CRITIQUE | FILM

LE SALAIRE DE LA PEUR : Netflix n’a rien sous le capot

Critique | Après plusieurs sympathiques succès comme 'Braqueurs' ou la série éponyme sur Netflix, le réalisateur Julien Leclercq se lance dans un road remake périlleux. 'Le Salaire de La Peur' qui ne vaut pas un sous et pas le détour.

SYNOPSIS

Quatre mercenaires aventuriers sont recrutés par une société pétrolière pour une mission délicate : transporter de la nitroglycérine dans deux camions afin d’éteindre un incendie de puits de pétrole.

© Le Salaire De La Peur

Leur trajet à travers le désert s’étend sur des centaines de kilomètres, ponctué de dangers et d’obstacles à surmonter. En retour, une rémunération généreuse les attend. Cette adaptation cinématographique est basée sur le roman éponyme de Georges Arnaud, publié en 1949. Un roman déjà porté à l’écran par Henri-Georges Clouzot dans un film du même titre en 1953.

NOTRE CRITIQUE

Il y a deux Salaire de la Peur sur Netflix. L’original, le mythique connu de tous pour son succès mérité, et depuis ce mois-ci, il y a l’autre, avec Frank Gastambide.

Pourtant, on aime bien Julien Leclercq. On est les premiers à défendre la série Braqueurs sortie dernièrement. Le cinéaste français sait produire des scènes tendues remplies de moments intenses, où le rythme s’enchaîne comme celui d’un moteur V12. Sauf qu’on passe d’un moteur de ce calibre à celui d’un vieux routier de l’A51 qui remplit des bouteilles de pisse sur le bas-côté avec Le Salaire de la Peur. Même en faisant comme si l’original n’avait jamais existé, ça ne passerait pas. On sent dès les premières minutes le projet Netflix, avec le rationnement des décors. Vous n’avez jamais vu un désert aussi petit, tout se ressemble et on a presque l’impression que nos protagonistes tournent en rond et se tirent dessus sur la même colline depuis une éternité. En termes de mise en scène, c’est aussi rare que de l’eau dans le Sahara. Ça doit d’ailleurs être pour cela que les dialogues sont si pauvres. Nos héros économisent certainement leurs salives dans ce désert aride. Heureusement, la musique du long-métrage est là pour nous maintenir éveillés lorsqu’il se passe quelque chose de crucial pour l’intrigue.

© Le Salaire De La Peur

Du côté des acteurs, on est vraiment sur un casting Netflix. Ana Girardot tente de maintenir le cap dans ce tumulte d’action américanisé et mal filmé. Du côté masculin, c’est bien là première fois que je vois un rappeur mieux jouer qu’un acteur. Est-ce que c’est parce que Fianso a un vrai talent ou parce que Frank Gastambide fait n’importe quoi ? On vous laisse juger. Comme une course contre la montre avançant à 15 km/h, Le Salaire de la Peur oublie toute cohérence. Le film perd de son caractère, tout est trop lissé ou caricatural. Netflix a pris le scénario et l’a passé dans sa machine à laver les bons projets pour en faire un fourre-tout hyper accessible. Les enjeux sont trop minces et prévisibles à des kilomètres. On attend simplement les petites embuscades derrière un buisson. C’est tellement peu créatif que certaines séquences de fusillade se ressemblent presque à l’image près. On a l’impression d’avoir involontairement rembobiné la cassette, mais non. On passera évidemment sur le montage catastrophique de ces fameuses scènes d’action. On ne sait plus qui tire, d’où, ou même pourquoi. La fin sauve les meubles et Julien Leclercq nous épargne un happy end attendu. C’est déjà ça. Prime Vidéo

EN DEUX MOTS

Julien Leclercq a crevé sur le bord de la route avec ce remake. La mise en scène est désertique comme les décors, et toutes les séquences d’action sont ratées. Si le cinéaste français voulait rendre hommage au film original, il aurait dû signer avec des excuses dans le générique, au lieu de signer tous les contrats Netflix..

1,5

Note : 1.5 sur 5.


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