CRITIQUE | FILM

CHRISTY : manque de punch

Critique | Sydney Sweeney troque le jean (de raciste) pour le short de boxe et enchaîne les uppercuts bien placés. Avec Christy, l’actrice se lance dans un biopic plein de promesses… mais qui finit au tapis dès le premier round.

SYNOPSIS

Inspiré d’une histoire vraie, Christy raconte l’ascension mouvementée de la boxeuse Christy Martin, passée de l’ombre à la lumière. Si sa combativité sur le ring est devenue légendaire, elle dissimule des luttes plus intimes liées à sa famille, à son identité et à une relation toxique susceptible de basculer dans le drame. Christy est un film américain réalisé par David Michôd, sorti en 2025. Ce biopic consacré à la célèbre boxeuse a été présenté au Festival international du film de Toronto 2025.

© Christy

NOTRE CRITIQUE

Ah, les biopics sportifs.. toujours une énigme. Surtout quand il s’agit de la boxe. Pour son nouveau film Christy, le réalisateur américain David Michôd s’est dit : pourquoi prendre un risque quand on peut faire comme tout le monde ? Et nous voilà devant un long-métrage assez insignifiant, pourtant, le cinéaste a choisi l’actrice la plus bankable du moment : Sydney Sweeney. Elle est d’ailleurs habituée aux métamorphoses, passée de bombe platine dans Euphoria à l’américaine du middle-east dans Reality. Jusqu’à même tradwife dans la pub pour ses jeans, c’est fort. Elle tient plein de personnages, c’est assez encourageant pour le reste de sa carrière. Donc on attendait une bonne performance ici, transpirante, où le poids des échecs sportifs, et surtout celui de l’emprise et des violences conjugales, viendrait marquer viscéralement les corps. Mais finalement, pas tellement. Christy préfère valider toutes les étapes du bon biopic standard : la montée, les succès, les difficultés, les traumas, et la liberté. Un schéma vu et revu, qui n’est ni modernisé ni féminisé pour l’occasion.

© Christy

Quand on pense par exemple à I, Tonya (dans un tout autre registre), où Craig Gillespie laisse libre cours à son détournement d’images pour tirer le portrait punk d’une sportive, ici, dans Christy, la femme est presque invisibilisée. L’individualité de son parcours est aseptisée, diluée par des performances assez caricaturales, jamais bien explicites. Comme cette relation avec son mari, qui n’est jamais « toxiquisé » à l’écran, pas assez en tout cas pour montrer le vrai malaise. Le film préfère passer du temps sur le ring, entre les faux coups de poing et les vrais mauvais choix de réalisation. À cela, David Michôd ajoute une bande-son ringarde, presque autant que la musique d’entrée d’un boxeur amateur en Charente-Maritime. Au final, Christy manque de punch. Le projet manque surtout de viscéral, malgré une histoire taillée pour le cinéma, avec une trajectoire aussi tragique que lumineuse. Bref, c’était presque inratable..

EN DEUX MOTS

Christy est le genre de film fainéant, qui se contente de maquiller une nouvelle star du cinéma (Sydney Sweeney) et d’attendre que la magie opère. Sauf que cette histoire demande tellement plus pour vraiment être portée comme telle au cinéma..

2

Note : 2 sur 5.


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