SYNOPSIS
Le monde est en train de mourir, mais pas comme on s’y attend. Il ne s’agit pas de guerre, de maladie ou d’une catastrophe naturelle. C’est autre chose. Un effondrement lent, presque poétique : les étoiles disparaissent du ciel, les routes s’effondrent sans cause, les oiseaux tombent du ciel, les réseaux s’éteignent, et des villes entières se figent dans une torpeur irréelle.

Personne ne comprend ce qui se passe, sauf que partout, dans chaque ville, sur chaque écran, sur chaque mur, une étrange publicité apparaît. C’est ainsi que commence The Life of Chuck, un récit inversé en trois actes, explorant à rebours la vie d’un homme ordinaire, et dévoilant la beauté de l’existence.

NOTRE CRITIQUE
Ce qui interpelle d’emblée avec Life of Chuck, c’est la communication autour du film. L’affiche, montrant un homme exécutant un pas de danse sur fond de ciel étoilé, tranche radicalement avec l’univers ténébreux et hanté que l’on associe à Mike Flanagan. Mais ce contre-pied n’en est pas tout à fait un, car même si le le film se révèle plus consensuel et lisse que les séries The haunting of Hill House ou Midnight Mass, le réalisateur aborde toujours avec talent ses sujets de prédilection : l’homme et sa mortalité. Mike Flanagan accorde ici une attention particulière au développement de ses personnages, qu’ils soient centraux ou secondaires, et importe peu à leur importance dans l’intrigue finalement. Tous gagnent en densité et en humanité au fil du récit, jusqu’à devenir profondément attachants. Et on ne va pas se mentir, en sortant de la séance, on rêve tous d’avoir une grand-mère qui a du groove comme Sarah Krantz (interprétée par Mia Sara). Il y a dans The Life of Chuck une volonté constante de rendre extraordinaire l’ordinaire. De faire jaillir l’exceptionnel dans des moments les plus banals. Et cela, en déjouant les attentes du spectateur tant par le déroulé du film, que par ses partis pris de mise en scène.

En effet, The Life Of Chuck est ponctué de scènes de danse exaltantes où le temps est suspendu, l’une rappelant fortement la spectaculaire séquence de Mads Mikkelsen dans Drunk. Il y a également un parti-pris dans la narration, en déroulant l’histoire à rebours à la manière Benjamin Button. Un choix qui capte immédiatement l’attention du spectateur et insuffle une touche surnaturelle qui fait toute la particularité du cinéma de Mike Flanagan. Chapitre après chapitre, à travers chaque nouveau personnage, le puzzle se recompose. On comprend alors qui est Chuck, pourquoi ce personnage est si central, et comment il donne son nom au film. Au casting, on retrouve des pointures du milieu : Mark Hamill, Tom Hiddleston (Loki, Only Lovers Left Alive, Crimson Peak), Chiwetel Ejiofor (12 Years a Slave, Doctor Strange), et beaucoup d’autres têtes familières déjà croisées dans les précédentes œuvres de Mike Flanagan. Néanmoins, c’est le jeune Jacob Tremblay, qui crève véritablement l’écran en incarnant le Chuck adolescent. Il impressionne par son intensité durant des scènes de danse complètement bluffantes. Réputé pour ses films d’horreur hantés par le deuil, Mike Flanagan propose ici une œuvre stellaire et vivante, qui ne fera sans doute pas l’unanimité. Mais elle se révèle aussi riche en émotion et galvanisante, on en sort avec un sentiment de plénitude, et ça c’est prodigieux.
EN DEUX MOTS
Sensible dans son propos et ambitieux dans sa réalisation avec une prestation magnétique de Tom Hiddleston. Et même si le film reste assez lisse, l’émotion opère avec un attachement aux personnages immédiat et des scènes de danse pleines de virtuosité. Un grand moment de cinéma.
4
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