CRITIQUE | SERIE

HOUSE OF THE DRAGON S2 : le feu se consume

Critique | Deux ans après la conclusion de sa première saison, le spin-off de Game of Thrones centré sur l'histoire des Targaryen continue son développement. La barre étant aussi élevée que nos exigences, cette deuxième saison se révèle déjà plus bancale que prévu.

SYNOPSIS


House of the Dragon : Saison 2 est la deuxième saison de House of the Dragon. Elle se compose de huit épisodes. Elle a débuté avec « Un fils pour un fils » le 16 juin 2024 sur HBO et Max, et s’est conclue avec « La reine qui fut toujours » le 4 août 2024. Elle est basée sur Feu et Sang de George R.R. Martin.

© House of The Dragon – Saison 2

La série se déroule 189 ans avant l’ère de Game of Thrones et relate les événements ayant déclenché la guerre civile connue sous le nom de Danse des Dragons, conduisant à la perte des dragons et amorçant la chute de la Maison Targaryen.

NOTRE CRITIQUE

Quelle est compliquée cette lignée des Targaryen ! Il fallait bien une saison complète pour démêler tout ça, prendre le temps de mettre en place les enjeux familiaux, et surtout pour placer les pions de la guerre fratricide à venir.

C’est en cela que la première saison était fascinante. À une cadence haletante, se déroulant au rythme d’une timeline ponctuée d’ellipses, cette allure nous emmenait sans interruption d’événement en événement. Des situations souvent tendues où évoluaient des personnages forts et tourmentés, intelligemment développés et magnifiés par une mise en scène brillante. Dix épisodes introductifs mais essentiels pour lancer la bataille entre l’équipe des verts et celle des noirs, promise par son dernier épisode. Mais durant cette seconde saison, il est clair que cette navigation mouvementée s’est quelque peu transformée en croisière pour les personnes âgées. En totale rupture avec le rythme imposé lors de sa saison précédente, cette suite se focalise sur une courte période, ce qui la rend plus légère dans ses développements et moins intrépide dans l’avancement des événements. Ce n’est pas mauvais en soi, c’est même assez logique. Ce qui est ennuyeux, c’est que ce rétropédalage cache en réalité un véritable manque de consistance. À plusieurs reprises, l’intrigue se laisse emporter par une succession de séquences insignifiantes et répétitives qui semble n’être qu’une excuse pour justifier l’existence de huit épisodes et atteindre l’heure d’accoutumance. On ne compte plus les bla-bla incessants qui n’apportent rien, ne développent rien et qui sont souvent des redites de précédentes conversations. Des séquences verbeuses qui finissent par détourner l’attention de la promesse faite au final de la première saison et nous faire éprouver un sentiment de trahison.

© House of The Dragon – Saison 2

Naturellement, on savait que le grand affrontement ne se produirait pas dès cette seconde saison, néanmoins, les bases étant posées, une tension plus palpable et des enjeux plus intenses étaient attendus. Constamment sur la retenue, chaque cliffhanger nous laissant entrevoir la fin du tunnel (souvent caractérisé par un regard caméra bien énervé de Rhaenyra) est systématiquement suivi d’une marche arrière. Tout cela nous laisse sur une note de frustration. D’autant que les personnages forts de la saison initiale, qui nous avaient fait frissonner, sont affectés de plein fouet par cette baisse de moral, perdant de leur panache. Le prince Daemon, représenté par Matt Smith en tant que grand sacrifié de cette saison, occupe la première place. Perdu dans son château délabré, à affronter ses démons, le personnage est abandonné dans une psychanalyse redondante qui nous assomme autant que lui. Ce rythme pesant est également perceptible dans la façon dont les séquences fortes sont amenées. Chaque axe scénaristique majeur est systématiquement introduit par une mise en contexte et un schéma de mise en scène copieux qui, en fin de compte, ne font que nous spoiler les séquences en question. Après neuf saisons passées à Westeros, ils semblent avoir oublié que nous en connaissons tous les rouages. Un obstacle que la première saison avait pourtant réussi à éviter avec habileté. Malgré ses points négatifs et ses déceptions, cette seconde épopée Targaryenne nous offre malgré tout quelques beaux moments et quelques prouesses techniques qui la démarquent. À commencer par la mise en scène, toujours aussi soignée visuellement, présentant des plans généreusement construits et des séquences stupéfiantes. Surtout quand il s’agit des dragons, et surtout de Vhagar, où l’on ressent tout l’engagement des équipes à lui offrir la prestance qu’il mérite.

En termes de scénario, bien qu’alambiqué et décousu, l’écriture demeure fine et subtile sur certains points. Particulièrement dans ce jeu de parallélisme entre les deux reines qui s’opposent, tout en accumulant les ressemblances, ou dans l’émergence d’une guerre sans violence. Le tout porté par des acteurs toujours aussi impliqués et convaincants dans l’interprétation de leurs personnages. Mention spéciale à Ewan Mitchell pour sa maîtrise exceptionnelle d’Aemond.

À retrouver sur Max Prime Vidéo

EN DEUX MOTS

Les séquences verbeuses et répétitives, les protagonistes oubliés et l’intrigue qui ne cesse de rétropédaler rendent cette saison décevante par sa lenteur. Une baisse de régime surprenante, pourtant sauvée par une écriture habile et une mise en scène significative. Mais à ce rythme, peu probable qu’elle parvienne à son grand final sans faire fuir quelques spectateurs.

3

Note : 3 sur 5.


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