SYNOPSIS
Irene Kelly mène une existence brisée depuis le meurtre de sa fille Anna par un cuisinier nommé Neville. Obsédée par l’idée de justice, elle utilise une étrange machine capable de voyager entre des univers parallèles afin de traquer et éliminer les différentes versions de l’homme qui a détruit sa vie. Lors d’un de ces voyages, elle croise la route de Mia, une adolescente en fuite qui semble elle aussi liée au destin de Neville. Alors que leurs chemins se croisent au cœur de mondes légèrement différents les uns des autres, les deux femmes sont contraintes de s’allier pour lui échapper… et peut-être l’arrêter.

Mais à mesure que les univers défilent, Irene doit affronter les conséquences de sa quête obsessionnelle, tandis qu’un lien inattendu se crée entre elle et Mia. Entre vengeance, culpabilité et seconde chance, leur voyage à travers les réalités pourrait bien les transformer à jamais.

NOTRE CRITIQUE
Redux Redux est le genre de petit film qui transpire l’envie de bien faire. On sent tout de suite une vraie volonté de dépasser un budget limité par des idées originales. Marier le revenge movie viscéral au concept de multivers est, sur le papier, une idée brillante.
Le fait de traquer sa proie à travers une infinité de mondes offre un terrain de jeu intéressant, et les McManus ont l’intelligence de démarrer l’histoire là où la plupart l’auraient achevée. En effet, ici, le mal a déjà été commis et il est irréversible. Le voyage entre les univers ne sert pas à réparer le passé, mais à punir le coupable sur toutes les versions de la réalité. Un postulat de départ qui suscite l’intérêt, et le début du film est en ce sens extrêmement prometteur. Les réalisateurs font le pari de zapper toutes les explications scientifiques sur le multivers pour aller directement à l’essentiel. Puisqu’Hollywood nous bombarde avec ce concept depuis des années, le public est déjà briefé. Il est inutile de le faire davantage. Les frères McManus choisissent de traiter le sujet directement en introduisant le titre sur un plan magnifiquement composé, baigné dans une lumière désaturée qui annonce la couleur. Cette patine grisâtre, presque poisseuse, crée une ambiance morose qui s’harmonise parfaitement avec la quête d’Irene, le personnage principal. S’ensuit un premier acte qui enchaîne avec un meurtre d’une violence froide, suivi d’une course-poursuite nerveuse. La caméra à l’épaule nous immerge dans l’action, dans l’urgence, et se termine par un premier saut dimensionnel qui établit les fondements d’une traque esthétique et intense à venir. On pense alors tenir une version méta de Terminator, portée par une Michaela McManus qui insuffle à son personnage d’Irene une fragilité et une rage née du désespoir qui rappellent un peu la Sarah Connor des grands jours.

Malheureusement, cette belle promesse s’évanouit lorsque le film adopte un schéma de road movie beaucoup plus traditionnel. Tout change quand Irene croise la route de Mia, une adolescente, elle aussi victime du monstre qu’elle poursuit. Dès lors, le film glisse vers une relation de filiation de substitution un peu forcée. Le récit, qui se voulait une charge héroïque et solitaire, tente de se transformer en un drame intime à la manière d’un Logan, mais sans en avoir la maîtrise rythmique ni l’épaisseur dramatique. C’est là que se trouve le problème majeur de Redux Redux. Le film ne parvient pas à choisir une direction claire. D’un côté, l’aspect revenge perd de son intensité au profit de dialogues trop verbeux, faisant perdre au film son essence initiale. De l’autre, la relation entre Irène et Mia, sur laquelle cherche à se reposer la narration, manque de nuances pour nous impliquer émotionnellement. Le film finit par se perdre dans une atmosphère répétitive et bavarde, avançant à l’aveugle, parfois même dans des directions déconcertantes. Comme cette séquence sur un marché clandestin dans le désert, qui semble déconnectée du reste et surgir de nulle part. Les deux frères cherchaient à offrir un univers plus étendu, mais en fin de compte, ils finissent par éparpiller l’histoire dans tous les sens, perdant le contrôle de leurs propres codes.
Au final, Redux Redux est un film plein de bonnes intentions, mais qui n’arrive pas à faire le tri dans ses idées. On passe un moment sympathique. C’est une curiosité de science-fiction qui mérite le coup d’œil, mais il aurait gagné à être plus court, plus nerveux et moins ambitieux. En adoptant une approche plus simple, il aurait sans doute été bien plus percutant.
EN DEUX MOTS
Les frères McManus surfent sur la tendance multiverselle en nous proposant un « revenge movie » plein de promesses, qui avait toutes les idées pour mener le concept dans une direction unique. Mais assez vite, les idées prennent la direction d’un schéma bien plus classique, ce qui rend l’ensemble confus et rébarbatif.
3
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