SYNOPSIS
David King, magnat de la musique new-yorkaise réputé pour son oreille infaillible, s’apprête à racheter la majorité de sa maison de disques afin de contrer un concurrent prêt à tout pour s’en emparer. Mais le jour où son plan financier doit se concrétiser, une tragédie frappe.

Un enlèvement bouleverse sa famille et son entourage proche. Pris entre ses ambitions professionnelles, la loyauté envers ses partenaires et des dilemmes moraux déchirants, King devra faire des choix qui mettront à l’épreuve sa fortune, sa réputation et sa conscience.

NOTRE CRITIQUE
Spike Lee à Cannes pour son nouveau film ? C’est forcément un bon projet du réalisateur américain. C’est ce qu’on pourrait croire si Thierry Frémaux n’était pas devenu le grand prêtre des invitations de copains sur la croisette. Car Highest 2 Lowest est un raté (presque) complet.
Et il n’y a pas grand monde pour contredire cela. Au Festival de Cannes 2025, Highest 2 Lowest était peut-être le film le plus détesté des dix jours de Croisette. À vrai dire, si même un Denzel Washington ultra impliqué n’arrive pas à sauver ton projet, c’est qu’il y a un sérieux problème. Ce problème se situe principalement dans la première partie du film, un véritable moment suspendu… dans le mauvais goût. En concoctant ce remake du très respecté High and Low, Spike Lee livre surtout une œuvre d’une étonnante grossièreté technique. Des longs dialogues filmés avec emphase, une musique de télénovelas, et une atmosphère faussement pesante qui étouffe toute expérience cinématographique. Voilà la face A de Highest 2 Lowest. La Face B, c’est quand Spike Lee tente désespérément de convoquer la maestria et le tragique de l’œuvre originale pour donner du relief à son projet. Alors qu’en réalité, il ne fait que charger un peu plus les épaules déjà bien sollicitées de Denzel Washington. Le juste équilibre n’est jamais trouvé dans cette première heure, qui tourne rapidement à la parodie..

Et pourtant, Spike Lee avait la bonne idée en utilisant ce récit pour explorer l’univers de l’industrie musicale, terrain idéal pour illustrer les montagnes russes du succès, l’ascension fulgurante, puis la chute brutale. Un cadre parfait pour invoquer cette dynamique tragique classique du cinéma. Évidemment, le parallèle fonctionne assez bien avec la structure manichéenne du scénario : les « petits » en bas de la tour sur le pont de Brooklyn, face au magnat perché tout en haut, prêt à être emporté par une affaire de kidnapping et une entreprise au bord du gouffre. D’autant que le cinéaste américain propose aussi quelques fulgurances de mise en scène, notamment dans les scènes d’action et de mouvement. Celle accompagnée par une piste musicale portoricaine fonctionne particulièrement bien, et apporte enfin du rythme, de l’énergie à Highest 2 Lowest. Enfin du rythme, enfin du cinéma non-forcé. Parce qu’autrement, papi Spike Lee perd le tempo avec son montage chaotique qui domine la première moitié du film. Sans parler de son discours semi-paternalisme et plein de relent de boomers : les jeunes collés à leur téléphone, le mythe de la « legacy family »…
Au final, Highest 2 Lowest ressemble un peu à Megalopolis dans l’intention.. Une fresque ampoulée d’un cinéaste légèrement dépassé.. Sauf que Highest 2 Lowest fait preuve de beaucoup moins de maîtrise. L’un ne vaut définitivement pas l’autre. Mais au moins, Spike Lee offre une conclusion maline, qui revient à l’essence même du récit original. Même si, encore une fois, il enchaîne les séquences inutiles et les fait durer jusqu’à la toute dernière note de son album..
EN DEUX MOTS
Casque Beats vissé sur les oreilles, plans sur le pont de Brooklyn… Highest 2 Lowest ressemble plus à un clip de Timbaland en 2004 qu’au nouveau film de Spike Lee. Tout n’est pas à jeter, mais la première heure de ce projet a de quoi inquiéter tous les fans du réalisateur américain.
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