CRITIQUE | SERIE

THE PENGUIN : la série spin-off que l’on espérait

Critique | Personnage secondaire du film The Batman, Colin Farrell remet les prothèses et le costume d'Oz Cobb pour faire perdurer l'univers de Matt Reeves sur le petit écran. Une mini-série qui avait de quoi nous inquiéter, mais qui se révèle être une belle surprise.

SYNOPSIS


The Penguin est une série dérivée de l’univers de Batman, centrée sur le personnage emblématique d’Oswald, alias le Pingouin. Après les événements du film The Batman de Matt Reeves, qui voit Gotham City plongée dans un chaos de criminalité et de corruption, Oz saisit l’opportunité de gravir les échelons de la pègre.

© The Penguin

Suite à la chute de Carmine Falcone, ancien chef incontesté du crime, le Pingouin tente de s’imposer comme nouveau roi du crime à Gotham. Mais son ambition attire l’attention d’autres criminels influents et de nouveaux ennemis impitoyables, prêts à tout pour contrôler la ville. Entre rivalités, trahisons et conflits sanglants, Oswald navigue dans un monde de violence et de manipulation pour s’emparer du pouvoir.

NOTRE CRITIQUE

C’est devenu une pratique à laquelle on ne s’habitue pas forcément : utiliser les séries comme prolongement d’un long-métrage de cinéma. Initiée par Disney, cette nouvelle lubie engendre bien plus de nanars indigestes que de véritables extensions utiles. Alors, quand la série dérivée de l’excellent The Batman a été annoncée, il y avait de quoi avoir très peur du résultat, craignant un énième produit dispensable. Miracle, The Penguin est bien plus que cela.

La série suit donc Oswald Cobb, pris au piège dans un Gotham délabré où il n’y a pas d’autres options que de se conformer à un système perverti. Un contexte dans lequel il tente de se faire une place avec les cartes qu’il possède. Prenant place directement après les événements du film, on perçoit l’évolution du bad guy comme l’antithèse de celle du justicier masqué. Tandis que Bruce Wayne, jeune homme riche, essaie d’être accepté en tant que justicier masqué, Oz, originaire des quartiers populaires, cherche à se faire une place dans le milieu de la criminalité. Deux trajectoires opposées, mais partageant la même aspiration : faire le bien. Un parallèle fascinant, qui présente de nombreuses similitudes avec le chevalier noir, nous permettant de voir une humanité surprenante au milieu de la barbarie des bas-fonds de Gotham. L’objectif est de nous montrer le côté pile de la pièce, loin de la perspective privilégiée d’un Bruce Wayne. C’est en cela que The Penguin a une vraie utilité. Il explore l’univers d’un point de vue différent, offrant une vision inédite. Après cette mini-série, revoir The Batman sera forcément différent, et c’est exactement ce que l’on attend de ces extensions. Une continuité pertinente, qui maintient une cohésion dans son univers tout en essayant de se créer sa propre identité, même si l’on reste, malgré tout, bien loin de la vision esthétique de Matt Reeves.

© The Penguin

Même si on peut regretter un balayage trop rapide des répercussions des événements du film, l’utilisation du format sériel permet de développer une intrigue pertinente autour de ces guerres de gangs. En prenant le temps d’explorer un à un les démons de chaque personnage, de manière équitable. Des histoires parfois caricaturales, mais ponctuées par des moments de flashback saisissants qui redistribuent les cartes et modifient les enjeux. Une œuvre de gangsters comme on les apprécie, qui s’émancipe des codes bien connus par ces instants d’humanité. Le tout reposant sur l’exploration complète d’une seule et même thématique : le mépris. Véritable moteur de ces histoires, la quête de reconnaissance est le point de départ de chaque personnage. Qu’il s’agisse d’Oz, évidemment, de Vick, son jeune protégé, ou encore de Sofia Falcone, la plus grande force de cette série. On sait tous à quel point Colin Farrell est talentueux, et son interprétation du personnage est encore une fois très convaincante. Pourtant, il est clairement éclipsé par Cristin Milioti, dont l’interprétation de Sofia Falcone est d’une grande maîtrise. Elle insuffle à son personnage une noirceur terrifiante, et ce, malgré certains looks vestimentaires qui laissent parfois songeur. Brisée par ce monde peuplé d’hommes dans lequel elle est plongée, son séjour à Arkham révèle son machiavélisme, nous offrant au passage un épisode aussi dur que passionnant. Un terrain de jeu fascinant pour l’actrice, qu’on espère revoir très rapidement.

À retrouver sur HBO Max

EN DEUX MOTS

Bien que parfois un peu caricaturale, cette mini-série est une continuation utile et cohérente, nous offrant une perspective parallèle à The Batman, ce qui nous permet de mieux appréhender l’univers et ses enjeux. Le pari est réussi avec cette exploration des bas-fonds de Gotham, où les codes du genre sont modifiés et personnifiés.

4

Note : 4 sur 5.


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