CRITIQUE | FILM

DUNE 2 : le blockbuster ultime

Critique | Après une première partie très bien accueillie par la critique cinéma et par le grand public, le réalisateur Denis Villeneuve poursuit l'adaptation d'une œuvre complexe au cinéma. Brillamment, encore une fois !

SYNOPSIS

Paul Atreides, aux côtés de Chani et des Fremen, prend la tête de la rébellion contre ceux responsables de la destruction de sa famille. Cependant, tourmenté par des visions du futur, il est confronté à un choix déchirant : protéger l’amour de sa vie ou assumer le destin de toute l’humanité.

© Dune Partie 2

Dans le même temps, La princesse Irulan Corrino écrit secrètement sur la possibilité que Paul Atréides soit toujours en vie, tandis que son père, l’empereur Shaddam IV, est découragé après la chute de la maison Atréides. Les complots politiques se poursuivent, impliquant des personnages comme le baron Harkonnen et l’Empereur. Paul assume finalement son destin messianique et défie l’Empereur..

NOTRE CRITIQUE

Le cinéaste Denis Villeneuve réussit son deuxième pari. Avec Dune Partie 2, le réalisateur adapte un univers pourtant réputé comme inadaptable à l’écran, tout en gardant la complexité de l’univers originel, sans jamais perdre son spectateur.

Au contraire, il sublime et exalte cette création rendant Arrakis aussi extraordinaire que cruelle. Dune partie 2 devient ce blockbuster ultra pensé et réfléchi, doté d’une ambiance complexe et passionnante sublimée par l’œil spectaculaire et clairvoyant du cinéaste. Fable politico-religieuse mêlée à un spectacle épique et un récit intense, Dune 2 apporte une profonde réflexion sur la mythologie, le fanatisme, l’ambition et la foi en questionnant sur leurs dangers et leurs limites, mais aussi leurs puissances. Forçant donc le spectateur à se questionner sur les mêmes doutes, les mêmes risques et les mêmes craintes concernant Paul, le Messie. Chani, quant à elle, apporte cette bascule en tant que non-croyante, pour donner au spectateur la raison face à la dévotion. Paul Atréides devient alors prophète malgré lui, suivant un destin que l’on va lui façonner et ne cesser de le lui dicter. Passant de naïf et innocent, qui apprend la culture et le savoir d’un peuple (Les Frémen), pour devenir ce Messie terrifiant en prenant conscience de son pouvoir et de son contrôle sur les croyants, Paul va devenir cet anti-héros aussi effrayant qu’envoûtant. Toujours dans la dualité, Denis Villeneuve va sans cesse confondre le bien et le mal à l’instar du noir et blanc des Harkonnen, afin d’apporter des remises en question vertigineuse de sens. Paul vacille constamment entre l’amour qu’il a pour Chani et le pouvoir incommensurable sur tout un monde qu’il peut prendre.

© Dune Partie 2

Chani est le point de bascule, qui nous ramène à la raison. Malgré son amour pour Paul, sa lucidité l’empêche de tomber dans le fanatisme ou dans l’ignorance. En ce point, l’écriture et les performances des personnages féminins sont admirables. Que ce soit Zendaya dont les expressions en disent bien plus que des dialogues ou Rébecca Ferguson qui est aussi effrayante qu’imposante. On retiendra également les rôles secondaires de Florence Pugh, Léa Seydoux et Anya Taylor-Joy, les femmes sont mises à l’honneur et Denis Villeneuve les met en lumière par leurs destinées et leurs représentations. Les rôles masculins sont eux aussi écrits avec beaucoup de finesse. Que ce soit le leader d’un destin planifié, où Timothée Chalamet excelle, mais aussi Austin Butler, dantesque dans son personnage, qui finalement n’est pas si différent de Paul. Enfin, l’excellent et dévoué Javier Bardem, ou encore Josh Brolin, Christopher Walken et Stellan Skarsgård, aucun rôle n’est laissé de côté et chacun à son importance que ce soit dans le façonnement du destin de Paul ou dans la structure narrative du film. Dune est esthétiquement parfait, débordant de beauté à chaque plan, et la photographie de Greig Fraser est simplement à couper le souffle. La bande originale de Hans Zimmer est sans équivoque, transcendante, apportant à chaque moment l’excellence. Pour les scènes de combats et de batailles, Denis Villeneuve se distingue encore une fois en y mélangeant la science-fiction aux films de guerres et à l’épique. L’inoubliable scène dans l’arène des Harkonnen, dualisme par le noir et blanc, n’est pas sans rappeler Gladiator.. Prime Vidéo

EN DEUX MOTS

Dune 2 s’inscrit dans la lignée des chefs d’œuvres de science-fiction. Complet en tout point, ce nouveau projet de Denis Villeneuve propose un scénario profondément subtil, des visuels à couper le souffle et une immersion sonore implacable. Merci le cinéma, merci Villeneuve

5

Note : 5 sur 5.


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