CRITIQUE | FILM FESTIVAL DE CANNES

LOVE ON TRIAL : fan de Koji Fukada !

Critique | Après Love Life, sorti en 2022, le cinéaste japonais Koji Fukada est de retour avec une histoire surprenante, là où on ne l’attendait pas vraiment.. Une plongée dans l’univers de la J-pop, entre contrats d’idols piégés et romance pleine de tendresse. Love On Trial est l’immanquable de ce mois de mars 2026.

SYNOPSIS

Jeune star montante de la pop, Mai franchit la ligne rouge en tombant amoureuse, en dépit de l’interdiction stricte inscrite dans son contrat. Lorsque leur relation est révélée au grand jour, son propre agent décide de la poursuivre en justice. Face à un système impitoyable, les deux amoureux choisissent de lutter pour faire valoir le droit le plus fondamental : celui d’aimer.

© Love On Trial

Love on Trial est un drame romantique sorti en 2025, écrit et réalisé par Kōji Fukada. Porté par Kyōko Saitō, Erika Karata et Kenjirō Tsuda, le film a été présenté en première mondiale dans la section Cannes Première lors du 78e Festival de Cannes.

NOTRE CRITIQUE

Koji Fukada qui réalise un film autour d’une histoire d’amour interdite dans le milieu de la J-pop ? Sur le papier, on a un peu de mal à comprendre le mariage de ces deux univers tant le cinéaste est cantonné à un style bien particulier, fait de récits du quotidien, jamais trop flamboyants, et souvent portés par beaucoup de dramaturgie.

Donc bien loin de la pop, du monde de la musique, et de son florilège de couleurs ici même. Et pourtant, le cinéaste japonais réussit à ajuster son style sans se travestir (ou presque). Avec Love OnTrial, Koji Fukada propose un melting-pot de genres, dense et généreux cinématographiquement parlant. Même si certains genres prédominent naturellement, le réalisateur nous avait plutôt habitué à un style plus rigide.. Ici, tout est plus souple, on passe d’un coming-of-age sérieux à une romance touchante, avant de basculer vers un retour brutal à la réalité dans un drame judiciaire. C’est fou de voir à quel point le film traverse les univers sans même se soucier de son propre ADN, Koji Fukada s’en fiche et fonce tête baissée dans ce qui ne lui ressemble pas trop. Et au final, ça constitue la force et les faiblesses de Love On Trial. Certains y verront un film brouillon, incapable de choisir un chemin clair, nous, on préfère retenir la richesse des thèmes et la générosité.

© Love On Trial

Parce que dans Love On Trial, Koji Fukada déploie une variété de thèmes, mais qui gravitent tous autour d’une seule femme. Malgré sa dispersion, le film reste centré sur ce destin façonné par les standards japonais de la célébrité, où une jeune femme tombe dans le piège du système des idols. Une cage dorée, dans laquelle les jeunes chanteuses ne sont que les marionnettes de managers véreux, à l’initiative de tout. C’est encore mieux dénoncé par ce contraste entre ces deux figures d’artistes : l’idol, qui ne décide de rien, et l’artiste de rue, qui décide de tout. Ils ont tous les deux une vocation, qu’ils finiront par abandonner.. Pourquoi ? Pour payer les frais d’avocat suite à la rupture du contrat, après la révélation de cette romance interdite par le manager. Le charge devient de plus en plus lourd, et le montage la traduit bien à travers une ellipse temporelle marquant les années de procès qui s’accumulent. Alors, un choix décisif s’impose à eux, et contre toute attente formatée au cinéma, le film va jusqu’au bout de sa logique féministe, tout en déconstruisant la romance qu’il avait présenté au tout début. Comme un pied de nez au spectateur, lui aussi piégé par la promesse d’un synopsis rose bonbon.

Koji Fukada n’a pas l’air comme ça, mais il s’amuse sur Love On Trial. Déjà par tous les contrastes évoqués, mais aussi dans sa mise en scène soignée et ses cadrages toujours aussi millimétrés. Un terrain de jeu parfait pour le cinéaste, où les tenues rose fuchsia des idols viennent se heurter à l’austérité froide des salles de procès, et de certaines désillusions de la vie en général..

EN DEUX MOTS

Love OnTrial dépeint, sans artifices inutiles, la dure réalité marketing qui accompagne la transformation du monde de la musique japonaise. Koji Fukada y dénonce l’instrumentalisation des rêves de ces jeunes femmes, loin des clichés « A24isés », car il refuse toute esthétisation excessive de son cadre narratif. Et ça fait du bien de voir un réalisateur qui n’en fait pas des caisses pour rien.

4,5

Note : 4.5 sur 5.


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