CRITIQUE | FILM

LE FABRICANT DE LARMES : au top de la gênance

Critique | Impulsé par le Booktok, 'Le Fabricant De Larmes' est le best-seller livresque italien en deux tomes que Netflix à décidé d’adapter en un long-métrage brouillon. L’histoire d’Erin Doom est disponible sur la célèbre plateforme d’écriture Wattpad, elle sera par la suite publiée en mai 2021. L’adaptation se hisse en toplist chez Netflix, mais en vaut-elle la peine ?

SYNOPSIS

Lorsque Nica se retrouve orpheline après un tragique accident de voiture, Le Grave est son nouveau foyer d’accueil tenu par l’effroyable Margaret Stocker. Elle n’hésite pas à faire subir les pires punitions psychologiques et physiques aux enfants qui occupent l’établissement. Parmi les occupants, se trouve aussi le mystérieux protégé de Margaret : Riguel, dont les secrets fusent.

© Le Fabricant de Larmes

À ses 16 ans, Nica trouve un foyer pour l’adopter, à sa grande surprise, Riguel l’accompagne comme frère de substitution. Au début, la fratrie n’est pas commode, comme Riguel refuse de créer des liens avec Nica. De fil et en aiguilles, les émotions sortent de leur carapace pour révéler des liens bien plus profonds.

NOTRE CRITIQUE

Netflix a le don de signer des contrats toujours plus douteux, les uns que les autres. Beaucoup trop souvent lorsqu’il s’agit d’histoires de new romance comme nous avons pu le voir avec la trilogie À travers ma fenêtre ou The Perfect Date, sauf exception comme la récente bouleversante série britannique One Day.

Le Fabricant De Larmes n’est cependant pas l’un des projets les plus faciles, puisqu’il s’agit à l’origine d’un roman en deux parties, avec un travail d’adaptation à ne pas rater. Comme vous le savez, et nous le savons, adapter une œuvre sous un autre format ne suppose pas de fournir une pâle copie de la même recette originelle, c’est un réel combat d’équilibriste entre le pour et le contre à incorporer pour satisfaire le spectateur tout en respectant l’œuvre de base. Le projet d’1h45 se révèle brouillon, malaisant et encore plus confus dans son avancée. Ce n’est sûrement pas la prestation des deux acteurs principaux qui rattraperont ce premier faux pas, avec une allure proche ou pire que Kristen Stewart en Bella, et de Robert Pattinson en Edward Cullen dans la saga à succès Twilight (bon même eux, ils n’ont pas osé). Oui, apparemment Simone Baldasseroni, Mr Riguel, ferait une meilleure carrière dans la musique qu’en tant qu’acteur, on nous confirme à l’oreillette. Et pour Caterina Ferioli, on ne sait pas trop quoi vous dire, le directeur de casting a sûrement dû oublier de prendre son café en lui proposant un contrat. Aucune émotion ne se dégage de leurs visages, ce qui n’offre aucune alchimie. Croyez-nous, si l’équipe d’un film de romance est dans l’incapacité de mettre à l’écran une alchimie entre les deux protagonistes, c’est comme conduire sans chaussure, c’est difficile.

© Le Fabricant de Larmes

Par ici, nous voulons vous dire que cette prétendue romance s’insère mécaniquement de façon à suivre un fil rouge narratif dont la moindre séquence est anticipable. Riguel et Nica n’ont pas de véritable évolution, car la difficulté d’interprétation visible et traversant l’écran nous empêche de croire plus de cinq minutes à leur histoire. Et même si les quelques scènes de romance sont instrumentalisées avec dynamisme et parfois même poésie ce n’est pas suffisant. On note tout de même une jolie composition au piano accompagnant les séquences les plus dramatiques du long-métrage de romance, et un pov de Nica respectant ses pensées internes pour un léger ancrage au récit. Les événements s’enchaînent toujours plus rapidement durant la seconde partie, ce qui donne l’impression d’un jeu de kapla à la limite d’une chute certaine. Un peu comme si vous essayiez de rafistoler un mur avec du scotch. Ce qui nous laisse à penser qu’un projet sériel de cinq épisodes aurait été plus adapté et moins fourre-tout. Il ne nous aurait pas amenés à nous poser des questions comme celles-ci : pourquoi Riguel est le protégé ? Quelle est sa maladie ? Pourquoi le second lead tombe t’il amoureux de la protagoniste en deux minutes ? Heureusement, la première partie du long-métrage s’empare des codes du enemy to lovers en fournissant une allure romantique tolérable, et seulement si la version française ne cassait pas le tout avec ses « Ne m’approche pas, Papillon » dont le principal fautif est le traducteur. Toutes les histoires ont une fin, et souvent, elles ne sont pas irréprochables, bien au contraire. Pour Le Fabricant de Larmes, on ne se prononce pas, tellement celle-ci s’apparente à une ellipse solaire. Elle est là, mais tellement rapide qu’on n’a pas le temps de la voir. Prime Vidéo

EN DEUX MOTS

Un nouveau film maladroit et confus, avec des acteurs peu convaincants et une intrigue prévisible. Une adaptation ne devrait pas nous conduire à commander les livres après notre visionnage ? Parce que ce n’est pas le cas de notre côté, nous nous en passerons bien.

1,5

Note : 1.5 sur 5.


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