un monde sportif cruel et petit gendre toxique du dimanche. Mais si seulement le cadre sportif permettait d’apporter un peu de volume scénaristique.. Ce n’est jamais le cas. Le tennis de table a la réputation d’être un « petit sport », et Marty Supreme ne va jamais contredire cela. L’impression d’assister à une petite histoire inoffensive, alors qu’on nous vend une prétendue émulation du ping-pong en train de submerger les États-Unis. Bof, on n’y croit jamais.. Et cela, sans même s’attaquer à l’écriture des personnages féminins, parfois clichés, parfois vraiment cringe. La relation entre Marty et Kay Stone est effleurée, par pudeur, ou parce que le réalisateur a senti au montage que c’était une mauvaise idée. On ne saura jamais. Et si la conclusion tente un coup droit de la dernière chance, Marty Supreme boucle surtout une partie expédiée en une seule manche. Match raté, et série noire pour les frères Safdie.

EN DEUX MOTS

Comme son frère, Josh Safdie rate son biopic sportif. Heureusement pour lui, il a un meilleur acteur, ce qui permettra malgré tout de se souvenir de son film.. Une sorte d’illusion dans sa filmographie qui, au moins, lui rendra bien service.

2,5

Note : 2.5 sur 5.


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